Posté en tant qu’invité par albert:
bon an mal an, je passe la nuit dehors au moins une fois par an. la plupart du temps le bivouac est improvisé et sans matériel spécifique (pas de tente de survie, ni duvet, ni vivres ni boisson) . Comme celà fait plus de trente ans que je pratique l’alpinisme, j’ai une bonne expérience de la nuit à la belle étoile en montagne. Je n’appréhende plus trop le bivouac même si je sais qu’ à chaque fois la nuit va être longue (avec orage son et lumière parfois)
je sens assez vite que le bivouac nous pend au nez et je cherche le meilleure emplacement possible avant la nuit, avant que le manque de lumière m’empêche de progresser en sécurité et d’installer un bivouac.
Bref la nuit dehors fait partie pour moi de la règle du jeu. Plus les années ont passées mieux j’ai vécu ces nuits pendant lesquelles on dort , toujours par intermittence en étant réveillé soit par le froid soit par le compagnon de cordée qui s’insupporte à coté.
J’ai systématiquement au fond du sac quelque soit la course en montagne et l’époque de l’année une cape de pluie ( poncho) et je l’enfile pour avoir moins froid.
Je partage ce qui reste des vivres de courses au fond des sacs et parfois on a la chance d’avoir de l’eau à proximité (quand on n’a pas l’orage ou qu’il neige)
il m’arrive aussi d’avoir prévu le bivouac avant la course parce qu’il n’y a pas de refuge ou qu’il est plein ou …pour le plaisir. le sac est plus lourd et on essaye de l’alléger
si la course ramène au point de départ en laissant un dépot de matériel.
le sommeil ? Quand est-ce qu’on sombre dans l’inconscience ? Quand est-ce qu’on émerge pour regarder la montre, constater qu’il n’est que trois heures du matin et que le jour ne se lèvera que dans trois heures ? Je ne parlerai pas de l’envie de pisser parce qu’on va quitter le confort relatif du poncho et qu’il faudra au retour de longues minutes pour retrouver un peu de chaleur (attaché au relais sur une vire en paroi c’est encore mieux !)
un bivouac improvisé en montagne, c’est toujours une épreuve supplémentaire qui s’ajoute à la course. pendant la nuit, toutes les pensées sont orientées vers « vivement demain » et comment avoir moins froid ou moins soif (le pire pour espérer dormir un peu). Je ne me souviens pas de mes rêves mais des bivouacs commes des rêves !
Bref rien de bien original pour un alpiniste ordinaire, qui a trainé ses guètres en Oisan, à Cham dans les Dolos, en Corse, dans les Pyrénées. voilà ! mais je me demande si ca répond un peu à ta demande .