Comment vous choisissez vos sorties aujourd’hui ?

L’utilisation de l’IA pour planifier des excursions a produit quelques anecdotes rigolotes ces dernières années. Enfin, rigolotes pour les autres, pas pour ceux qui se sont retrouvés sur le terrain à chercher des sites qui n’existaient pas, hallucination de l’IA. Et il n’y a pas que le faux marché de Noel de Buckingham Palace.
J’ai déjà essayé, et au milieu de belles explications très convaincantes, il y avait des données complètement fausses, sur des distances, j’aurais pu être en difficulté si j’avais suivi.
Peut-être pas à rejeter, mais à utiliser avec précaution.

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Pour tester, j’avais demandé à ChatGPT de me proposer un tour de 5 jours en refuges sur le massif du Néouvielle.
Le résultat ne m’a pas convaincu, Chat n’a pas voulu me tracer une carte (version gratuite), je n’ai pas compris par où il passait sur certaines zones, certaines étapes étaient ridiculement courtes…
Mais vu les progrès qu’ils font, il est possible que ca fonctionne mieux d’ici un an ou deux !

ChatGPT ne sait ni lire ni générer des cartes (enfin, avec la version que je connais). Tout ce qu’il peut faire est rechercher et synthétiser des compte-rendus d’excursion, et peut-être en générer de nouvelles par combinaison, mais même cela est un peu hasardeux. Lorsqu’un LLM ne trouve pas des informations, au lieu de dire qu’il ne sait pas, il se débrouille quand même pour répondre en inventant des données.
Mais peut-être que quelqu’un trouvera un intérêt à entrainer une IA à la lecture et à l’interprétation des cartes, en combinant cartes topographiques et vues aériennes, pour suggérer des trajets.

Je n’avais pas pensé à L’IA
Mais partir en randonnée, pour déconnecter, avec l’IA qui nous aide à faire des choix en amont ?..

Moi, à titre personnel, j’aime bien réserver des surprises à ceux et celles qui sont avec moi, et ne pas leur dire tout !
Et plutôt leur apprendre à regarder !
Ils auront sans doute l’impression d’avoir vécu quelque chose de personnel

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Évitons les évidences ou caricatures stériles. Je ne planifie pas entièrement une sortie avec une IA tout comme je ne suis pas aveuglément mon GPS jusqu’au fond du lac… Si tu demandes « Fais moi une rando ou une itinérance vers X » le problème se situe entre la chaise et le clavier.

Quand je cherche où aller pour plusieurs jours dans une région que je ne connais pas, je fais comme tout le monde je me renseigne. Où se situent les choses qui pourraient m’intéresser MOI, quelles sont les zones touristiques à éviter etc. Je l’ai fait des années à la main, c’est fastidieux et je connais parfaitement la démarche intellectuelle associée. Chez moi, le résultat de cette première étape est une carte avec des centaines de points d’intérêts, pictogramme par catégorie, courte description et liens vers les ressources utiles. Cette carte me permet de repérer les coins qui semblent les plus intéressants, de zoomer, commencer le travail de planification intéressant avec un vrai fond de carte / vue satellite / données utiles.

L’IA me permet d’automatiser grandement ce travail. L’IA ce n’est pas qu’un chat bot qui ressort ses données d’apprentissage de façon probabiliste à une question pourrie. Ce sont des modèles dont tu peux exploiter les capacités de raisonnement et d’utilisation d’outils externes pour automatiser ce que tu fais manuellement. Tu lui expliques quoi faire, comment et il exécute; c’est purement de la délégation. Et comme toute tâche déléguée, à toi de décider ce que tu veux vérifier ou non.

Je suis actuellement en voyage. Hier j’ai fait une super rando combinant plusieurs de mes intérêts. Tracé 100% maison et jonctions hors sentier pour relier le tout. Trouvée en croisant des données d’eBird, les bases de vestiges archéologiques et de randonnées… Sans ça, je n’avais aucune chance de tomber sur les « bons » 10 km2 de carte sur ~2500 km2.

Alors évidement je ne fais pas ça pour une sortie en montagne ou vers chez moi. Mais il y a tellement de connaissances et de bases de données intéressantes sur internet qu’avoir un outil qui permet de les questionner / malaxer / visualiser à sa guise et à coût dérisoire est extra-ordinaire.

Prenons C2C, le contenu de la base est très intéressant. Si j’observe mon utilisation je fais toujours la même chose pour découvrir des trucs: utiliser des filtres du moteur de recherche, pour chaque résultat lire la description, ouvrir X pages de commentaires, attribuer plus de crédit aux pseudos que je connais (étalonnage), compiler les infos supplémentaires (qualité équipement, période de l’année, ombre / soleil etc.). Le site m’offre une interface, mais si je ne la trouve pas efficace, je peux automatiser pour obtenir exactement ce que je voulais, dans le format que je voulais. Fini les 10 clics par voie et les prises de notes manuelles. Formidable non ?

5 messages ont été fusionnés à un sujet existant : L’IA ou les amish… choisis ton camp camarade !

Merci pour toutes vos réactions — on sent bien l’expérience derrière, et c’est très riche.

Mais je me pose une question en vous lisant.

À force d’accumuler des informations, des points d’intérêt, des “choses à voir”… est-ce qu’on ne finit pas parfois par produire des listes un peu plates — voire une sorte de “liste à la Prévert” quand l’IA s’en mêle ?

Quand j’emmène un groupe, j’essaie plutôt de faire l’inverse :
partir de une ou deux idées intrigantes (un peu de suspens), puis laisser le terrain parler — une trace, une odeur, un détail… et construire peu à peu une histoire.

L’objectif n’est pas tant de “donner à voir” que de transformer le regard.

Une petite anecdote :
il y a quelques années, avec des enfants de primaire à Yzeron, après deux heures de balade, un gamin de 8 ans, habitant dans Lyon 3è, m’a dit :
“dimanche, je vais emmener mes parents ici”.

Je me dis que ce jour-là, on n’avait pas seulement fait une sortie…

Est-ce que vous cherchez, vous aussi, à faire évoluer le regard du randonneur …
ou plutôt à enrichir les contenus et le nombre d’observations ?

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C’est la base et le minimum.
L’autonomie en montagne passe par notre capacité à savoir lire une carte.
A partir de la, pas besoin des autres pour choisir sa rando. (sauf pour connaitre parfois les conditions)

Le choix d’une bonne partie de mes sorties se fait simplement en ayant vu un sommet/repéré visuellement un cheminement lors d’une sortie précédente, qui m’a donné envie d’aller voir si ça passe.

Pour mes sorties de course à pied et vélo, j’ai un petit jeu à partir du site https://squadrats.com/map où j’enregistre mes sorties et je me mets au défi de couvrir de nouveaux « squadrats » et « squadratinhos » à chaque nouvelle sortie :slight_smile: Ca permet de découvrir des nouvelles rues ou chemin même dans son quartier

Pareil. C’est une alchimie entre les noms des sommets, leur allure, leur ambiance, le type de terrain, les paysages attendus. Il y a aussi une bonne part de rêverie en parcourant les cartes, en regardant les photos. Ensuite, je commence à croiser tout ça avec les topos, les infos trouvées sur internet.

C’est un travail d’imagination et il ne me viendrait pas à l’idée de demander à une IA de mouliner là-dessus. Vu les émissions de C02 et la consommation d’énergie (une requête IA, c’est 10 fois plus énergivore qu’une recherche sur internet), je préfère ne pas utiliser l’IA pour tout et n’importe quoi.

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J’ai pas mal rêvé en voyageant sur les cartes, mais je vois que je le fais moins maintenant.
C’est marrant, l’évolution de ma façon d’appréhender les choses au fil des années pour la rando T4/T5. J’ai commencé par suivre des gens ( me faire emmener ), puis des topos, puis juste les cartes, et maintenant je préfère vraiment utiliser mes yeux sur le terrain, que ce soit pour repérer un itinéraire sur la montagne d’en face par exemple, ou faire une boucle au retour. Il est de plus en plus fréquent que je ne suive pas du tout le plan initial. Une libération progressive, en quelque sorte.
Mais c’est juste de la rando, éventuellement ça s’apparente à de l’alpi F.

Ce que vous décrivez me parle beaucoup.

J’ai l’impression qu’avec le temps, on passe progressivement :

  • d’une logique de “consommation” de parcours,
  • à une manière beaucoup plus personnelle de lire le terrain, de repérer des indices, des ambiances, des continuités…

Et finalement, le parcours lui-même finit parfois par transformer la manière dont on regarde et dont on vit le groupe quand on randonne à plusieurs.

Ce qui me frappe, c’est que ce ne sont pas forcément les parcours les plus spectaculaires qui marquent le plus durablement, mais souvent ceux qui ont déclenché quelque chose dans notre manière d’observer ou de partager.

J’aimerais bien connaitre l’age de ceux qui ont répondu. Ce qui serait vraiment intéressant, ce serait d’avoir des réponses de randonneurs de moins de 30/35 ans.

Un ancien curieux des pratiques actuelles.

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Ben ouais mais c’était mieux avant de toute façon alors.

Pour te répondre, je me reconnais très bien dans ce message ;

Sauf pour ce qui est de quitter le plan initial, je dois pas encore être arrivé à ce niveau peut être :).

Et j’ai 24 ans.

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C’est l’étape ultime de la libération. Après s’être libéré de l’accompagnement, des topos, des cartes, on se libère de soi-même, en se laissant inspirer par la montagne au cours de la promenade.
J’emploie ce terme de promenade car c’est vraiment comme ça que je vis les choses, je me promène dans la montagne, je visite, au gré des envies suscitées par le terrain.

Alors tu n’utilises pas (ou peu) les moyens numériques actuels (réseaux sociaux, applications, internet, …) ?
Je sais bien que du haut de nos décennies, on a la fâcheuse habitude de considérer « les jeunes » comme une population homogène, alors qu’il existe des foultitudes de pratiques différentes. Est-ce que beaucoup procèdent comme toi (avec cartes et topos (numériques ou papier ?))? Quelles pratiques observes-tu pour les autres ?

Assez d’accord !
Voir même avoir été grimper en montagne qq part, et avoir vu une belle ligne à côté et se dire … à faire la prochaine fois.
Mais il est vrai que je regarde souvent ce « qui a été sorti ces derniers jours » sur C2C et j’me dis: tiens pourquoi pas.
Du coup bah, je retourne dans les Aiguilles rouges cet été :slight_smile:

Si c’est pour de la rando, il suffit de ne pas regarder les sorties ni les topos pour ne pas être influencé.
Pour la grimpe ou l’alpi c’est différent bien sûr.