Posté en tant qu’invité par stefan:
Oui, je te dis « camarade », car nous partageons le meme nombre de chromosomes.
Nous partageons egalement un amour sincere de la nature , du plein air et de tout ce qui va avec.
Vois tu, camarade chasseur, je sais que tu peux etre responsable, respectueux, respectable, et conscient du fragile equilibre de ce qui nous entoure. Je sais le plaisir de la traque, qui implique de connaitre l’animal, ses reactions, ses strategies, et qui conduit a pouvoir s’en approcher au plus pres, en jouant avec le terrain, le vent (ah, la fameuse diffficulté de s’approcher sous le vent lorsque le terrain est rude). Je reconnais aussi l’effort, voire l’exploit physique que ton activité implique parfois, notamment lorsque tu chasses en montagne. Je comprends meme, bien que je ne le partage absolument pas, ce besoin, cette necessité du tir, cette ponctuation de la traque. Moi, je prefere la photo.
Mais vois tu, camarade chasseur, je te connais aussi dans ta version d’ignoble beauf sanguinaire et abruti, tu sais, quand tu tires des faisans d’elevage qui n’ont pas peur de l’Homme et que tu peux donc flinguer a bout portant apres avoir ouvert les cages, sous pretexte que « ben, il a ses ailes, il a sa chance ». Tu sais, quand en guise de traque, tu te colles dans un coin a te decalquer la tete au pinard avec ton pote en attendant le gibier, quand arrivé au faîte de ta diahrree verbale d’une rare indigence et tout reconforté que tu es de ta suprematie de male, tu peux enfin te servir de ton flingue histoire d’avoir l’impression d’avoir une bite (car vois tu, comme c’est etrange n’est il pas, les femmes sont ultra minoritaires dans ta congregation).
Et bien vois tu , camarade chasseur, l’un d’entre toi a tué il y a deux jours la derniere ourse des Pyrenees. Oui je sais, il a vraiment agi par defense, et il semble qu’il soit vraiment sincerement desolé de ce qui s’est passé, je ne sais donc pas dans quelle version de toi il peut se decliner. Seulement voila: il n’aurait pas dû etre là. En effet, il lui avait ete signalé que l’ourse etait dans cette zone. Et tout le monde, surtout quelqu’un qui s’interesse a la faune, sait qu’un mammifere femelle suivi de sa progeniture peut etre dangereux. Alors, quand il s’agit d’un plantigrade de plusieurs centaines de kilos, on evite de se trouver dans son coin. Ils le savaient, lui et ses camarades de chasse, ils savaient que l’ourse etait dans cette zone (vois tu, camarade chasseur, meme le patron de la federation departementale de chasse est outré et scandalisé voir la : http://www.liberation.fr/page.php?Article=250936 ), et pourtant, ils etaient la. Alors pourquoi? Pour ce besoin irresistible de se balader avec un flingue malgré tout? Pour cette necessité vitale de s’eloigner de la civilation? Probablement, car je sais que ça fait un bien fou. D’ailleurs, quand je me balade en pleine nature, je prends un soin extreme a ne laisser aucune trace de mon passage, à mettre mes megots dans mon paquet de clopes (et oui, je tue aussi, mais seulement mon propre corps), justement pour ne pas detruire mais pour laisser vivre, bref à etre un humain de passage, sans trace, pour pouvoir y retourner et m’evader. Alors toi, camarade chasseur, tu vas te balader pour echapper à la l’activité humaine synonyme de destruction? Tres bien, mais alors, pourquoi detruis tu toi meme? Pourquoi colportes tu ce à quoi tu veux echapper? En attendant, voila le resultat: en voulant echapper a la civilation, l’un d’entre toi a commis ce que l’Humanité est capable de pire.
Alors vois tu, camarade chasseur, il y a des jours comme ça où malgré moi - oui, crois le bien, malgré moi et d’ailleurs je t’en veux de provoquer cela en moi-, il y a donc des jours comme ça où j’ai envie de te tirer dessus…
S.