Bleau menacé?

Bonjour!
Un site de bloc de la région parisienne vient d’être interdit aux grimpeurs car la pratique y serait dangereuse! Cocasse quand on sait qu’il est surtout dédié et fréquenté par les débutants et les enfants des écoles et des centres de loisirs.
L’interdiction prononcée par l’Agence des Espaces Verts d’Ile de France ne concerne aujourd’hui qu’un site que l’on ne peut guère qualifié d’incontournable, mais elle constitue cependant une très sérieuse alerte pour le devenir de l’escalade à Bleau. En effet, pourquoi la raison invoquée - la responsabilité du propriétaire- ne serait-elle pas brandie également par les propriétaires/gestionnaires des forêts domaniales? Dans les deux cas ces forêts sont publiques, l’une appartenant à la région, l’autre à l’Etat. De plus, nous avons en Essonne dans des forêts départementales deux sites majeurs de l’escalade Sud-Francilienne, Beauvais et Chamarande…

Voilà une pétition que nous avons lancée pour Etréchy où l’escalade vient d’être interdite. Merci de la signer et de la relayer au maximum.

Bien cordialement

Gilles Rotillon, Pascal Etienne

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Plus de détails dans cet article:

Il s’agit effectivement d’un problème qui concerne tous les grimpeurs, pas seulement les grimpeurs sportifs en falaise. Une évolution législative va être nécessaire. Fontainebleau est une moteur touristique important pour la région, si cela venait à être interdit il y aurait peut-être enfin une mobilisation…

Comment peut-on donner une motivation de façade pour une interdiction (=« activité dangereuse »), alors que la vraie raison est le risque juridique et économique pour le propriétaire du terrain.

J’en tombe de ma chaise…

Connaissant bien ce site et m’y rendant à chaque fois que je veux me remettre un peu à grimper (pas depuis quelque temps je le confesse…), je confirme que la « dangerosité des blocs » sur ce site - à deux ou trois près plus haut que la moyenne - est un argument absurde…

On me corrigera si je dis une bêtise, mais il me semble que sur ce site c’est la commune le propriétaire (ou par le biais de l’ONF le département ou la région, je ne sais plus trop comment ça s’organise).

On voit effectivement des propriétaires privés ne pas prendre de gants et interdire l’escalade sur leurs parcelles, mais c’est beaucoup plus rare sur un espace public (je me souviens d’une petite platière des Yvelines où l’escalade à été interdite car les blocs menaceaient effectivement de s’effondrer).

De plus je crois me souvenir qu’il y avait sur ce site un projet de réfection dans lesquels étaient impliqués tout les acteurs locaux…

La commune a cédé la forêt à la Région.

A Saffres comme à Vieux Château, c’est la municipalité qui a pris un arrêté d’interdiction.

Le cas d’Etréchy vient d’être réglé aujourd’hui, c’est le Maire qui a choisi de conventionner avec la Région pour endosser la responsabilité éventuelle et sans faute que l’agence des Espaces
Verts refusait d’assumer malgré le nouvel article du code du sport. L’agence a été contrainte à trouver une solution rapide sous la pression des politiques, alertés par les courriers des fédérations, les articles de presse et les 3000 signatures de la pétition.Le Maire leur a dit qu’ils étaient des éléphants effrayés par un moustique et que cette responsabilité était peanuts dans la masse de toutes celles qu’il assume. Merci à lui. (Il faut dire que les principaux touchés par l’interdiction étaient les écoliers de sa commune).

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Voici le communiqué de la FSGT suite à cette rencontre:

L’escalade va de nouveau être autorisée à Etréchy

Ce mardi 24 janvier, une réunion a eu lieu entre l’Agence des espaces verts (AEV), la mairie d’Etréchy, représentée par son maire, un adjoint et la Directrice générale des services, et des représentants des grimpeurs, Christophe Barrière, Président du Cosiroc et membre de la FFCAM, Pascal Etienne, représentant l’USEP et membre de la FSGT, Gilles Rotillon, (Cosiroc et FSGT), Oleg Sokolsky et Jean-Yves Derouck (Cosiroc).

Cette réunion avait pour objectif de sortir de la situation créée par l’AEV en interdisant l’escalade sur la parcelle dont elle était propriétaire, condamnant de fait les élèves du collège tout proche et les enfants du centre de loisirs à ne plus pratiquer une activité, pourtant au programme de l’Éducation nationale, alors qu’ils la faisaient depuis longtemps, et risquant d’inciter d’autres propriétaires à prendre la même décision d’interdiction.

Devant cette situation, un certain nombre d’actions ont été engagées : une lettre des trois fédérations (FFME, FFCAM et FSGT) adressée à l’AEV et protestant contre leur décision, une pétition lancée par la FSGT qui a recueilli près de 3000 signatures, venues de toute la France, en une quinzaine de jours, des articles dans la presse spécialisée et sur les réseaux sociaux.

L’AEV s’est rendue compte de l’impasse où menait sa décision et souhaitait pouvoir trouver une solution. Malheureusement, l’AEV avait une interprétation du code du sport (qui dédouanait le propriétaire de sa responsabilité comme « gardien de la chose ») qui, loin de soulager le propriétaire de cette responsabilité, la lui faisait assumer quelles que soient les circonstances d’un accident, seul le « gardien » étant mis hors de cause. C’était oublier qu’en l’absence de convention déchargeant explicitement le propriétaire de la responsabilité du fait des choses, le propriétaire était par défaut le gardien. Fort heureusement, la situation s’est débloquée grâce au maire d’Etréchy, qui, conscient de l’impasse où était engagé l’AEV, a accepté de prendre cette responsabilité.

Il a donc été décidé qu’une convention serait signée entre l’AEV et la mairie, transférant la responsabilité à cette dernière. Cette convention serait signée pour une dizaine d’années, la mairie se tournant ensuite vers les associations de grimpeurs pour s’occuper de l’entretien du site.

L’escalade va donc pouvoir continuer à se pratiquer à Etréchy et on ne peut que se réjouir de ce résultat qui a été aussi permis par les réactions des pratiquants au travers des initiatives prises, faisant peser une certaine pression sur l’AEV, qui avait compris qu’elle s’était mise en difficulté en interdisant l’escalade. Dès la proposition du maire d’Etréchy, elle a immédiatement manifesté son accord et son soulagement de pouvoir clore ce dossier.

On ne peut que remercier tous ceux qui ont manifesté leur inquiétude de voir l’escalade interdite à Etréchy avec les effets en cascade que cela aurait pu entraîner, que ce soit les signataires de la pétition, les médias qui se sont fait l’écho de cette lutte, les associations qui sont intervenues. Et on peut aussi chaleureusement remercier le maire d’Etréchy qui pourrait servir d’exemple à tous les élus (comme ceux du département de Vendée qui ont interdit l’escalade à la falaise du Rocher de Pierre blanche) en acceptant cette responsabilité, finalement bien mineure au regard de toutes celles qu’un élu accepte de fait de par son statut.

Car malgré tout, la situation du développement de l’escalade reste préoccupante avec des interdictions de falaises de plus en plus fréquentes et touchant des sites majeurs comme Presles, conséquence de l’accident de Vingrau et du déconventionnement qui en a découlé. Et s’il y a tout lieu d’être satisfait de l’issue à Etréchy, il faut rester vigilant et continuer à lutter pour que le code du sport soit revu dans un sens plus favorable à la pratique de l’escalade, qui subit encore une image d’activité dangereuse, pourtant en contradiction complète avec l’histoire de son développement mondial.

La Commission fédérale de montagne et d’escalade de la FSGT

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