Bêtisier

Posté en tant qu’invité par Etienne:

Il y a quelque temps était suggérée l’idée d’une rubrique « bêtisier », dans laquelle nous raconterions les c…ies que nous avions faites en montagne, dans un but aussi divertissant que pédagogique.
Jusqu’ici, seul François nourrit cette chronique de ses récits picaresques.
D’autres volontaires pour relever le défi?

Histoire de payer d’exemple, je vais tenter de m’y mettre. Le style ne sera pas à la hauteur de celui du Maître, tant pis.

Ca se passait il y a presque aussi longtemps, dans les années 80. Grand amateur de montagne, je voulais me former un peu mieux et jetai mon dévolu sur un centre organisant des stages d’alpinisme, dont je tairais le nom pour qu’ils ne croient pas que je les persécute.

C’était le premier stage de l’année, en juin. Manque de chance, il venait de neiger longtemps, et la montagne n’était pas en conditions. En attendant que la neige se stabilise, nous étions partis quelques jours grimper à Buis les Baronnies.
Au retour, le temps de faire quelques exercices, il ne nous restait plus que deux jours pour réaliser une course.
Nous avions jeté notre dévolu sur une arête D. Départ prévu à 5 heures. Le matin arrivé, nous nous levons et nous préparons tant bien que mal. Le plus dur, c’est pour notre moniteur, aspirant-guide de son état. A force de traîner au lit, il ne sera prêt que vers 7 heures. ~première erreur~

Mettant enfin le nez dehors, il décrète que la neige est parfaite, et que nous pourrons nous passer, sinon des piolets, au moins des crampons ~deuxième erreur ~

Et nous voilà partis, joyeux, vers une course pas si lointaine. Cependant de lourdes nuées apparaissent au-dessus des crêtes. La course D apparaît compromise, mais c’est la seule qu’on aurait faite dans le stage. Pas de problème, on se rabat sur la voie normale, AD- ~troisième erreur ~

Arrivés sans encombres au sommet, notre cher guide perçoit comme un creux à l’estomac. Qu’à cela ne tienne, on pique-nique! Et tant qu’à faire on se paye aussi une petite sieste! ~quatrième erreur~

Vite interrompue par un énorme craquement de tonnerre. cette fois-ci, c’est clair, il faut descendre fissa.
Horreur! la descente emprunte un couloir d’une quinzaine de mètres complètement en glace, et pas moyen d’installer un rappel. Grand seigneur, l’aspi descend à bout de corde pour nous tailler des marches. Des marches… Ouais, à Bleau se seraient des marches, ici, on a du mal à y voir plus que des grattons… Conscient que nous n’étions que des débutants, allait-il remonter nous assurer du haut? Que nenni, il se trouve très bien en bas, et nous crie de le rejoindre ~cinquième erreur~

Ses deux seconds passent sans encombres, nous, nous tirons au sort qui passera le premier. Je gagne et me retrouve en bas du petit mur. Mon compagnon, lui, coince complètement. Il ne veut plus bouger et crie au secours. Enfin, je crois, car maintenant l’orage est à son comble. Grêle, rafales de vent, cailloux, l’air grésille et tous mes poils se hérissent. Là, ça devient urgent de quitter ce piège.
Un coup d’oeil en bas, le couloir s’élargit deux mètres plus loin en une vaste pente de neige peu inclinée. Un coup d’oeil au-dessus, mon camarade est bien dans l’axe du couloir.
Je crie un avertissement, et je saute dans la pente.
Me voilà en train de glisser et de me remémorer l’école de neige de la veille. Voyons, main gauche sur le manche du piolet, main droite sur la panne, je me tourne sur le ventre, jambes un peu écartées et je plante le pic au-dessus de moi. Ca maaarche! Je m’arrête rapidement.
Oui. JE m’arrête rapidement. Par contre, le compère déboule à grande vitesse, percute mon piolet, qui vient se ficher dans ma cuisse.
Beuh! Déjà que je n’aime pas les piqûres, la seringue est un peu grosse. Je cherche le moniteur pour avoir du secours. Mais où et-il passé? Je le découvre plusieurs centaines de mètres plus bas. Comment a-t-il pu aller aussi vite?
Je saurai plus tard que lui aussi a voulu gagner du temps, est monté sur son sac à dos comme sur une luge, et a filé en entraînant ses deux seconds. Arrivés sur une pente plus raide, ils ont déclenché une coulée qui ne s’est arrêtée qu’à quelques mètres d’une barre rocheuse ~sixième erreur~

Ah! Il regarde vers nous. Je me dresse, bras en V au-dessus de la tête. Lui aussi monte les bras…???.. pour nous faire un grand coucou, nous faire signe de nous dépêcher, et repart à grandes enjambées. Il n’a pas reconnu le signe de détresse, ce ####??? ~septième erreur~

Ce n’est pas que le piolet me fait mal, mais c’est tout de même assez désagréable. Je serre les dents, tire un coup sec, ouf, ça ne saigne quasiment pas. Nous arriverons quelques heures plus tard au refuge. Nous profiterons lâchement de ce qu’il n’est pas gardé pour y abandonner les quelques tonnes d’excédent de nourriture que le gérant du centre nous avait généreusement octroyées.
Nous ne savons pas si un aspi doit rendre un rapport de stage de ses employeurs avant de passer guide. Comme nous ne voulons pas non plus le couler, nous décidons de ne rien dire de trop critique.

Quelques années plus tard, je le croiserai dans un refuge, assis à la table des guides. Il a donc réussi, a-t-il tiré des leçons de cette journée-là?

Vous pouvez à juste titre me reprocher de cafarder les bêtises d’un autre plutôt que les miennes. Car j’en ai faites.
Une: bien qu’alpiniste débutant, j’avais déjà une dizaine d’années d’expérience de la montagne, suffisante pour entendre moultes sonnettes d’alarme au cours de la journée. Je n’en ai pas tenu compte, préférant m’en remettre à quelqu’un censément plus habitué que moi à ces conditions.
Deux: mon second avait déjà montré pendant la montée qu’il était beaucoup moins à l’aise avec grosses, sac à dos, casque, etc… dans une paroi enneigée qu’en chaussons sur une falaise ensoleillée, où il revendiquait le 7a. J’aurais dû d’office passer en dernier.
Trois: j’aurais dû attendre que lui nous arrête tous les deux, ou alors tout faire pour ne pas rester dans l’axe avant de freiner. Ma blessure a été le minimum possible. Je ne pense pas que la pique aurait pu percer l’artère, par contre, elle aurait pu toucher l’os, ou dans d’autres circonstances mon compagnon aurait pu porter des crampons.

Bref, beaucoup d’expériences engrangées en une seule petite course. Vivent les stages!

A vos claviers…

Posté en tant qu’invité par Caroline:

Bien, ton petit récit… C’était la Bérézina ton stage… Personnellement, il m’est arrivé pas mal de mésaventures et j’ai fait pas mal de bêtises… Pour contribuer à ce bêtisier, je n’en citerai qu’une, qui m’a pas mal appris…

  1. Après un an de montagne, je rêve d’alpinisme lointain et de grandes aventures et, sans trop de modestie quand à ma petite expérience de l’alpinisme je me rends au Kirghzistan, sûre d’y réaliser de grands et beaux sommets. Une fois sur place, je me rends compte que les grands sommets mixtes sont un peu trop impressionnants pour ma faible expérience et celle non moins petite de mon compagnon, d’autant plus que le temps est sans cesse perturbé et qu’il n’y a aucun topo ou carte digne de ce nom…
    Je souhaite donc me rabattre sur des ascensions plus modestes. Je suis donc les conseils d’alpinistes russes et je pars à l’assaut d’une montagne rocheuse soit-disant aussi belle que les Drus. Effectivement, de loin, la ressemblance est frappante avec ladite montagne, mais après 30 mètres à arquer mes 5 doigts dans des mottes de boue ou à crisper sur des touffes d’herbes et à échouer lamentablement à mettre une quelquonque protection (mis à part des anneaux de sangle cravattés sur lesdites touffes d’herbes), je renonce et me voilà partie pour 50 mètres de désescalade acrobatique… Mes compagnons manquent visiblement d’enthousiasme pour prendre la tête et nous retournons au camping, d’autant plus écoeurés que, une fois n’est pas coutume, le soleil radieux semble nous narguer…
    Convaincue de l’impossibilité de réaliser cette montagne, je me console rapidement en me disant que j’ai dû me tromper de sommet… Je rentre donc tête haute au camp… pour m’entendre dire par les Russes que c’était bien le bon sommet, que le rocher était très sain, et qu’il n’y a de toute manière pas de mauvais rocher mais que des mauvais alpinistes…

Posté en tant qu’invité par Charles:

Moi je raconte pas : on va se moquer de moi.
:wink:

Charles

Posté en tant qu’invité par marc:

aller vas y, moi je suis trop jeune pour avoir vécu ces choses.

ps je ne comprend pas pourquoi tu mets tjs des smiley qui chez moi reste sous la forme :;,)( etc

Posté en tant qu’invité par Jeff:

J’avais bien perdu ¾ d’heure à essayer de récupérer ce satané friend’s dans cette satanée fissure…
J’avais cru rêver en arrivant au relais ! : au fond d’un piège apparemment anodin, un autre imbécile que moi avait perdu cette précieuse denrée !
Je m’étais immédiatement mis à la tâche, assurant d’une main désinvolte mon père qui peinait dans les dalles en IV de la nord-nord-est de l’M. Mais il m’avait fallu plus de temps pour renoncer qu’à mon paternel pour sortir la longueur…
Sous ses sarcasmes acerbes (« tu dois être le vingtième abruti qui essaie, on va pas dormir là, tu t’y prends comme un manche…etc »), j’avais baissé pavillon et attaqué la longueur suivante, un dièdre retors et tordu avec un pas de V.
Arrivés au sommet, déjà tard, nous avions enchaîné sans attendre les deux rappels qui devaient nous ramener au col qui domine la pente bordant à gauche l’arête n-n-e.
Au relais intermédiaire, j’avais conseillé à mon géniteur de ne pas m’attendre au col, et d’attaquer immédiatement la descente de la pente susnommée…
Confiant dans ma vélocité, je ne doutais pas de le rattraper très vite.
Et c’était d’autant plus indispensable que nous étions limite pour choper le dernier train du Montenvers…

J’arrive donc au pied de mon rappel alors que mon père vient de quitter le col pour s’engager dans la descente.
Neige légèrement ramollie en surface dans ce versant nord, idéal pour donner des grands coups de talons de Super-Guides, inclinaison frôlant les 45°, toutes les conditions sont réunies pour ne pas perdre de temps !
Et effectivement, vous allez voir que nous n’allons pas en perdre…
Je viens de finir de lover la corde et de la mettre sur le sac, et j’encape à fond dans la pente. Environ 100m plus bas j’observe mon père du coin de l’œil. Il fait des efforts pour aller vite et glisse souvent, en limite d’équilibre…
Et tout à coup, ce qui doit arriver arrive : mon paternel s’étale et commence une glissade sur le ventre !
Alors là, expliquez moi ce qui c’est passé dans ma tête ?
Je me suis mis à COURIR ! ! !
A courir dans une pente glissante à 45° ! Et grands dieux, pourquoi ? Pour rattraper mon père ?
Je l’ai rattraper…
Au bout de deux mètres je me suis étalé, et je suis parti en glissade, assez vite pour ne pas pouvoir m’arrêter par mes propres moyens, pas assez pour me sentir « réellement » en danger.
Et au bout, mon papa…
Il s’est arrêté sur un gros caillou, sans dommage. J’arrive exactement au même endroit, m’ébroue, et échange un regard honteux avec l’auteur de mes jours…
« On y va ».
Ce seront les seuls mots que nous échangerons sur le sujet, et nous aurons le dernier train, que nous aurions raté sans cet épisode malheureux…
Ma mère n’apprendra que quelques années plus tard notre forfaiture, sans cela nous aurions écopé d’une interdiction de pratiquer d’au moins 2 mois !
Et n’oubliez jamais : « un train peut en cacher, des abrutis !» (proverbe chamoniard !).
Jeff

Posté en tant qu’invité par Tonton:

C’était au Verdon, dans Nyctalopes. Une voie TA. L’est-elle encore? Le perfo l’a-t-il tranfigurée comme le furent la Ula puis la Demande? Bref, revenons à nos moutons. C’était Gros-Doigts qui commençait en tête. Il partit, coinceurs au baudrier. Quand il eut parcourru quelques dizaines de mètres, il disparu de ma vue. La corde fila, fila, fila… Reste 10 mètres, 5 mètres, 2 mètres. J’avais beau gueuler, je n’entendais rien en retour. Quand la corde se tendit, je me mis donc à grimper, tendu comme une arbalète dans le 6c de départ (si je me souviens bien, c’était en 1986), ne sachant si le compère avait fait un relais. Plus haut, je vis qu’il en avait fait un mais après, je compris qu’on avait quand même grimpé en partie corde tendue. Il m’expliqua que ne voyant pas de relais il avait continué, mais s’était quand même résigné à s’arrêter : Il avait mousquetonné un piton (enfin façon de parler vu qu’il était trop enfoncé, il s’était vaché en fait sur un petit bout de cordelette, genre 5 mm, blanchi par le soleil) et sur une sangle passé autour d’un petit arbre enraciné dans la fissure. J’arrivai au relais, pris le matériel pour partir en tête. En me voilà debout sur l’arbre (ben quoi, c’est une prise naturelle)… et l’arbre de s’arracher… et nous voilà tous les trois (l’arbre, Gros-Doigts et moi) pendu sur la cordelette de 5 mm blanchie par le soleil et passé dans l’oeil du piton. Gloups! La terreur! Vite un coinceur. Finalement, c’est l’autre qui a fini en tête!

Tonton Bill

Posté en tant qu’invité par Tonton:

Là, je vais être bref, car je ne l’ai pas vécu mais on me l’a raconté, et c’est au moins arrivé deux fois (pas à la même personne).

Imaginez : Vous êtes tous les deux en train de lover un brin de la corde pour installer un rappel. Bon, c’est prêt? Ok. A la une, à la deux, à la trois et hop on jette!.. Merrrrrrrrrrrrrrrrrrde, la corde qui file en bas.

Ils avaient oublié de passer la corde dans le relais!

Posté en tant qu’invité par marc:

ton premier message tonton fait très « vertical limite » avec une bonne musique et un clifanger (g crois ke cela s’écrit comme ça) en t-shirt par moins 30 on en ferait un film à sensation.

Posté en tant qu’invité par S@m:

Avant de déglutir des noms d’oiseau, les lanceurs crient en coeur CCCCCOOOOOOORRRRRRRDDDDDDEEEEEE…
çà rajoute du piment à l’histoire, en général on est content de son lancer, la corde file vers le bas sans faire un noeud :slight_smile:

Posté en tant qu’invité par Tonton:

Si c’est toi qui me double, pas de problème, on fait le film :smiley:

Posté en tant qu’invité par Tonton:

Cette fois, ça doit se passer en 1980 à peu près. Avec Jean-Luc, on a pris le train jusqu’en Tarentaise (cette fois, on n’avait pas oublié la corde, comme quand on été allé à la Ste-Victoire!). Passer le col du Petit Saint-Bernard en autostop a été quelque peu long. D’ailleurs, on s’est tapé un bon bout à pieds avec nos gros sacs. Tout ça est tellement loin que je ne me souviens plus par quel versant on est monté au refuge pour gravir la dent d’Hérens le lendemain. Jusque là pas de problème.

Une fois s’être mis le sommet sous la dent, le projet était de descendre sur un autre versant (italien je crois). Ce que nous faisons dans la foulée. Une fois en bas sur le glacier, il apparaît qu’il est intraversable tellement crevassé et dépouvu de neige (donc de pont de neige… sans « s » vu que y’en a pas). Comme la journée est déjà bien avancée, que les forces baissent et qu’il nous faut rebrousser chemin, nous allont passer la nuit dans un petit refuge bivouac pas très éloigné, nos vivres épuisés. Heureusement, dans cette cabane en tôle, des alpinistes ont laissé de la nourriture qui leur était inutile. Le repas sera donc constitué d’une vieille boite de conserve, malheureusement de petite taille (pour deux!) et d’un sachet de soupe largement périmé, que nous ferons chauffer dans un reste d’eau trouble dans lequel flotte une araignée morte (je vous rassure, nous avons retiré l’araignée :-).

Le lendemain, il a fallu remonter jusqu’à la crête, mais pas par le couloir neigeux par lequel nous étions descendus car nous nous étions décalés pour atteindre le bivouac. Nous sommes donc remontés par les rochers, disons plutôt le tas de rochers, aussi secs que nos gosiers et que le glacier situé en contrebas. Vers la moitié, grosse frayeur, je déclenche une avalanche de roc quand le terrain s’effondre sous moi. Je me retrouve à plat ventre. Jean-Luc, plus haut, ne me voit plus. Il gueule mais ce n’est qu’après m’être resaisi que je lui réponds que je suis toujours là. Plus haut, le terrain se redresse. une deuxième fois, il disparaît sous mes pieds et me retrouve pendu par les mains avec mon sac de 20kg sur le dos. nouvelle avalanche de roc terriblement bruyante… J’arrive au sommet en jouant des castagnettes. La descente du glacier (glacier d’Hérens?) fut bien plus calme, bien qu’en plein après-midi, quelques ponts de neige se passèrent à plat ventre afin de les ménager.

Il ne resta plus qu’à rejoindre la France en autostop (5 h d’attente au pied du col du Petit St-Bernard). C’est un constructeur de montgolfières qui nous embarqua, il s’appelait Chaize je crois. Il me semble bien que c’est dans son coffre que resta une de mes Superguide…

J’ai fini par jeter l’autre!

Tonton Bill

Posté en tant qu’invité par Etienne:

Une deuxième, moins bérézinesque.

Nous avions décidé d’aller voir à quoi ressemble le Hornli en février.
Au vu du prix du séjour à Zermatt, nous nous étions rabattus sur un coin pas trop loin de Paris pour retravailler les bases, donc hop, direction le Massif Central.

Histoire de ne pas monter la tente, ce soir-là nous bivouaquions dans une petite grotte au pied de la dent de la Rancune. Après cette journée frisquette nous avions hâte de manger chaud. Nous faisons donc fondre une bonne casserole de neige sur notre petit réchaud.
Et nous attendons. Nous attendons. Nous attendons toujours. La froide bise sifflait… Mais le froid n’explique pas tout, il devient évident que la cartouche vit ses derniers instants.
Enfin, l’eau frémit. Un petit coup d’oeil au dos du sachet de soupe: Argh!!! " Laisser cuire 30mn à ébullition douce"!
Je ne sais plus lequel de nous deux, de rage, a balancé la flotte hors de notre abri. Ce qui est sûr, c’est qu’on s’est même passés de thé ce soir-là.

Posté en tant qu’invité par âlex:

Le 15/8/2000, avec un pote on est allé faire l’arete S de l’Aiguille Sans Nom aux Aig Dorées.
La course commence bien (cabane de Saleina toute neuve, gardiens sympas qui offre le thé, vue superbe sur l’Aig d’Argentière, beau temps…), le glacier de Saleina est tout sec et on s’amuse a sauter les crevasses et à jouer au labyrinthe. On arrive au pied de l’arete.

Et la ca commence mal : là ou on aurait du trouver un sympatique couloir de neige pour atteindre le fil de l’arete, une pente de dalles terreuses nous accueille (bon on aurait du s’en douter, c’était en versant S et a la mi-aout). On décide de tirer des longueurs. Je pars en premier et installe un relais à bout de corde sur une sangle après avoir mis… zéro point dans la longueur (ok c’était pas difficile mais en grosse avec les gravillons et la poussière sur le rocher assez lisse, j’étais point trop fanfarronant). Apres quelques longueurs du genre on aborde enfin l’arete avec des vrais becquets pour s’assurer. C’est pas très dur comme escalade mais faut mettre toutes ses protections et pour plus de confort on avait décidé de laisser les chaussons dans le sac (de 55L avec le matos de neige et les fringues). on a trouvé un seul spit dans la voie (surement la sortie d’une voie dans le flanc de l’arete). Bref on grimpait en grosses dans du 3/4 avec une sangle voire un coinceur sous les pieds, a tatonner un peu par ci par la pour trouver ou elle passe cette satanée voie, avec un casque pour 2 que celui qui passait en tete passait au second à chaque relais.
Le temps passait et passait… Vers la 10e (!!) longueur je sors d’un petit mur fissuré, contourne un petit surplomb et me rétablit sur une plate-forme 4 étoiles avec un mega becquets déjà ceinturé par des vieilles sangles : soulagement ! au moins on est sur la bonne voie, j’ai plein de place pour faire venir mon pote et je vois le ciel bleu a une longueur au dessus de moi ! Mon pote arrive a son tour et au moment de se retablir sur la plate-forme aggripe un gros becquet… qui immédiatement bascule dans la face S des Dorées dans un vacarme d’enfer. Mon pote est mortifié : on avait vu des cordées dans la face S… Il hurle un dérisoire « PIERRRRRRRRRRRE ». Je le rassure en lui disant que ces cordées étaient de l’autre côté de la face et qu’elles étaient de toutes facons déjà sorties vu l’heure tardive.

Finalement mon pote continue et sort sur l’arete sommitale et me fait suivre. Il reste alors un petit bout de rocher pour atteindre le sommet de l’Aig Sans Nom. Je vais voir et je reviens très vite en lui disant « Ouais bah sans moi, c’est super lisse et y a rien pour se proteger, en grosses j’y arriverai jamais, vaz-y toi ». Il y va donc… et reviens bien vite. On se met d’accord pour passer ce lamentable echec sous silence et on installe le rappel dans les rochers dans le but de rattraper les anneuax de rappel en rive gauche du couloir Copt. Allez mon pote, vaz-y preums !

Il descend donc mais aucun anneaux n’est en vue ni à gauche ni a droite et installe un relais sur une broche (on en avait une par personne). Je descend à mon tour et constate qu’en fait le couloir est en glace avec un peu de neige dessus qui la cache… Là, tous les 2, perdus 30m sous la sortie du couloir, accrochés sur notre borche et sur la corde, toujours passée dans l’anneau de corde sur l’arete, on zyeute et on zyeute encore a la recherche de ces foutus anneaux. Rien. Rien rien. Soeur Anne ne vois tu rien venir ? Non je ne vois que le couloir qui couloiroit, la glace qui glacoit, la pente qui pentoit ! On va quand meme pas descendre par la ?! En plus j’ai oublié d’affuter mes crampons…

On décide de remonter. Je pars en premier et, un peu stupidement, je m’obstine à grimper au piolet etc et a me faire chier a faire glisser mon machard sur la corde pour m’autoassurer. resultat, je me fatigue tres vite et commence a etre passablement stressé. Mon pote monte a son tour, mais plus intelligent, il tire sur la corde pour s’aider, comme sur une statique…

Nous voila donc a nouveau sur la crete. Que faire ? Traverser les Dorées vers l’E. Ca a l’air mega top pourri ce truc et on va jamais y arriver avant la nuit. Ca sent le bivouac… On décide alors de traverser jusqu’au col Copt qu’on atteint apres un petit rappel. La mon pote, plus inspiré que moi, repère un relais sur spits reliés par une sangle côté face S (200m de gaz) et me dit qu’on a plus qu’a descendre par la. Ca doit etre la sortie d’une des voies de la face S. La je suis septique. Qu’est ce qu’on fait si c’est pas equipé en dessous pour le rappel, si on trouve pas les relais, si la corde est trop courte ???
Finalement on a pas le choix. On y va. heureusement les relais sont bien équipés, y a des maillons rapides pour les rappels et quelques spits dans la voie (surement une voie piola). Au 3e rappel, on avale la corde et là, c’est la merde : PUTAINNNNNNNNN elle est coincée cette salopeeeeeeeeee !!! heureusement on a encore les 2 brins et mon pote se dévoue pour remonter jusqu’au relais supérieur a l’autobloquant (pedale etc.). On repart. En passant on récupère une vieille corde elle aussi coincée dans la paroi et on arrive à une plateforme au dessus de ce qui semble etre le 6 et dernier rappel. Le sol a qd meme l’air vachement loin et y a un toit a passer… Je pars en premier, passe le toit et me retrouve suspendu dans le vide en fil d’araignée. J’arrive en bout de corde et la, c’est la tuile… je suis encore à 5m du sol, ou plutot de la pente de neige a la base de la paroi. Je vois aucun emplacement pour placer un relais intermédiaire et me décide à sauter ! Atterissage dans la neige. Ouf ! Sauvé !

Je cris à mon pote qu’il peut venir mais que la corde est trop courte !!! Malheureusement on ne se voit pas a cause du surplomb et il a rien entendu. Il descend donc gaillardement sans avoir meme mis son autobloquant. Et arrive lui aussi au bout de la corde à 5m du sol. Putain !! T’aurais pu me le dire !!! (hum hum…) Furieux, il saute lui aussi… et, libérée de son poids… la corde remonte !!! Elle est maintenant à 10 m au dessus de nos tetes ! Arghhhhhhhhhhhh

Keskon fait ??? Il commence a faire sombre et la corde a l’air pas facile a atteindre. Avec le bout de corde qu’on a récupéré dans la paroi, je fais une timide tentative pour aller la chercher. mais je le sens pas du tout et finalement laisse (en plus !!) une sangle et un vieux mousquif pour que mon pote me mouline en bas. Il est pas trop motivé pour tenter a son tour.
On est tellement content d’etre enfin sur le plancher des vaches, sauvés, qu’on se fait une raison et on laisse mon rappel là ou il est… On redescend le glacier a toute blinde, on previent le gardien de la cabane qu’on est revenu (apres avoir largement doublé voire triplé l’horaire) et on se dépeche de devaler le sentier du refuge car celui-ci comporte des passages en dalles avec des cables qu’on a pas trop envie de faire de nuit, surtout que la frontale est quelque part au fond du sac. On arrive enfin à la voiture à la nuit, en trebuchant dans la foret. Mon pote a depuis longtemps loupé son avion pour Nice et moi mon TGV pour Paris… et mon rappel a du rester quelque temps dans la paroi…

Posté en tant qu’invité par Monsieur Chaize:

Bonjour Tonton.
Je suis Monsieur Chaize, constructeur de montgolfière. Je me souviens vous avoir pris en stop en 1980. Vous aviez effectivement oublié une chaussure dans le coffre de ma voiture. Je l’ai toujours en ma possession. Je constate avec regret que vous avez jeté l’autre pied.
Je le regrette d’autant plus que cette chaussure perturba profondément ma vie.

Effectivement, lorsque je rentre chez moi ce jour là, ma femme découvre cette chaussure abandonnée et soupçonne une liaison illégitime. J’ai beau lui expliquer que dans ces cas là on oubli ses petites culottes et que peu de femmes chaussent du 46, elle ne me croit pas et divorce. Les enfants la suivent. Ma famille me renie, les voisins et amis détournent le regard lorsqu’ils me croisent.
L’odeur de votre chaussure entreposée dans mon garage indispose mon chien qui profite de la débâcle pour s’en aller vers de meilleures contrées.
Seul, complètement seul au monde, je plonge dans une profonde dépression.
Mais je suis loin de mes peines avec cette chaussure.
Conscient de l’origine du mal et afin de l’exorciser, je prépare un bûché pour immoler cette chaussure maudite. L’incendie de ma maison se propage aux 350 habitations voisines.
Rassurez vous, en sortant de mes 10 années d’incarcération pour pyromanie aggravée, je suis retourné sur les lieux du crime et ai retrouvé votre chaussure indemne de toute brûlure (ce qui prouve la solidité de ce modèle). S’en attendre, je suis allé au sommet d’une haute falaise côtière pour purifier le malin par la mer, puisque le feu n’y était pas parvenu. Je jette dans l’air et l’océan purificateurs votre soulier damné. En chutant il heurte le crane d’un parapentiste qui faisait du soaring sur cette cote. Plus bas il fracasse la tête d’un pécheur et en pénétrant dans l’eau il assomme mortellement un plongeur. La gendarmerie retrouve le godillot ensanglanté, avec mes empreintes dessus…
Soulagé d’avoir purgé mes 10 années d’emprisonnement pour triple homicide, je poursuis mon action. Puisque ni le feu, ni l’air, ni l’eau ne peuvent venir à bout de ce mal, je me tourne vers la terre, seul élément premier restant. Alors que je creuse un trou profond pour ensevelir l’objet maudit, la police qui m’a à l’œil depuis mes méfaits récents, croit que je creuse une tombe pour ensevelir un nouveau cadavre.
Je suis encore en incarcération préventive, mais croyez bien Tonton que dès qu’ils me laisseront sortir, je m’empresserai de vous rapporter votre chaussure. Ma vie redeviendra peut-être normale.
Cordialement.
Yeti Chaize.

Posté en tant qu’invité par Pierre:

C’était au mois de mai début de saison, je me remettais difficilement d’une maladie lourde. Bref nous voilà partis avec 3 amis pour la traversée midi plan. Fin d’hiver, fin d’chimio, pas la forme et pas les formes…
Première galère, le cable du téléphérique est gelé ce qui nous fait démarrer à 11 heures du matin. très sur de nous c’est partis!.. Tout ce passe bien, on prend même le temps de faire des photos, mis à part une neige lourde et plutôt abondante.
Arrivés au rognon du plan, nous avons décidé d’attaquer les rappels, avec une cordée d’Anglais qui étaient juste derrière nous. On attaque; tout ce passe bien. Au troisième rappel on décide de filer tout droit sur le glacier car l’heure avancait rapidement (17h) .
C’est a cet instant que la corde se bloque. La corde avait été couplée avec celle des anglais bien sur…
Deux solutions, on remonte et on perd encore du temps sachant que tout le monde travaillait le lendemain ou on coupe.
Les deux anglais ne disaient qu’une seule chose « don’t cut my rope ». Avec un anglais approximatif, mes potes comprennent et lui dise OK.
Moi j’était déjà sur le glacier car j’étais le premier à être descendu. Je ne comprenais pas pourquoi ils mettaient tant de temps et commençais à m’énerver. Quand j’ai cmpris un amis était en train de remonter sur corde fixe. le voyant se débattre et n’y arrivant pas je lui crie de couper et de récupérer le morceau qu’il pourra. C’est ce qu’il fait. Il essaie de persuader les anglais de descendre avec nous au lieu d’attendre ici, mais ils ne veulent pas laisser leur corde, alors mes amis décident de les laisser là.
Après cet épisode c’est à 18 heures que nous attaquons la descente du glacier d’envers du plan, qui n’était pas tracé. nous enfoncions jusqu’aux genoux, à 19 heure nous étions au refuge du Requin. mais à Chamonix, quand on est au refuge c’est pas terminé comme dans les Ecrins ou en Vanoise…
Il nous restait toute la mer de glace à traverser. Moi, je stressais car je ne voulais pas renouveler une experience de bivouac en crevasses, alors on courrait.Après quelques péripécies (un ami est tombé dans une crevasse et a été rattrapé par son frère par les épaules) nous arrivons à la nuit tombante au Montenvers. Arrivée à la voiture à 22 heures 30 après avoir emprunté le tunnel et m’être arraché le cuir chevelue contre une pierre. Nos familles prévenues, il nous restait 2 heures d’automobile aussi eprouvantes que ce que nous venions de faire.
Quand aux 2 anglais je crois qu’ils sont toujours sur la montagne…

Posté en tant qu’invité par Francois Tabouret:

Cher Monsieur Chaize,
En lisant votre triste histoire, je n’ai pu m’empêcher de verser quelques larmes. Quelques larmes? que dis-je,des torrents de larmes! Et tout à coup, emportée par ces torrents et se balançant au gré du flot tumultueux, que vis-je? Eh, oui! vous l’avez deviné, une chaussure modèle super-guide, pointure 46. Le lacet en bataille, l’oeillet ironique, la semelle sarcastique, elle me dévisageait d’un air goguenard. Damned! m’écriais-je…pensais-je, car dans l’état éploré où je me trouvais, je ne pouvais crier, le gorge serrée par l’émotion. Damned, que faire!
C’est alors que la sonnette du facteur me reveilla, en sueur. « Un paquet pour vous »
Méfiant, je posai le paquet sur la table de la cuisine et tournai autour pendant un bon quart d’heure. Puis je l’ouvris et…devinez!..
Des griottes en chocolat!
Quant à votre godasse, mon pauvre Chaize, je m’en fous complètement.
Cependant, avez-vous envisagé l’exorcisme?
Francois Tabouret.

Posté en tant qu’invité par alain:

entendu au refuge de la selle,vers 2/3 heures du mat’,ces mots prononces par une jeune alpiniste débutante qui parlait durant son sommeil:
aah!.. aahh!..ah non!..
ah…non,…ça… j’pourrais pas…

Posté en tant qu’invité par C.L.:

Decidement il s’en passe des choses quand on va a la Selle!
Tu as pu voir ses Replats ou tu t’es pris un Rateau ?

Posté en tant qu’invité par Francois Tabouret:

Petit rigolo, va!
Au fait, ne pas confondre le refuge de la Selle et la cascade de la Pisse.

Posté en tant qu’invité par Jeff:

Moi, j’en ai chier quand je suis aller à la Selle…
Et le gardien, il est con c’type !
Jeff