Posté en tant qu’invité par Bubu:
J’ai l’impression que cet amalgame confortable te fait faire
une intéressante économie d’esprit critique : ça vient d’un
journaliste, c’est forcément de la daube.
Tout à fait, par défaut, je considère que les raisonnements proférer par les journalistes sont faux. Je ne tient donc pas compte de son avis, je n’utilise que les infos transmises, et non de sa réflexion personnelles qu’il a ajouté.
Par contre j’ai besoin d’une analyse pour pouvoir me serir de ces infos: je la fais moi-même.
Et ça m’économise une partie de la critique, car au lieu d’essayer de comprendre les raisonnements foireux du journaliste, puis de me rendre compte la plupart du temps que c’est faux ou que ça ne vole pas haut, puis finalement faire mon opinion sans tenir compte de la sienne, je passe tout de suite à la dernière étape, on gagne du temps et de l’énergie.
Ensuite je peux confronter mes idées avec les siennes, mais comme j’ai une idée sur la question, je pige plus vite le raisonnement du gars. Au début, c’était pour éventuellement me corriger, mais maintenant c’est pour rm’assurer que ça ne vole toujours pas haut en face (et aussi pour rigoler parfois, mais bon on se lasse vite).
C’est sûr que tous les raisonnements ne sont pas faux (en en fait ce sont une minorité), mais la plupart de ceux qui sont justes (quand on a retiré tout ce qui est foireux) ne sont pas nouveaux, le gars n’a rien inventé, ça pourrait être du copier-coller ou issue d’une machine. La plupartt du temps, je n’apprends rien de l’analyse du gars, c’est vite ennuyeux.
Tu énonces un fait sans l’argumenter (la majorité des
journalistes sont incompétants), tu généralises, et tu en tires
des conclusions morales : en voila un reportage qui ne vaudrait
pas bien cher … dans une école de journalisme.
Pas facile
Ben disons qu’au début (à 10 ans), tout le monde il était beau et gentil au pays des journalistes, et puis j’ai appris à remettre en cause ce que je lisais et entendais, au départ pour des erreurs de frappe ou des lapsus, mais pourquoi des erreurs plus grosses n’existeraient pas ? Et avec l’age j’ai pu avoir d’autres sources, et enfin j’ai pu sur certains sujets faire ma propre opinion sur un évenement avant même que j’ai connaissance de celle de journalistes. Et évidemment, lorsque je n’étais pas d’accord, j’ai cherché la faille en face. Des fois c’était moi qui me trompait, mais des fois c’était eux.
Alors je me suis corrigé et j’ai généralisé cette critique à tous les sujets, mais je voyais bien qu’en face ça ne s’améliorait pas. J’ai donc sélectionné les bons journalistes, puis les bons médias, puis à force d’éliminer, il en resatit de moins en moins. J’ai pu me réfugié dans Arte et France Culture quelques mois (les journaux étaient largement hors course depuis longtemps), mais le risque de but était trop grand, euh non, le risque
de lobotomisation…
Depuis j’ai tout rasé, mais j’écoute toujours France Culture pour rigoler (et puis il faut bien une source d’infos brut, et les jingles et génériques sont top :-). Par contre certaines émissions sont très bonne, mais les travaux des journalistes sont facilement critiquables. Et je trouve que les journaux sont parmis les meilleurs.
Tu souhaites créer un mot différent pour les journalistes
compétants… il vaudrait mieux utiliser celui qui existe pour
les autres : journaleux. Mais quand à préciser la proportion de
journaleux chez les journalistes (ou de journalistes chez les
journaleux, si tu préfères cette ordre), il faudrait un peu
plus et un peu mieux que des positions de principe.
Le coup du changement de définition, c’est évidement pour rigoler, c’est pour bien me faire comprendre à moi-même que quand je lis ou écoute le travail d’un journaliste, il faut s’attendre à tout et ne surtout pas espérer être aidé dans la réflexion sur un sujet (à part par les faits bruts rapportés), sinon on a toutes les chances d’être déçu. Les fois où l’on apprend effectivement qqch sont si rares qu’il ne faut pas perdre son temps à rechercher l’article comportant une analyse intéressante, c’est plus rapide de faire directement son opinion d’après les faits bruts.
Je me demande si notre perception pifférente de cette
profession ne provient pas d’un biais de recrutement : je mets
une certaine coquetterie à ne pas avoir la télévision, et à ne
la regarder jamais.
Du coup, j’évite qd même beaucoup du cirque émotionnel dont on
essaye de saturer ce qui peut nous rester d’intelligence.