Avalanches et médias raccoleurs

Posté en tant qu’invité par Nicolas:

pierre a écrit:

Si le journalisme concentrait la bètise, ça se saurait.

Ben formulé comme ça je trouve la proposition presque alléchante…

Les journaux bêtes ne se développent que parce qu’il y a du bête monde pour les acheter, en ce bas monde néolibéral, non? Donc, plus y’a de cons, plus y’a de journaux cons, i.e. de journalistes (sens large!) cons (ou cyniques), CQFD.
Le journalisme ne contient pas la connerie en lui même mais il concentre celle de la société dans laquelle il travaille.

Après, on a en France la chance d’avoir AUSSI des médias nettement moins cons et capables de faire fonctionner une démocratie, pas comme la télé quoi ;o), donc on a pas à se plaindre ni à vilipender le journalisme en général, qui n’est jamais qu’un miroir.

Posté en tant qu’invité par Bubu:

J’ai l’impression que cet amalgame confortable te fait faire
une intéressante économie d’esprit critique : ça vient d’un
journaliste, c’est forcément de la daube.

Tout à fait, par défaut, je considère que les raisonnements proférer par les journalistes sont faux. Je ne tient donc pas compte de son avis, je n’utilise que les infos transmises, et non de sa réflexion personnelles qu’il a ajouté.
Par contre j’ai besoin d’une analyse pour pouvoir me serir de ces infos: je la fais moi-même.
Et ça m’économise une partie de la critique, car au lieu d’essayer de comprendre les raisonnements foireux du journaliste, puis de me rendre compte la plupart du temps que c’est faux ou que ça ne vole pas haut, puis finalement faire mon opinion sans tenir compte de la sienne, je passe tout de suite à la dernière étape, on gagne du temps et de l’énergie.
Ensuite je peux confronter mes idées avec les siennes, mais comme j’ai une idée sur la question, je pige plus vite le raisonnement du gars. Au début, c’était pour éventuellement me corriger, mais maintenant c’est pour rm’assurer que ça ne vole toujours pas haut en face (et aussi pour rigoler parfois, mais bon on se lasse vite).
C’est sûr que tous les raisonnements ne sont pas faux (en en fait ce sont une minorité), mais la plupart de ceux qui sont justes (quand on a retiré tout ce qui est foireux) ne sont pas nouveaux, le gars n’a rien inventé, ça pourrait être du copier-coller ou issue d’une machine. La plupartt du temps, je n’apprends rien de l’analyse du gars, c’est vite ennuyeux.

Tu énonces un fait sans l’argumenter (la majorité des
journalistes sont incompétants), tu généralises, et tu en tires
des conclusions morales : en voila un reportage qui ne vaudrait
pas bien cher … dans une école de journalisme.

Pas facile
Ben disons qu’au début (à 10 ans), tout le monde il était beau et gentil au pays des journalistes, et puis j’ai appris à remettre en cause ce que je lisais et entendais, au départ pour des erreurs de frappe ou des lapsus, mais pourquoi des erreurs plus grosses n’existeraient pas ? Et avec l’age j’ai pu avoir d’autres sources, et enfin j’ai pu sur certains sujets faire ma propre opinion sur un évenement avant même que j’ai connaissance de celle de journalistes. Et évidemment, lorsque je n’étais pas d’accord, j’ai cherché la faille en face. Des fois c’était moi qui me trompait, mais des fois c’était eux.
Alors je me suis corrigé et j’ai généralisé cette critique à tous les sujets, mais je voyais bien qu’en face ça ne s’améliorait pas. J’ai donc sélectionné les bons journalistes, puis les bons médias, puis à force d’éliminer, il en resatit de moins en moins. J’ai pu me réfugié dans Arte et France Culture quelques mois (les journaux étaient largement hors course depuis longtemps), mais le risque de but était trop grand, euh non, le risque
de lobotomisation…
Depuis j’ai tout rasé, mais j’écoute toujours France Culture pour rigoler (et puis il faut bien une source d’infos brut, et les jingles et génériques sont top :-). Par contre certaines émissions sont très bonne, mais les travaux des journalistes sont facilement critiquables. Et je trouve que les journaux sont parmis les meilleurs.

Tu souhaites créer un mot différent pour les journalistes
compétants… il vaudrait mieux utiliser celui qui existe pour
les autres : journaleux. Mais quand à préciser la proportion de
journaleux chez les journalistes (ou de journalistes chez les
journaleux, si tu préfères cette ordre), il faudrait un peu
plus et un peu mieux que des positions de principe.

Le coup du changement de définition, c’est évidement pour rigoler, c’est pour bien me faire comprendre à moi-même que quand je lis ou écoute le travail d’un journaliste, il faut s’attendre à tout et ne surtout pas espérer être aidé dans la réflexion sur un sujet (à part par les faits bruts rapportés), sinon on a toutes les chances d’être déçu. Les fois où l’on apprend effectivement qqch sont si rares qu’il ne faut pas perdre son temps à rechercher l’article comportant une analyse intéressante, c’est plus rapide de faire directement son opinion d’après les faits bruts.

Je me demande si notre perception pifférente de cette
profession ne provient pas d’un biais de recrutement : je mets
une certaine coquetterie à ne pas avoir la télévision, et à ne
la regarder jamais.
Du coup, j’évite qd même beaucoup du cirque émotionnel dont on
essaye de saturer ce qui peut nous rester d’intelligence.

Posté en tant qu’invité par pierre:

Allons bon, not’ Bubu fait le mégalo. Mais je te rassure : je ne te crois pas. Et je le démontre.

Penser A PRIORI que ton raisonnement est meilleurs, plus subtil, intelligent … etc, que celui de n’importe quel journaliste, sur n’importe quel sujet, serait vraiment faire preuve d’une hypertrophie insensée de l’ego : comment être sûr d’être plus malin que des gonzes qui ont peut-être passé des dizaines d’heures à réfléchir sur la question, avec une densité neuronale dans la calebasse que tu ignores forcément, et avec une collecte d’info qui peut s’étaler sur des années ?
Mais heureusement : tu ne le fais pas.
J’en suis sûr.

Et la preuve, c’est que tu as pris la peine d’écouter ce que je t’ai dit, tu m’as fait l’honneur de penser que ce n’est peut-être pas exclusivement des conneries, que tu as pris le temps de me répondre, avec des arguments (certes assez faibles, mais nul n’est parfait)…alors que je suis journaliste !

Non, c’est pas vrai.
Mais ça aurait pu, non ?
Donc tu vois bien que tu ne penses pas A PRIORI que ton interlocuteur est un demeuré.
Alors pourquoi affectes-tu de le faire si cet interlocuteur-là écrit dans un canard ou cause à la radio ?

Pour ce qui me concerne, j’ai souvent découvers des angles de vue originaux, des analyses percutantes, ou subtiles, ou les deux, une profondeur de champs là où je ne savais voir que la plate surface des faits. Tout ça en sirotant un demi sur une terrasse, ou en prenant un café au soleil…avec un journal à la main.
Alors ceusses qui me donnent l’illusion que je suis un peu moins con que ce que je suis vraiment, et ben, globalement … je les aime bien.

Posté en tant qu’invité par kaiser38:

vous parlez des journalistes qui ne connaissent rien à la montagne, mais c’est pareil pour tour les sujets un peu spécifique…
J’ai quelques notions de droit suite à mon cursus scolaire, et je rigole quand j’entend les conneries de certains journaleux au JT… Genre « les pourvois en cour d’appel » et autre bourde de ce genre…
Et c’est pareil chaque fois que j’entend parler d’un sujet que je connais particulièrement. J’imagine que le problème est généralisé.
A vouloir facilité l’accès à l’information, on délaisse carrement la qualité de celle ci !

A la télé c’est gravos, et dans les journaux (les plus mauvais comme les plus réputés) on en est pas loin…

Je lisais dimanche un article dans le daubé qui était apparement tirés du magazine psychologies sur le besoin de la prise de risque dans les activités sportives. Il y était question de base jump, de « ski de freeride ».
Déjà l’article était plus de la psychologie de comptoir qu’autre chose, puis alors les références au sport cités était erronées.

Le problème, c’est que ce sont les médias et les journaleux qui font le monde et qui orientent notre pensée.
Alors que faire ? soit on n’écoute pas les médias et on se forge une opinion empirique sur les choses. Pas évident et ca suppose d’avoir déjà une certaine culture…
Soit on va systématique vérifier par nous même la véracité des propos journalistique, autant dire que c’est impossible, vu la masse d’information…
Le tout c’est de ne pas s’emballer et de toujours garder un oeil critique sur ce qu’on nous raconte…

Posté en tant qu’invité par le vieux:

J’ai quelques notions de droit suite à mon cursus scolaire, et je rigole quand j’entend >les conneries de certains journaleux au JT… Genre « les pourvois en cour d’appel » et >autre bourde de ce genre…

tu as quand même un diplome non?

Posté en tant qu’invité par Bubu:

Allons bon, not’ Bubu fait le mégalo. Mais je te rassure : je ne te crois pas.

Oui, après coup j’ai regretté mon message qui est trop personnel, je n’ai pas assez développé, ce n’est pas clair.
Je ne voulais pas dire que j’étais le plus fort et le plus intelligent et que sais-je encore.
C’est juste que j’ai progressivement developpé ma critique sur tous les sujets, alors qu’avant j’acceptais tout sur certains sujets.
Le problème est que quand je trouve à redire sur la majorité des conclusions d’un article ou d’une émission, celui-ci n’est pas très intéressant pour moi.
Ensuite, il y a évidemment des bons articles. Mais quand on passe plus de temps à chercher un bon article qu’à le lire, en en ayant lu plein qui sont décevant au passage (même si le précédent du même auteur avait plu), on se rend compte que l’on est la plupart du temps déçu et mécontent, je ne trouve pas sain d’insister dans cette direction, c’est préférable de prendre du recul par rapport à tout ça et faire son opinion sans attendre que qqun d’autres ait exprimé la sienne dans la presse. Et de temps en temps on regarde ce que d’autres pensent, sans en espérer grand chose: au pire il n’y a rien de bien comme prévu, au mieux il y a qqch d’intéressant et c’est une bonne surprise :slight_smile:

Posté en tant qu’invité par Alexis:

kaiser38 a écrit:

Le tout c’est de ne pas s’emballer et de toujours garder un
oeil critique sur ce qu’on nous raconte …

Ouais, et comment tu fais ca pour des sujets ou tu n’y connais rien mais qui sont supers importants ? Genre sujets de politique internationale ou pour des grandes consultations type la nouvelle carte d’identité biométrique, ou le référendum pour la constitution européenne, ou alors des sujets plus proches encore genre le rapport Giran sur les parcs nationaux …

Pour ma part, même avec une très belle brochette de diplômes et une très belle grrrande école :wink: en sciences, j’ai l’impression de ne vraiment pas maîtriser les tenants et les aboutissants de sujets qui concernent tout de même notre vie de demain (ou celle de mes enfants, important en ce moment :wink: ! Je suis obligé de m’en remettre à mon petit frère (Sciences Po’) dont les sujets de boulot sont les politiques locales et le développement durable. Mais cela suppose que ce n’est peut-être pas mon véritable avis (si tant faire ce peut que je puisse en avoir un).

Parfois, j’ai l’impression d’être complétement largué dans un monde que je ne connais que trop peu. Alors bretter sur internet pour savoir si on peut enlever ou rajouter des pitons dans le Z ou si le gradient de T° est plus fort à la base du manteau ou au sommet, cela me rassurre un peu …

Alexis qui aimerait parfois que la raison et la logique plutôt que les passions gouvernent le monde, un ordi dictateur quoi …

Posté en tant qu’invité par l’Urbain:

Alexis a écrit:

kaiser38 a écrit:

Le tout c’est de ne pas s’emballer et de toujours garder un
oeil critique sur ce qu’on nous raconte …

Ouais, et comment tu fais ca pour des sujets ou tu n’y connais
rien mais qui sont supers importants ? Genre sujets de
politique internationale ou pour des grandes consultations type
la nouvelle carte d’identité biométrique, ou le référendum pour
la constitution européenne, ou alors des sujets plus proches
encore genre le rapport Giran sur les parcs nationaux …

Pour la politique internationale, tu lis des bouquins, il y en a de très bons, écrit par des … journalistes !! Le mieux c’est encore d’en prendre plusieurs et de faire des recoupements, ce n’est pas à la portée de tout le monde (faut avoir du temps et être motivé).
Bien sûr, ne t’attends pas à de la promo sur tes journaux préférés, plus le bouquin est sérieux, plus il contredit la horde médiatique, et moins on en parle (pas de panique, ça n’est que mon avis). Il faut chiner un bon moment en librairies, entre deux randos.

Pour la constitution européenne, elle doit bien se trouver en clair quelque part sur le net.

Pour ma part, même avec une très belle brochette de diplômes et
une très belle grrrande école :wink: en sciences, j’ai
l’impression de ne vraiment pas maîtriser les tenants et les
aboutissants de sujets qui concernent tout de même notre vie de
demain (ou celle de mes enfants, important en ce moment :wink: !
Je suis obligé de m’en remettre à mon petit frère (Sciences
Po’) dont les sujets de boulot sont les politiques locales et
le développement durable. Mais cela suppose que ce n’est
peut-être pas mon véritable avis (si tant faire ce peut que je
puisse en avoir un).

Ca prouve bien que faire une grande école n’est pas tout. Même (surtout ?) Sciences Po… Les professeurs aussi sont humains, donc faillibles.
Il y a tellement de personnes que ça arrange qu’on y comprenne rien. Ca me rappelle les accords du GAT, les experts ont expliqué aux élus qu’ils n’y comprendraient rien mais qu’il fallait signer. Résultat : la commercialisation programmée des services publics…(AGCS)

Parfois, j’ai l’impression d’être complétement largué dans un
monde que je ne connais que trop peu. Alors bretter sur
internet pour savoir si on peut enlever ou rajouter des pitons
dans le Z ou si le gradient de T° est plus fort à la base du
manteau ou au sommet, cela me rassurre un peu …

Moi aussi.
C’est peut-être l’avenir de l’information : un citoyen désintéressé qui prends le temps d’étudier le sujet et fait partager son expérience. Ca dépends de nous quoi !

Alexis qui aimerait parfois que la raison et la logique plutôt
que les passions gouvernent le monde, un ordi dictateur quoi

Posté en tant qu’invité par Michel:

Alexis a écrit:

Alexis qui aimerait parfois que la raison et la logique plutôt
que les passions gouvernent le monde, un ordi dictateur quoi

Alex, méfie toi de tes propos car « sortis de leur contexte », HITLER ne disait pas autre chose pour gazer les juifs, les arriérés mentaux, les tziganes… bref …
NON, la passion existe et heureusement ; ce qu’il faut combattre ce sont les extrémismes et la pensée unique … ou le fait de penser que ce qui est bon ici le sera là bas (voir la vision ricaine de la démocratie en Iraq). Admettons la diversité comme source de richesse, ce qu’un « ordi dictateur » ne comprendra jamais.

Michel,

Posté en tant qu’invité par grosmoërell:

ce qu’il faut
combattre ce sont les extrémismes et la pensée unique …

Encore reste-t-il à donner une définition cohérente de l’extremisme. Vouloir empêcher la croisière blanche, par exemple? Ou être contre une Europe libérale et marchande? L’extrême est toujours une notion relative au « centre » qu’on se donne…

ou

le fait de penser que ce qui est bon ici le sera là bas (voir
la vision ricaine de la démocratie en Iraq). Admettons la
diversité comme source de richesse, ce qu’un « ordi dictateur »
ne comprendra jamais.

L’ordi, c’est pas juste pour poster sur c2c?

Michel,

Posté en tant qu’invité par l’Urbain:

Ca fleure bon le point godwin…

Posté en tant qu’invité par Nicolas:

Michel a écrit:

NON, la passion existe et heureusement

Heuuu Michel, méfie-toi de tes propos, car sortis de leur contexte,
Hitler ne disait pas autre chose pour gazer les juifs et embrigader les jeunesses hitlériennes… (l’ordi, c’est plutôt Goebbels je crois).

Hum, facile OK, mais j’ai juste peur qu’entre passion et haine le pas soit un peu court à franchir.

Posté en tant qu’invité par Pascalou:

Point G atteint! Jeu set et match pour Nicolas!

Posté en tant qu’invité par jbx:

salut à tous,

ça c du débat et je vous en remercie (ça change de l’absence de réflexion trouvé sur le forum évoquant le monoski)

et pour ajouter ma petite touche sur les risques et la sécurité:

« dans nos sociétés obsédées de sécurité, on a du mal à percevoir que les risques sont l’expression de la vie… alors que leur dénégation s’avère mortelle ! »

un monoskieur hors-piste et parapentiste, de passage, …

qui vous salut amicalement (-:

Posté en tant qu’invité par francois:

Comparer les entraves a la liberte d’expression aux US et en Afrique, c’est n’importe quoi.