Assurer le leader en cas de perte du système d'assurage

En ce qui me concerne, pour les quelques fois ou il y a eu oubli (jamais de perte), selon les situations, c’est demi-cab, noeud de coeur et épaule.

Généralement au demi-cab si j’assure du bas, noeud de coeur si j’assure du haut (un peu plus facilement cumulable avec un mouflage en cas de nécessité qu’un demi-cab, je trouve), épaule dans les sorties de voie ou il faut quand même regarder où on met les pattes.
C’est comme tout, je pense : mieux vaut avoir un bon répertoire de techniques (à partir du moment où l’on est sûrs de bien maîtriser ce répertoire) pour l’adapter au mieux à la situation.

C’est sur que tu vas pas assurer à l’épaule dans du 7C mais ce type d’assurance reste le seul utilisable dans les petites longueurs dite " à vache" ou il est toujours préférable d’assurer correctement à l’épaule plutôt que de tenir des anneaux de corde à la main …
J’ai souvent retenu des débutants ou plus dans des parcours mixtes ou d’escalade facile parce que bien calé derrière un rocher et surtout pas de mou …
Par contre retenir quelqu’un qui part en glissade avec des anneaux de corde tenus à la main, sauf cas très rare, c’est quasi impossible !
Et n’oubliez pas les grimpeurs de 7C, ils perdent jamais leur reverso :joy:

Mais est-ce qu’ils ont les anneaux de corde à la main ?

Normal, puisqu’ils utilisent un grigri !

7c ? Il faudrait re-contextualiser ce qu’était le haut niveau au bon vieux temps.
En 1967 dans du 5.10 (6b) par L. Dalke dans « X-M » à Eldorado canyon c’était le haut niveau au USA.
Cotation considérée à l’époque comme la limite des possibilités humaines ( le terrifiant « VI » de mes topos de l’époque ) .
Limite qui vont de pair avec les techniques d’assurage ( à l’épaule) sans baudrier.
Ce sont les innovations techniques et technologique qui ont permis de repousser les performances humaines et l’ouverture de l’échelle moderne de cotation par le haut.
P. Bérault tentera de « verrouiller » la limite des possibilités humaines au chiffre 7 mais c’est une autre histoire . :wink:
Je ne sais pas où était le premier point d’assurance ( clou ou coinceur ) de cette traversée mais en cas de chute c’est chaud( corde à simple - pas de gant ) pour les « gros bras » du second .
Qu’aurait il fallu pour que soit intercalé un 8 ( qui existait déjà en Europe ) dans le dispositif d’assurage entre ces deux grimpeurs de haut niveau ?


Superbe photo …
En 67, on prenait les mêmes risques mais avec des chaussures rigides et non des chaussons EB Fontainebleau … Certains commençaient à s’équiper de ces premiers chaussons d’escalade … J’ai fait la Gamma avec P Cordier qui avait ces chaussons, la seconde de la Coryphène avec S Gousseault qui avait aussi ces chaussons. Moi j’avais des Galibier Desmaison et je me souviens pas avoir beaucoup forcé dans les longueurs faites en tête et assuré à la taille ! Ou bien, on était très fort ou bien on avait pas conscience du risque de chute ? Ou les 2 ?
En 67, il n’y avait pas de 6B mais uniquement du 6+ :joy:
L’escalade moderne est un nouveau sport qui a aussi beaucoup d’intérêt et surtout plus de sécurité …

Perso je ne pense pas qu’il faille de gros bras pour assurer à l’épaule: j’ai encaissé (sans gant) des vols quand j’étais tout mingoulet et j’en ai pris moi-même un de plus de 20 m (en vibram avec baudrier de fortune fait maison avec des sangles plates) assuré à l’épaule avec un relais sur un génévrier sans que mon second mentionne autre chose que la trouille en me voyant passer plus bas que lui. Je pense qu’on peut lâcher un huit mais pas lorsqu’on est à l’épaule; on peut se brûler mais côté sécurité pour celui qui chute il y a certainement moins de risque.

« On » était très fort ?
Certains étaient très fort et leurs réputations ( et liste de courses) les précédaient dans les réunions hebdomadaires qui se tenaient dans les salons (Marseille moins guindé que Lyon) avec parquet ciré et grinçant, des succursales du CAFs des grandes cités de l’Hexagone !
Et c’est là que la belle philosophie , bien comprise, du « premier de cordée » prenait toute sa valeur pour peu que tout à chacun connaisse ses limites, sa motivation et ses ambitions .
Le premier de cordée plaçait la corde pour le second.
Tomber n’était pas envisagé car trop dangereux à une époque où les helicos n’existaient pas sur l’Alpe ( et ailleurs).
Les « premiers » cherchaient des « seconds » , qui devaient tenir la route, pour les assurer ( et leurs baiser les babouches😅 ) .
Et les « seconds » des « premiers » pour le prestige de les suivre, vaille que vaille, et sans barguigner dans des voies qui leur était à priori inaccessible.
Bref tu commençais patiemment et modestement ta « carrière » de grimpeur « TAs » ( comme-on-dit maintenant ) en cherchant d’abord à te faire accepter par des « premiers », ayant pignon sur rue, avant de tenter un jour l’aventure et de faire le cador en tête.
Je parle d’un temps où le clou et le bicoin de base est roi et où la « dégaine » n’en a pas encore le nom.
Chacun son rôle et les vaches étaient bien gardées.
Sans le Huit ( et avec des gants :sunglasses: ) et le baudrier ma compagne n’aurait jamais pu m’assurer correctement.
Hélas , helas le « premier » et son « second » ne se cherchent plus par les temps qui courent .
On désigne maintenant son «binôme » ( comme à l’armée​:sweat_smile:) à tu et à toi et à la va comme je te pousse ( le bigophone dans la poche :wink:)
C’est ainsi .
Y’a plus de respect . Tout fou l’camp ! :wink:
Donc rien à regretter de mon côté avec les (nouveaux ) gadgets actuels dédiés à l’assurance (en presque toute sécurité) des corps en chute libre.
Et plus vraiment l’envie de retenter l’expérience d’arrêter une chute dans le vide avec une corde qui t’astique les côtes, crame les mains et traumatise les vertèbres . Mon ostheo préférée est suffisamment riche .
PS : jamais perdu un huit ni un Reverso .

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C’est intéressant ces discussions pour le côté culturel :slight_smile:
Par contre aujourd’hui si on accepte d’être un peu objectif, l’assurance à la taille/à l’épaule en situation d’escalade n’a simplement plus lieu d’être :wink:
Les guides savent tous assurer à l’épaule et à la taille, on est nombreux à utiliser ces techniques de façon très régulière en alpinisme (assurer les clients dans un ressaut depuis une terrasse typiquement). Mais pour assurer un second en escalade en remplacement du Reverso, ça me semble une évidence que ce n’est pas la bonne solution aujourd’hui d’assurer à l’épaule !! Il suffit d’un mousqueton pour faire un demi cabestan et gagner en confort (faut être maso pour assurer à l’épaule depuis un relai " pendu" quand on peut faire autrement :joy:) et en sécurité (au moindre soucis du second, avec assurance à l’épaule dans du terrain raide, bonjour l’angoisse).

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C’est exactement ce que je disais plus haut …
Il est certain que si tu fait la traversée de la Meije avec des clients, tu vas plus souvent assurer ton client à l’épaule que sur des relais solides avec un Grigri !
Si tu l’emmènes faire Unchi Maka à Sialouze, tu vas pas souvent assurer à l’épaule … et si tu perds ton Reverso au pied de la 7° longueur, et ben t’es dans la m…

Quand on a perdu son petit matériel d’assurage, on assure soit à l’épaule, soit à la taille, soit au demi-cab.
J’espère avoir répondu de façon simple et efficace à la question initiale.
Nota: on peut aussi répondre de façon compliquée.

Ou faire du hors piste histoire de causer …
Je pense que celui qui a initié ce sujet connaissait les réponses qui lui ont été données mais il souhaitait avoir plusieurs sons de cloches pour être rassuré la prochaine fois qu’il perdra son système d’assurage …
Effectivement, tout a été dit et sans polémique inutile …

Mais pourquoi répondre simplement quand on peut le faire en étant compliqué ? L’essence même de tout forum qui se respecte, c’est de couper un cheveu en 4. Chipoter. Ergoter. Pinailler.

Parce que tout simplement si on répond directement au sujet sans aucune improvisation, dans chaque discussion, il n’y aura que 2 ou 3 réponses, on va vite s’ennuyer :sweat_smile:

Ça me rappelle les tchèques qui exposaient comme des malades sur boules de nœud dans leurs tours de grès, « les grimpeurs tchèques sont très forts » dis je, « il ne reste que les forts, les mauvais sont morts » me répondit très sérieusement mon ami tchèque…

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1975 . S. Wunsch libère « Psycho roof » ( 5.12+ - 7a+)
Les «bolts» ont fait leur apparition et la ceinture de sangle uniquement à la taille est utilisé.
L’assurage sur corde à simple est toujours sans outil spécifique :grimacing:
10 années plus tard P. Edlinger passe par là avec huit et baudrier moderne.

C’était le système d’assurage des grimpeurs allemands dans l’Elbsandsteingebirge. Je ne sais pas si ça se pratique encore.

Il semblerai bien que nos amis américains à l’époque aient importé la ceinture utilisé au Elbsandsteingebirge.
S . Wunsch dit être étonné de ceux qui font des chute de plus de 20 pieds avec ce système.
Peut être fait il allusion aux tchèques …
Chute qu’il n’envisage pour lui qu’avec circonspection dans ses tentatives de réalisation en libre.
Au Elbsandsteingebirge les « bolts » n’étaient pas utilisés et je ne le sont toujours pas il me semble.
Prudent et pragmatique S. Wunsch.
Il a dû vivre longtemps :sweat_smile:
Extrait de son entretien :
« Malgré son utilisation calculée des chutes de leaders sur le Kloeberdanz et le toit Psycho, Steve Wunsch est un grimpeur conservateur selon les normes de 1976, et il est très calculateur quant au moment où il accepte de répéter les chutes en tête . Le mouvement devait être proche de la protection, et dans une situation où il ne risquait pas de heurter quoi que ce soit en chutant. Dans « Jules Verne », il n’a fait aucune chute en tête et a fait preuve d’une remarquable capacité à enchainer des mouvements de 5.10 non protégés. Certains grimpeurs contemporains sont prêts à faire des chutes de vingt pieds sur des protections, et ont la capacité de rester en contrôle. Wunsch, âgé de vingt-neuf ans en 1976, ressemblant un peu au vieil homme des montagnes et démontrant la rapidité de l’évolution de l’escalade moderne, ruminait : « je trouve fantastique que certains jeunes grimpeurs puissent faire des chutes de vingt à trente pieds et garder le contrôle".

Pour ajouter à la conversation sur faire des rappels sans descendeur : en plus du « bicéphale » cité ci-dessus, qui nécessite trois mousquetons (2 pour la cordes, 1 pour clipper au baudrier), j’aimerai partager le « Iten-Bremse » ou « Frein-Iten » en bon français, inventé par le guide Suisse Lucas Iten


Avantage : besoin que de deux mousquetons en tout
Désavantage : un brin (de corde…) plus compliqué que le bicéphale.
Essayé en salle, ça a l’air très efficace. Je compte l’essayer en vrai cet été, étant un régulier du bicéphale.

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@blu3l3mon : Mdr,…il y a mieux encore… un truc de fou…, un demi cabestan… et du coup un seul mousqueton :rofl:

Sauf, sauf,…bien entendu si cette technique évite les torons comme avec le demi cab, sans quoi aucun intérêt, car justement la bicéphale permet cela.

Donc à vérifier… :wink:

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