Assurage en montage, des experiences?

Posté en tant qu’invité par C.L.:

La philosophie que j’applique en montagne se résume à:

  1. le leader ne tombe pas
  2. au cas ou il tombe on pose quelques points

et on considère que chute leader + point qui lache c’est peu probable…
MAIS: je n’oserait jamais m’amuser à tomber sur les points que je pose! (sauf sur un méga point beton évident)
et meme sans rigoler je ne suis jamais tombé en tête.

Donc je manque cruellement d’infos sur ce qui tient ou pas.

exemples:
un piton legerement dans l’axe de la chute ca peut tenir ?
(jamais osé faire ca mais j’ai trouvé des voies avec un relais equipé ainsi et j’etais le seul à trouver ca craignos)

qu’en est-il de la tenue des friends
(c’est facile à mettre mais ca tient vraiment ??)

un petit bi-coin ca explose le rocher en calcaire ?

…etc

j’en vient donc au sujet:

qu’avez-vous comme vecu sur ce thème:
j’ai volé ca a ou (a pas?) tenu …

Posté en tant qu’invité par Alexandre:

Mon expérience : une chute sur friend d’un pote.
A la Sainte Victore, le premier point est souvent assez haut (genre 6 ou 7m)
Alors je dis à mon pote (Olivier), qui entame un 6a (il passe du 6c à vue) : tiens, j’ai un beau friend et là tu as une jolie fissure, ça te coûte rien !
Résultat, un friend posé à 3m de haut, et mon pote qui se vautre juste avant le premier spit.
Je le bloque, il reçoit un choc dans le baudrier, de quoi ralentir, et tombe les pieds à plat sur le sol, mais à très basse vitesse.
Bilan, le friend était légèrement tordu (un friend de qualité moyenne, avec un câble semi-rigide en métal), normal vu que la chute avait un facteur 1 environ (6m de chute pour 6m de corde).
Ce jour-là, Olivier a compris que le friend c’était un bon truc.

Et pour répondre à ta question, quand c’est bien posé et qu’on a de la chance, ça tient !

Alex

Posté en tant qu’invité par Alexandre:

Autre expérience, cette fois j’étais en tête.
Une voie de montagne équipée de spits (trop peu à mon goût)
une partie pas dure et là, un passage de 6a+ sur 6m (avec le sac à dos :wink:
Je pose un friend entre 2 spits, et la corde faisait un petit zig-zag, résultat, je me vautre sur le spit du haut, et le friend sort de sa fissure, car la traction n’était pas dans le bon sens. J’aurais dû avoir une corde à double, mais bon sur une voie en spits…
Bref, les friends ça tient tant qu’on tire dans le bon sens…
C’est un peu le gros problème des coinceurs en général, si on les tire dans le bon sens, ça peut aller…
D’où toute une pratique des points de renvoi, etc. qui est assez dure à maîtriser.

Alex

Posté en tant qu’invité par Etienne:

Gros, gros vol sur un stopper n°1 dans du gneiss. D’après ses spécifications techniques il n’aurait pas dû résister, il a tenu. Vive l’assurage dynamique!

« un petit bi-coin ca explose le rocher en calcaire ? »

Une écaille sera toujours fragile, de quelque façon que tu l’équipes. Mais dans une fissure au milieu d’un caillou bien compact un coinceur n’est pas plus destructeur qu’un friend, et beaucoup moins qu’un piton. Tout au plus rique-t-il de s’encastrer à vie là où aura pris un gros choc…

Posté en tant qu’invité par Jean-François C.:

Et qu’est-ce que tu fais en traversée d’un couloir pas très pentu (35°) en neige dure (qui ne permet pas de planter la pique)avec une bonne trace ?

Posté en tant qu’invité par Bubu:

Et qu’est-ce que tu fais en traversée d’un couloir pas très
pentu (35°) en neige dure (qui ne permet pas de planter la
pique)avec une bonne trace ?

Et bien :

  • soit tu es encorde et tu es sur que personne ne tombe pas
  • soit t'es encorde et il y a un risque qu'un des 2 glisse mais tu es sur que toi ou l'autre savez retenir une telle chute (2m de pendule dans du 35, avec un bon appui sur la bonne trace)
  • soit tu te decordes et tu es sur que toi ou l'autre savez vous arreter tout seul en cas de glissade (dans du 35 je rappelle)
  • soit tu te decordes et tu n'es pas sur que toi ou l'autre savez vous arreter tout seul en cas de glissade, il risque d'y avoir 1 blesse ou 1 mort dans ce cas
  • soit tu reste encorde et il y a un risque qu'un des 2 glisse mais tu n'es pas sur que toi ou l'autre savez retenir une telle chute, il risque d'y avoir 2 blesses ou 2 morts dans ce cas
  • A toi de choisir ou de t’ameliorer si tu est dans un cas qui ne te plais pas !

    Posté en tant qu’invité par Jean-François C.:

    Précisions supplémentaires :

    • on est encordé sur une voie normale AD, on vient de faire un passage rocheux suivant un passage crevassé et on va rejoindre un passage rocheux
    • la traversée est relativement courte avec une bonne trace
    • on tous les deux (je suis second) sûrs de pas nous prendre les pieds dans les crampons

    Posté en tant qu’invité par Christophe:

    Le plus important n’est pas de savoir si un matériel quelconque tiends ou ne tiends pas. Le plus important est ton aptitude a utiliser au mieux le materiel dont tu disposes et de savoir quand un point est bon ou non.
    Un meme coinceur posé dans une meme fissure par 2 grimpeurs pourra tenir ou ne pas tenir. Les paramétres sont multiples : position du coinceur, qualite du verrouillage, couplage, longueur de la degaine, type de corde (simple, double, elasticité), point de renvoie, assurage dynamique etc…

    Pour ma part, je ne suis tombée que 3 fois sur friends/coinceurs. Ils ont tenue a chaque fois. Mais la premiere fois, cela ne m’a pas empéché de me fracasser la rotule.
    J’ai grimpé avec des anglo-saxons que cela ne derangeaient vraiment pas de prendre des vols sur coinceur/friends, mais c’est une question de culture : pour beaucoup ils ont decouvert les coinceurs avant les spits. Souvent les points tiennent, parfois non. Dans le second cas, mes partenaires savaient que les protections etaient limites, la solution étant de multiplier les protections (en couplant eventuellement) en espérant qu’un des points tienne. Si ce n’est pas possible, il ne reste plus qu’à serrer les fesses ou deescalader. Si tu n’es pas capable de faire l’un ou l’autre c’est que tu n’avais rien à faire a cet endroit.
    En resumé, le matériel ne fait rien c’est toi qui fait tout et surtout anticipe au maximum.

    Posté en tant qu’invité par Frederic:

    35° ce n’est pas tres raide.Tu dois pouvoir passer corde tendue.

    Posté en tant qu’invité par Christophe:

    D’accord avec toi BuBu.
    je serai curieux de connaitre le % des gens capable d’enrayer une chute sur une pente certes qu’a 35 mais en neige dure (qui ne permet pas de planter la pique).
    Attention a la fausse impression de sécurité d’une corde alors qu’il n’y a pas de point posés.
    En cas de chute, s’il n’y a pas de corde cela fait 1 mort.
    S’il y a une corde cela peut faire 0 mort ou 2 morts suivant l’aptitude du partenaire a enrayer la chute.

    Mais c’est également vrai que la corde peut aider le moral et donc aider a la progression.

    Posté en tant qu’invité par Jean-François C.:

    Je suis bien d’accord avec vous : il faudrait se décorder.
    Qui le fait ? Où l’apprend-on ?
    Je n’ai jamais vu ni entendu qu’il faille se décorder pour un court passage sur neige où on ne peut pas s’assurer.
    Et effectivement, on ne peut pas s’arrêter sur une telle pente, encore moins arrêter une cordée.
    C’est la même chose en pente à corde tendue : si le premier tombe ( chute d’une peirre, par exemeple, 2 morts.

    Mais, au risque de me répéter, qui le dit, qui l’enseigne ?

    Posté en tant qu’invité par Alexandre:

    Ceci est vrai si la cordee est equilibree, mais avec une personne moins a l’aise on a tendance a supposer que le meilleur des 2 ne tombera pas et le « second » aura plus de chances de tomber…

    c’est un peu comme ca dans une pente de 45/50 degres, en progression a corde tendue

    Posté en tant qu’invité par Michel:

    Les questions de sécurité en montagne sont complexes. N’oublions pas la phrase de Whimper « lorsque vous entreprenez une ascension, pensez à ce que pourrait en être la fin ».
    La première question est de savoir pourquoi se constituer en « cordée ». Est ce uniquement pour l’assurage, quels sont les enjeux que l’on partage … etc ?? On peut alors envisager plusieurs cas de figure, je prendrai deux extremes :
    1- je grimpe avec un total inconnu avec lequel je n’éprouve aucune sympathie.
    2 - je grimpe avec mon fils.

    1er cas : s’il ne suit pas et que je peux aller seul au sommet, j’irai, à moins de le mettre en danger en le laissant seul. Un peu de solo n’a jamais fait de mal. Dans ce cas, on ne s’encorde que sur glacier crevassé et où on peut tirer des longueurs avec des relais solides. Si on a donc une pente de neige à traverser sans assurage et que je suis en second, je me décorde et je tiens la corde à la main. Tous les autres terrains sont parcourus décordés, ce qui use moins la corde (elle reste dans le sac).

    2nd cas : on reste ensemble et j’assurerai plus sa sécurité que la mienne. Dans ce cas, le pire serait de revenir seul. La solidarité est réelle. Le second est alors toujours assuré, quel que soient les conditions et même si la sécurité de la cordée peut en souffrir. Bien s’assurer prend toujours du temps et la rapidité peut être la source de sécurité en montagne.

    Entre ces deux extremes, se situe la plupart des courses que l’on peut entreprendre.

    Bonnes courses,

    Michel,

    Posté en tant qu’invité par Baltardive:

    Jean-François C. a écrit:

    Et qu’est-ce que tu fais en traversée d’un couloir pas très
    pentu (35°) en neige dure (qui ne permet pas de planter la
    pique)avec une bonne trace ?

    • avec des crampons, on doit pouvoir rattraper la chute d’un second, en neige dure,35°, mais cela demande beaucoup d’attention
      et de concentration. Si la neige est moins dure on doit pouvoir retenir dans du plus raide, mais 45° me parait un maximum (je crois que l’ENSA a fait des expériences). Qu’en pensent les guides en ligne ?
    • sans crampons : cela devient beaucoup plus sportif !
      Personne dans la liste n’a fait allusion au fait que l’on pouvait tirer de très grandes longueurs (100 m en nouant les 2*50). Cela permet d’être tranquille et c’est bien le diable si tu ne trouve pas un point d’assance sur cette distance. Attention je ne parle que de tirer 1 longueur de la sorte (pour passer une rimaye par exemple ou sur une corniche instable) et non de faire toute la course comme cela. Encore que cette technique soit pratiquée parfois (surtout en expé.
      Quelles sont vos expériences ?

    Posté en tant qu’invité par Jean-François C.:

    En traversée, avec 8 à 10 m de corde, sans piolet planté, on est arraché par le choc, et après, pas moyen de s’arrêter sur neige trop dure à 35°, sans compter les crampons qui finissent par provoquer de grandds soleils, et sans compter fractures et entorses.

    Posté en tant qu’invité par michel tollenaere:

    merci pour ce débat technique. Le coup de la corde de 100 mètres est intéressant et il m’est arrivé de tirer des longueurs de ce genre dans des terrains « avariés » avec neige, rocher et plus… N’oublions pas que Rebuffat progressait corde tendue avec ses clients dans du 55° (par exemple au couloir Whymper )…et pourtant ce n’est pas une vilaine chute qui a mis fin à sa vie .
    Pour ma part, je me souviens d’avoir utilisé avec mon frère au couloir Piaget (45") en excellentes conditions la technique suivante : nous étions 3 et avons progressé à deux « premiers » en « solo » ; L’un assurait le second d’un relais fixe , l’autre remontait la corde de 70 m pour installer le relais suivant : RESuLTAT, le second grimpait constamment assuré et sans jamais s’arrêter au relais. On est monté en moins de 3 heures et le bougre a trouvé le rythme un peu rapide !!

    Posté en tant qu’invité par nicolas:

    Cher Michel,

    je ne comprends pas "la technique suivante : nous étions 3 et avons progressé à deux « premiers » en « solo » ; L’un assurait le second d’un relais fixe , l’autre remontait la corde de 70 m pour installer le relais suivant : RESuLTAT, le second grimpait constamment assuré et sans jamais s’arrêter au relais. "

    Peux-tu clarifier, SVP

    merci

    Posté en tant qu’invité par Francois:

    « Et qu’est-ce que tu fais en traversée d’un couloir pas très pentu (35°)
    en neige dure (qui ne permet pas de planter la pique)avec une bonne
    trace ? »
    Il y a plusieurs possibilités:
    Si tu n’es pas sûr de toi et/ou de ton compagnon, tu peux carrément tirer une longueur (broche. Si tu ne peux planter la pique, il y a de fortes chances qu’une broche tienne. Toujours avoir une broche au fond du sac dès qu’il y a un peu de neige dans une course)
    La méthode que j’emploie est un peu plus risquée mais rapide: je marche 50cm derrière mon compagnon et je regarde ses pieds. Il est assez facile de le remettre d’aplomb en cas de faux pas en le rattrappant par la bretelle du sac. Mais il faut être trés attentif et marcher juste derrière.

    Posté en tant qu’invité par Julien:

    nous étions 3 et avons progressé à deux « premiers » en « solo » ;

    Moi je ne comprends pas bien la technique.
    Est ce que les deux premiers s’assurent mutuellement?
    Et si les deux glissent en meme temps?

    Posté en tant qu’invité par Bubu:

    nous étions 3 et avons progressé à deux « premiers » en « solo » ;

    Moi je ne comprends pas bien la technique.
    Est ce que les deux premiers s’assurent mutuellement?
    Et si les deux glissent en meme temps?

    Je ne sais pas si c’est ce qu’ils ont fait, mais voici ce qu’il est possible de faire:

    Un des 2 premiers (A) est au relai, fixe, et assure le second qui monte au bout des 70m de corde.
    Pendant ce temps, l’autre premier (B) monte au dessus du relai en emportant le bout de la corde que l’assureur est en train d’avaler (il ne peut donc pas monter plus vite que le second).

    Lorsque le second arrive au relais, le premier (B) est en bout de corde et installe un nouveau relai. Il peut aussi anticiper en s’arretant avant que le second soit au relai precedent, pour eviter que le second n’attende durant l’installation du relai.

    Lorsque le nouveau relai est installe, le premier (B) assure le second qui repart.
    Pendant ce temps, le premier (A) demonte l’ancien relai et monte rapidement en solo au nouveau relai. Il recupere le bout de corde que le premier (B) a commence a avalee, et continue a monter au dessus, pour installer un nouveau relai, and go on…

    Avec cette methode, quand c’est bien rode, le second ne s’arrete jamais plus de 30 secondes, et peut prendre un rythme regulier d’endurance (au lieu des coups de bourres gourmands en glycogene d’une progression en reversible), et facilement faire du 500m/h, ce qui nous fait l’Agneau Blanc a moins de 2h de la rimaye, c’est vrai qu’il exagere de trouver la montee en 3h un peu rapide :slight_smile:
    (de toute facon le Piaget, on dira ce qu’on voudra… :wink: