Posté en tant qu’invité par line:
Et alors? les principes ne sont pas des buts en soi.
je crois que tu n’as pas tout compris!
Les gens qui ont voté ont des principes, c’est bien, mais j’ai peur que l’Europe en crève!!
Posté en tant qu’invité par line:
Et alors? les principes ne sont pas des buts en soi.
je crois que tu n’as pas tout compris!
Les gens qui ont voté ont des principes, c’est bien, mais j’ai peur que l’Europe en crève!!
Posté en tant qu’invité par Un esprit libre:
Bon, le niveau grimpe - c’est plutôt bon signe. La question de mots est souvent purement verbale, certes. Gare aux crampes méningites et autres crispations sur les mots laids. N’empêche qu’au-delà des mots, le système libéral, dit libéralisme -dans son acception grandiose et la meilleure possible - est inacceptable. Les anglo-saxons disent insoutenable, si j’entends bien leur idée de « sustenable » : le développement durable n’est pas fait seulement pour les chiens. À force de parler de « croissance », à la mode libérale, on en vient à s’étourdir de mots magiques, et à ne plus voir que les 5 milliards de bonhommes sur la Terre salopent leur niche à mort. La pollution n’est pas seulement un phénomène nocturne !
Ne prenons pas les accents de Cassandre. Le phénomène n’est pas le propre (si j’ose dire) du libéralisme. Le socialisme à la soviétique nous a laissé des doses de Césium mémorables et des métaux plus lourds encore que nos pots catalytiques. Sauf que le socialisme est mort, et que remuer des cadavres, c’est un passe-temps de nécrophile.
Nécro-phile : qui aime (phile) la pourriture (nécro). Ciné-phile : qui aime le ciné. Pédo-phile : qui aime (phile) les enfants ! Si, si, ne vous déplaise. Quand on répète « qui ressent une attirance sexuelle pour les enfants », on ne dit pas « bel et bien », mais on dit plus justement : c’est une acception de droit criminel. L’acception, en ce sens, ne signifie pas acceptation : c’est inacceptable - du moins aujourd’hui. Un Romain nous aurait ri au nez. Un Grec, n’en parlons pas. Le « pédo » qui vous embarrasse se retrouve dans « pédagogie », « pédagogue » et « pédéraste ». Le mot « pédophilie » a subi le destin inverse de la « pédérastie » : la pédérastie, c’est au départ l’amour sexuel des jeunes éphèbes (autant dire des ados) ; la pédophilie, c’est l’amour (non sexuel) des enfants.
Sur toutes ces subtilités, les amoureux de la montagne peuvent s’essayer aux livres de Paul Veyne : ça déniaise considérablement. Ce Paul Veyne a écrit un texte sur « Le pain et le cirque », où le libéralisme n’est pas absent du propos : il est dédié… « À l’Aiguille verte » ! Pour ceux qui n’ont pas assez de corde, un livre court du même auteur - vertigineux : « Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? » Façon de dire : et nous autres, braves libéraux, à quels mythes croyons-nous ?
Bref, le libéralisme, au sens dominant et unique dont les banques nous abreuve, c’est maintenant le système à abattre. N’en faisons pas une montagne sacrée ! Des gens meurent loin de chez nous, et chez nous, des gens sont réduits à chômer ou à vivre en esclaves dans des entreprises idiotes.
Encore un effort !
Posté en tant qu’invité par Francois:
La subtilité, c’est louable, certes, cependant si tu pouvais être un peu moins subtile, ça m’arrangerait assez…
Posté en tant qu’invité par Un esprit libre:
Réponse au père François : il y a deux sortes de critiques, 1) celles auxquelles on répond, 2) celles auxquelles on riposte.
Pour la réponse, encore un effort :
« Le procès des intellectuels revient périodiquement en France depuis le romantisme. Procès intenté par le “bon sens”, par la grosse opinion conformiste. Par ce que l’on appelait en Grèce l’“opinion droite”, c’est-à-dire ce que la majorité est censée penser. La petite bourgeoisie, classe majoritaire, est dangereuse : ballottée entre la bourgeoisie et le prolétariat, elle a toujours fini par se rallier aux régimes forts et fascistes. Incontestablement, il y a, en France, une poussée historique de la petite-bourgeoisie. C’est la classe qui monte, qui essaie d’arriver au pouvoir. Et qui, dans une certaine mesure, y est déjà.
Quant à la prétendue liquidation des maîtres penseurs par l’opinion, c’est une entourloupette débile qui consiste à décréter qu’il y a des maîtres penseurs – ce qui n’est pas sûr du tout – pour mieux décider de leur mort. La moindre dialectique, la moindre subtilité effraie tellement les gens à l’esprit très gros que, pour défendre leur épaisseur, ils allèguent le bon sens qui tue les nuances. »
R. Barthes (1915-1980), « Des mots pour faire entendre un doute », propos recueillis par Françoise Tournier pour le journal Elle, 4 décembre 1978 ; Œuvres complètes, t. III, Seuil, 1995, p. 920.
Pour les paresseux (à 8 h du matin, on a le droit d’implorer moins de subtilité, mais autant rester couché), la riposte est la suivante : prends l’autoroute de l’information, fais risette devant l’écran, et on en recause quand tu seras mieux luné, - mauvais coucheur va !
Cordialement.
Posté en tant qu’invité par Un esprit libre:
En réponse à Fred, tout de même, je vous dois mes plus plates excuses "pour le ton dédaigneux et hautain" que vous avez cru remarquer dans ma bafouille. Le ton est une chose difficile à faire passer quand on écrit "à chaud", comme disent les lapins du journalisme, surtour si le sujet est controversé. Mais je vous assure que je suis libéral en un sens précis : j'admets votre position, même si j'attire votre attention sur le fait qu'elle me semble dangereuse, et que je la conteste en grande partie, puisque je récuse et votre acceptation (le libéralisme transpire au-dessus des eaux noires du lac Victoria : ça c'est inacceptable. En bref, acceptez-vous d'avaler cette perche et salivez-vous encore après avoir vu ce bien nommé "Cauchemar" ?), et votre acception (faire l'apologie du libéralisme sous couvert de liberté me semble, encore une fois, irrecevable). Mais je persiste et signe : un esprit libre n'a aucune accointance avec la veulerie des chantres du libéralisme. D'un seul mot : "ouvrez les yeux !"
Je reste désolé, non pour le "non" (rien de rien, pour ma part, je ne regrette rien quant au choix binaire sur lequel je me suis prononcé à voix égale avec vous), mais pour le ton.
Cordialement.