Alpinisme sans entrainement ?

Bonjour,

Je me pose une question concernant l’entrainement à l’alpi (j’ai 30 ans).
L’année dernière avant mon premier stage d’alpinisme (barre des écrins sur 4 jours) j’avais fait 5 jours de randonnée 2 semaines auparavant. Du coup, pendant le stage j’étais très à l’aise et c’était un vrai plaisir (léger de mal de tête du à l’altitude).

Je me demande est ce qu’il est nécessaire de s’entraîner avant un stage (j’aimerai cette année faire la traversée du Pelvoux par exemple).

A titre d’information, je fais de l’escalade une fois par semaine et je suis plutôt actif (déplacements brefs en vélo pour le travail ou les courses). Je ne peux pas courir à cause de problèmes aux genoux…

Est ce que certain d’entre vous y vont un peu « à l’arrache » ? C’est dur ou ça passe ?

Merci !

Un peu ?
Beaucoup même, souvent !

Vu d’ici tu sembles évoquer un rythme de vie relativement actif et tu n’es pas bien vieux, alors je ne vois pas trop la nécessité d’envisager un « entraînement » exprès (sauf si c’est un plaisir évidemment, vu qu’il n’y a que comme cela que je conçois le truc, perso…).

S’il n’y a pas d’enjeux en terme de vitesse d’ascension ou autre perf, concernant ta 2ème question, il me semble que cela sera peut être dur (mais n’est-ce pas aussi pour ça qu’on y va ?)…
Mais qu’il y a de fortes chances que ça passe !

Fais toi plaisir !

…et aussi pas mal de chances pour que ça casse ?!?

Disons qu’un peu de préparation permettra d’être plus disponible pour apprécier, pour réagir en cas de durcissement des conditions (froid, vent, galère imprévue…), pour doubler ceux qui sont pas entraînés…

Pour ma part, j’ai en mémoire deux parcours d’un même couloir d’Oisans : la version en forme en une heure, et au retour dans la vallée on va grimper… et la version « tout début de saison après deux mois de révision », en quatre heures, avec gros mal de crâne à la sortie, jambes en coton et Carine laisse-moi mourir là, tiens y a une crevasse, pousse-moi dedans qu’on en parle plus et surtout ne me parle plus jamais de montagne et c’est où Saint-Tropez…

Et puis quand Lulu dit qu’elle est pas entraînée… - Ça fait longtemps qu’t’as pas grimpé Lulu ? - Une éternité… la dernière fois c’était y a deux jours !

Bonjour hpierre.

Je ne me souviens plus trop de comment ça passait quand j’avais 30 ans (d’autant plus qu’à l’époque je travaillais en montagne et y passait beaucoup de temps à randonner) mais je me souviens de quand j’en avais 40 (et que j’étais revenue en idf). Je faisait parfois de l’alpi « à l’arrache »: ça passait sans problème pour la course mais ensuite bonjour les courbatures, à ne plus pouvoir marcher :slightly_frowning_face: )!
(Maintenant, à mon âge, je n’envisage même plus :wink:)

Donc oui, un « entrainement » type randonnées avec dénivelé une semaine ou 15 jours avant, ça arrange nettement les choses de ce point de vue. Pour la traversée du Pelvoux, la descente est très longue et c’est à la descente qu’on attrape des courbatures ou pire, des problèmes aux genoux. Et comme toi tu en as déjà…

P’tit’ étoile.

2 ou 3 longues randos à pied (>6h) et plusieurs sorties à vélo (au moins 50km) devraient bien améliorer ta condition physique.

Et surtout la descente de la trav du Pelvoux c’est sur la fin qu’il vaut mieux pas être trop rincé pour pas se vautrer sur les vires…

Un truc à prendre en compte aussi au delà de l’entrainement pur c’est l’altitude. C’est cool d’avoir passé un peu de temps en haut pour mieux profiter, surtout selon sa capacité de réaction à l’altitude.

Quant à la notion de sous entrainement à l’arrache de @Lulu002, elles n’est pas sur un référenciel de personne normalocentrique

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Ça m’est arrivé de faire des trucs à l’arrache comme par exemple le couloir whymper avec une simple randonnée de 400m de dénivelé l’avant veille. …un peu tiré la langue sur la fin du couloir ma ça a été ( j’avais vraiment peur de couler une bielle ) par contre pour des ascensions plus techniques ou plus longues, je fais quand même une petite remise en forme avant ( vélo, grimpet etc…)
Voilà pour moi ( ma limite donc très subjectif ) mais après, comme évoqué par d’autres c’est toujours mieux de se préparer un minimum histoire de profiter de l’ascension sans avoir l’impression d’avoir été au bout du rouleau pendant toute la course. …

Oui mais quel est ton vécu avant et ta connaissance de la réaction de ton corps à l’altitude? Et surtout quel était ton état de forme à ce moment là hors altitude.
On répond à quelqu’un qui parle de son deuxième stage après des débuts il y a un an. Lui dire vas y à l’arrache parce qu’on l’a fait un jour c’est un poil cavalier quand même.
Il peut tout aussi bien poser son MAM entre Puisieux et Durand juste parce qu’il habite à 12m de haut toute l’année, et ça serait dommage pour lui de pas profiter du Pelvoux par manque de préparation.

Salut.
J’ai toujours aimé les réactions un poil épidermique de certains membres sur c2c …
Lisez bien mon message : j’ai dit que ce n’était que mon expérience avec toute la subjectivité que cela induit. …
Mais vous avez sans doute raison : mon conseil n’est pas des plus pertinents

Ça n’a rien d’épidermique de ma part, je fais juste remarquer qu’on a globalement intérêt à faire attention sur un forum sur nos réponses (fussent elles valables dans certains cas et dans des limites précisées) faites à des gens qui n’ont pas forcément le recul pour analyser ces limites.
Même si tu parles d’arrache, quand on en arrive à envisager le Whymper « à l’arrache » on a je pense un certain vécu qui permet de connaitre les réactions de son corps à l’altitude et une habitude de gérer ce genre d’efforts qui peux beaucoup jouer sur notre (bonne) réaction à la prise subite d’altitude.
Ton exemple montre au moins qu’il ne faut pas dramatiser un manque de dispo pour une préparation à l’altitude avant. Le tout étant que ça ne soit pas interprété en « la prépa préalable ne sert à rien »

Une petite réflexion en réponse à hpierre.
Personnellement j’apprécie au delà de la réalisation, de prendre du plaisir dans ce que j’entreprends en montagne (alpi, escalade, ski rando). la préparation en rapport avec ce que l’on souhaite réaliser et donc importante. J’aime avoir une bonne marge de sécurité tant technique que physique. Au delà de l’aspect sécurité, l’aisance physique dans ce que l’on entreprend est un facteur essentiel, même si il faut à certain moments savoir puiser dans ses réserves et friser ses limites physiques. En conclusion la préparation physique n’est jamais à négliger, sinon adapter ses projets de sorties en rapport avec la forme du moment.

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Bonjour hpierre,
C’est difficile de te répondre, car on est tous différents et on n’a pas tous besoin du même entraînement. Réfléchis à ce que tu as déjà fait auparavant et qui y ressemble un peu question type d’effort (la traversée du Pelvoux, c’est surtout de la marche, même si c’est de l’alpinisme).
Si tu partais avec un ami, je te dirais: vas-y, et prévoyez une solution de repli si ça ne va pas. Là, il s’agit d’un stage. Si tu n’es pas en forme, tu risque de retarder tout le monde voire d’obliger l’organisateur à renoncer et à faire faire demi-tour au groupe. C’est quand même une responsabilité importante. Je te conseille de vraiment t’entraîner avant, ou de changer de stage.
Lucien

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salut hpierre
l avantage de l entrainement , c est que tu profites de ta journée
j ai fait une fois le Cervin avec un copain en partant le dimanche soir pour chamonix , puis le lundi pour le hornli apres 3 semaines de boulot pas physique§
un calvaire .completement mur au sommet avec une descente hyper dangereuse …
une autre fois le Whymper a été une balade apres un bon entrainement
tu profites quand meme mieux de l instant et t es plus safe apres l entrainement

Perso ce serait plus le manque d’acclimatation qui m’inquieterait. Quand j’ai fait la Barre on avait fait pic de Neige Cordier et Roche Faurio les deux jours précédents. Du coup à la Barre j’étais super bien aucun pb d’altitude.
Mais du coup si ton stage était sur 4 jours c’est peut-être aussi ce que vous aviez fait. Et peut-être que pour ton futur stage au Pelvoux un programme semblable est envisagé avec quelques sommets proches de 3500 avant?
A 30 ans l’entrainement oui c’est un plus certes mais à ces altitudes proches ou supérieures à 4000 c’est surtout l’acclimatation qui va être déterminante (pour des courses de ce niveau)
A mon avis et selon ma sensibilité à l’altitude qui est différente d’une personne à l’autre.

Merci pour vos nombreuses réponses !

C’est un peu ce que je me disais : la préparation permet d’être plus à l’aise et de mieux profiter. Je suis toujours surpris de ma réaction face aux efforts longs. Ca change complètement l’état d’esprit, c’est comme si la source d’énergie était ailleurs que dans la vie de tous les jours, vaut mieux y être préparé.

Pour être honnête j’avais prévu une rando de préparation avant le Pelvoux. Je voulais savoir si c’était fréquent de partir comme ça. Comme le stage est prévu sur 4 jours, je me dit qu’on peut se préparer les premiers jours sans commencer à fatiguer pour la grande course finale.

Concernant l’acclimatation, j’ai l’air d’y être assez sensible (un premier soir à 3200m par exemple me fait mal à la tête, et mon mental pendant la course peut être assez ralenti).
Pas facile de combiner cette passion naissante avec la vie loin des montagnes !

Yep ça commence à dater : au moins deux heures :wink: !

Après clairement, y a très souvent un moment de la course où j’me dis « mais pourquoi je m’impose ça ? », et il est au moins aussi fréquent qu’en arrivant à pas d’heure à la maison le dimanche soir j’me dise « plus jamais ça ».
Sauf qu’il y a encore plus de moments où je sais pourquoi j’y suis (parce que c’est boooon !), et, quelles que soient les réflexions du dimanche soir, le lundi matin suis collée à la météo pour envisager le trip suivant…

Ouf, merci de me rassurer, je prendrais presque l’inverse pour une insulte.

En même temps, il semble difficile d’établir une « norme » en la matière : clairement les fonctionnements sont trop individuels pour être « normés ».
Pour autant j’ai l’impression que nous savons tous que nous en baverons moins avec un peu « d’entraînement » (ou d’habitude dirais-je), sauf si celui-ci entraîne épuisement sans avoir pris le temps de récupérer.

Ce qui n’empêche pas que ça ne puisse pas sortir à l’arrach !
Mais sûrement pas avec le même plaisir en effet (peut être avec d’autres cependant, pour le côté maso…)

Ah j’avoue, mes poumons sur-encrassés sont trop sympas avec moi alors j’oublie toujours qu’on ne fête pas tous les 6000m (ou presque) en allumant une clope au sommet…

Hey c’est super joliment dit !
Dépend de ta « vie de tous les jours » ceci dit : si tu deviens accro à ces sensations, tu peux imaginer jouer à retrouver le même type de sources d’énergie pour ton quotidien, me semble-t-il…

Sûrement, mais tu sembles lucide sur le truc…
Et, qui sait, si la passion grandit, possible qu’elle vienne prendre le dessus sur d’autres choix de vie :wink: !

On appelle ça du masochisme, je crois. Sinon, il suffit de ne pas « t’imposer » et tout le monde sera content.

Cela ne te surprendra point : il m’importe peu que « tout le monde » soit content (c’est qui, un copain des « gens » :wink: ?), tant que moi, j’suis contente.

C’est façon de parler. Il ne faut pas prendre toute expression au pied de la lettre.
Par exemple, si tu dis « j’ai brûlé un feu rouge » personne ne s’imagine que tu es arrivée avec ton bidon de pétrole et ta boîte d’allumettes pour foutre le feu à cet appareil d’utilité publique.
Mais on digresse.