Alpinisme ou/et rando?

Posté en tant qu’invité par Marie Boespflug:

Quest-ce qui vous fait marcher ?
Pourquoi aimez-vous ou non l’alpinisme ? Le danger, la beauté des lieux, le vertige…
Comme je l’ai dit, j’ai essayé la « petite verte » et j’en redemande. Quand j’entend dire des hommes qu’ils ne font pas d’alpinisme, je me dit que pourtant ils sont plus forts que moi. Chaque décision se respecte et s’honore même.
Que vais-je découvrir après ? Vais-je me mettre à trembler devant le danger ou vais-je aimer ça ? A essayer en tout cas.

Marie

Posté en tant qu’invité par strider:

Alpinisme et Rando, même après le passage à la haute montagne , la rando ne perd pas son charme. c’est complémentaire, exemple aux Ecrins.

Marie Boespflug a écrit:

Que vais-je découvrir après ? Vais-je me mettre à trembler
devant le danger ou vais-je aimer ça ? A essayer en tout cas.

Marie

ben à mon avis tu vas connaître les deux , il vaut mieux aimer la haute montagne mais c’est utile de savoir avoir peur sinon c’est un peu inquiétant, non? Même les guides ont le vertige…les grands alpinistes aussi, Messner ou Destivelle ont eu des coups de vertiges alors que les parois c’est leur monde…Et puis l’émotion d’une arête aérienne ca va audelà du vertige…

Posté en tant qu’invité par Jean-Luc L’Hôtellier:

Marie Boespflug a écrit:

Pourquoi aimez-vous ou non l’alpinisme ? Le danger, la beauté
des lieux, le vertige…

Il y a quoi à voir en haute-montagne ? Des cailloux et de la glace ? On a tout l’hiver pour ça et la moyenne montagne est au moins 100 fois plus riche. Franchement, en haute montagne je m’emmerde et comme en plus il y a plein de contraintes (marcher avec des crampons et encordé, des horaires à tenir, etc…) je ne pense pas faire de haute montagne cette année alors que j’aurais toutes les occasion que je veux et je suis en montagne pour faire de la rando ou de l’escalade une centaine de jours par an.

Comme je l’ai dit, j’ai essayé la « petite verte » et j’en
redemande. Quand j’entend dire des hommes qu’ils ne font pas
d’alpinisme, je me dit que pourtant ils sont plus forts que
moi.

Je ne sais pas si c’est vrai mais ça n’a à mon avis aucun rapport.

Posté en tant qu’invité par MP2:

Entierement d’accord, et de plus quel foutoir dans les voies classiques faciles, surfréquentation, refuges bondés, c’est l’hiver que ça se passe mais il faut être skieur ET alpiniste… là est le problème

Posté en tant qu’invité par Jean-Luc L’Hôtellier:

MP2 a écrit:

mais il faut être skieur ET alpiniste… là est le problème

Je ne suis ni l’un ni l’autre, je faisais d’ailleurs bien plus de ski quand j’habitais Nantes que depuis que j’habite Annecy. Ces deux dernières années j’ai fait 1/2 journée de ski.

Posté en tant qu’invité par Marie Boespflug:

Jean-Luc L’Hôtellier a écrit :

Il y a quoi à voir en haute-montagne ? Des cailloux et de la
glace ? On a tout l’hiver pour ça et la moyenne montagne est au
moins 100 fois plus riche. Franchement, en haute montagne je
m’emmerde et comme en plus il y a plein de contraintes (marcher
avec des crampons et encordé, des horaires à tenir, etc…) je
ne pense pas faire de haute montagne cette année alors que
j’aurais toutes les occasion que je veux et je suis en montagne
pour faire de la rando ou de l’escalade une centaine de jours
par an.

En haute montagne :
Il y a la beauté, la grandeur, le froid.
Il y a ces longues arêtes, blanches immaculées et qui ne se donnent que si tu les mérites.
Il y a ces pics qui se dressent droits comme des flèches de cathédrales, flèches que la nature a façonné.
Il y a ces longs tracés qui me disent : monte et monte encore, là haut tu verras l’autre versant, la Suisse, l’Italie…
Il y a les étoiles que tu pourras caresser du bout des doigts quand ton guide t’aura laissé passé devant pour atteindre en premier l’incessible sommet.
Il y a le vent et le silence, le bruit de la neige lorsque tes pieds se posent scrupuleusement dans les traces de tes héros.
Il y a le dépassement de soi, l’étonnement.
Il y a tellement de choses à dire et les mots qui ne sortent pas.
Il y a l’humilité.

Marie

,

Posté en tant qu’invité par Marie Boespflug:

Bien sûr, certains diront que j’ai peu d’expérience et ils auront raison.
Mais j’ai ce sentiment de ne pas me tromper, cette sensation de ressentir ce que me décrivent dans leurs récits mes héros…
Cette « petite verte » qui me reste en bouche comme un long et voluptueux expresso italien et sa grande soeur la « Verte » qui m’appelle et me dit vient mais mérite moi car IL l’a dit : je ne me donne pas facilement. Beau défi. Non ?
J’aime énormément la moyenne montagne, pour pleins de bonnes raisons.
Mais la haute montagne, c’est plus fort, c’est indescriptible, c’est ennivrant…

Marie

Posté en tant qu’invité par Jean-Luc L’Hôtellier:

Marie Boespflug a écrit:

Tout ça à la Petite Verte :wink: ?

Sans rire, tout ça tu peux le trouver facilement en moyenne montagne.

Le sommet n’a qu’exceptionnellement été mon but même si parfois je pousse jusqu’en haut, disons tout au plus que le sommet devient un but quand je commence à avoir faim et que c’est là qu’on déjeune :wink:
Il n’y a actuellement aucun sommet de haute montagne qui m’attire vraiment, aucun ne m’attire non plus en moyenne montagne d’ailleurs mais ça ne veut pas dire que je suis blasé, j’ai plein de projets pour cet été, pour l’hiver prochain, pour plus tard. Ce qui m’intéresse c’est de faire de jolis itinéraires mais ça peut être simplement une petite boucle à 1500m.

Posté en tant qu’invité par Marie Boespflug:

Je suis d’accord avec toi, ça ne veut pas dire que tu es blasé. Tes inspirations sont ailleurs. L’important, c’est de les réaliser. Il faut toujours rêver et réaliser ses rêves. Au moins pour ceux qui le sont.
Oui, tout ça mais pas que dans la petite verte, aussi dans les écrits de Gaston Rébuffat, de Roger Frison-Roche puis d’autres plus jeunes, dans les photos de Pierre Terraz, de Mario Colonel et de ses récits.
Alors, la petite verte c’était comme regarder par la fenêtre et maintenant que j’ai aimé ce que j’y ai vu et ce que j’y ai donné, je vais pousser la porte.

Marie

Posté en tant qu’invité par clovis:

Moi c’est pour fuir notre chére societé, lorsque je franchis la barre des 2500 m, alors je decouvre un autre monde et ça ça fait vraiment du bien

Posté en tant qu’invité par clovis:

En haute montagne :
Il y a la beauté, la grandeur, le froid.
Il y a ces longues arêtes, blanches immaculées et qui ne se
donnent que si tu les mérites.
Il y a ces pics qui se dressent droits comme des flèches de
cathédrales, flèches que la nature a façonné.
Il y a ces longs tracés qui me disent : monte et monte encore,
là haut tu verras l’autre versant, la Suisse, l’Italie…
Il y a les étoiles que tu pourras caresser du bout des doigts
quand ton guide t’aura laissé passé devant pour atteindre en
premier l’incessible sommet.
Il y a le vent et le silence, le bruit de la neige lorsque tes
pieds se posent scrupuleusement dans les traces de tes héros.
Il y a le dépassement de soi, l’étonnement.
Il y a tellement de choses à dire et les mots qui ne sortent
pas.
Il y a l’humilité.

Marie

,

Comme c’est beau !!!

Posté en tant qu’invité par Jean-Luc L’Hôtellier:

Marie Boespflug a écrit:

Alors, la petite verte c’était comme regarder par la fenêtre et
maintenant que j’ai aimé ce que j’y ai vu et ce que j’y ai
donné, je vais pousser la porte.

Moi le peu que j’ai fait en haute montagne (pointe Isabella, Tondu, etc…) j’ai trouvé ça moins intéressant que ce que je fais en moyenne montagne donc j’ai arrêté.

Posté en tant qu’invité par J.Marc:

Je ne parlerai pas de la beauté des paysages de haute montagne : elle est tout simplement indescriptible, parce qu’inhumaine, anormale… elle semble prééxister à l’homme, ce qui est paradoxal pour la beauté, par essence même subjective… L’occasion unique de contempler le monde tel que l’homme ne l’aurait pas influencé.

Mais je vais aussi en haute montagne parce que la vue de ces cîmes, en apparence innaccessibles, est immédiatement une invitation à tenter l’impossible, à me surpasser, pour un instant me sentir fort, maître de la nature. Illusion je sais, mais sans doute est-ce là ma drogue.

Vivement juillet !

Posté en tant qu’invité par P’tit Bouchon:

« Qu’est-ce qui vous fait marcher ? »
Ben j’me le demande des fois…; y’à tellement de choses qui peuvent me faire marcher. Parfois contradictoires d’ailleurs! la recherche du silence, ou à l’inverse écouter les bruits de la montagne, le repos de l’esprit, le dépassement de soi, la recherche de nouveaux paysages, les moments inoubliables passés avec mes copains, s’échapper un moment de la vie urbaine, être au grand air…

Alpinisme ou rando, pourquoi vouloir comparer? Perso, j’adore les deux.
En alpi, ce qui m’attire, c’est la beauté des lieux, sans aucun doute, malgré une certaine hostilité du milieu, parfois. on se sent tout petit, sans défense, j’adore. Les moments intenses passés avec les amis de cordée aussi. Le danger surement pas. Je déteste me faire peur, je fais en sorte de ne pas atteindre mes limites et de réduire au maximum les risques qui peuvent être réduits. J’aime la sensation de fatigue (je ne suis pas maso pourtant) à la fin de la journée, le moment de la "question qui tue " (qui porte la corde et à quelle heure on se lève? :wink: la frénésie qui règne dans le refuge ou au bivouac avant le départ au petit matin, les lueurs des frontales dans la nuit, la concentration de la cordée à l’attaque des difficultés, le lever du soleil sur les montagnes… J’aime le sentiment de satisfaction quand on atteint notre objectif. Et l’impression d’avoir eu raison de renoncer quand on ne le sentait pas.

Mais j’adore aussi la moyenne montagne, l’insouciance que permet la randonnée pédestre. Laisser ton esprit vagabonder, pouvoir « buller », prendre son temps. Rêver à de nouveaux circuits, observer, toucher, sentir… Ce qui ne veut pas dire que rando=activité de mémé. Et le facteur « copains » toujours aussi présent. J’adore aussi les randos « alpines », pas vraiment de l’api, pas vraiment de la rando… fin en crampons, ou petite escalade facile pour atteindre le sommet.

La haute montagne n’est que le prolongement de la moyenne montagne, elle n’est pas différente elle est complémentaire. Le tout est magnifique, et procure des satisfactions multiples. Quelle que soit la pratique qui s’y déroule, le plaisir est immense.

Qu’est-ce qu’on peut écrire comme betises quand on est brutalement sevrée de montagne :frowning:

P’tit Bouchon

Posté en tant qu’invité par Mic’hel:

J’aurais écrit tout pareil!

Qu’est-ce qu’on peut écrire comme betises quand on est
brutalement sevrée de montagne :frowning:

Beuh, qu’est-ce qui t’est arrivée, P’tit Bouchon?

Posté en tant qu’invité par Marie Boespflug:

Si tu as écrit des bêtises, ce n’est pas dans ce joli message.

Marie

Posté en tant qu’invité par Marie Boespflug:

Jean-Luc L’Hôtellier a écrit:

MP2 a écrit:

mais il faut être skieur ET alpiniste… là est le problème

Je ne suis ni l’un ni l’autre, je faisais d’ailleurs bien plus
de ski quand j’habitais Nantes que depuis que j’habite Annecy.
Ces deux dernières années j’ai fait 1/2 journée de ski.

Je ne suis pas une skieuse exceptionnelle et une alpi très débutante.Mais comme il faut s’améliorer en vieillissant, je vais faire des progrès pour pouvoir aller encore plus haut. Et puis, de toute façon, j’ai deux mouflets qui me poussent derrière. Les poussins, ça motive bien ! Bon, si je tombe, que je reste handicapée, couchée inerte toute ma vie, j’aurai du mal à progresser. Ca mérite aussi d’y réfléchir. Et puis cette idée du risque, c’est un garde-fou, un rappel qu’il ne faut pas faire n’importe quoi.

Marie

Posté en tant qu’invité par Michel:

Très beau sujet, merci.

Faut il classifier, coder, hiérarchiser ? Alpinisme et/ou randonnée, comme si l’un et l’autre étaient exclusifs, comme si passer à l’alpinisme était franchir une frontière ; où est elle d’ailleurs cette frontière ? Toutes les courses d’alpinisme commencent par de la randonnée, sauf à démarrer en téléphérique (quelle horreur, mais c’est si pratique ! !).
La distinction entre alpinisme et randonnée peut être faite par les terrains d’évolution des guides (de hte montagne) et ceux des accompagnateurs en moyenne montagne. L’usage des crampons – piolet, de la corde, les parcours rocheux sont de l’alpinisme. C’est clair.
Dans nos évolutions quotidiennes, c’est un peu moins simple :

  • un tour du Mt Blanc, le célèbre circuit du randonneur en coupant par le glacier du Trient, col du tour et le glacier du tour : ça dépasse jamais les 25° mais il parait que ce n’est pas de la rando, c’est de l’alpinisme parce qu’il y a des crevasses.
  • la face Sud de l’aiguille du midi avec approche en rappel, c’est de l’escalade ; avec approche à pied en descendant l’arête, c’est de l’alpinisme !
    Pour peu que l’on soit un peu curieux, une randonnée emmènera toujours notre regard plus loin, vers des horizons plus lointains. Lorsque l’on programme, un tour de la Muzelle, comme il est tentant de démarrer par le GR pour revenir par la brèche d’Olan. Lors d’un passage par le col du clot des cavales, tout grimpeur sera tenté d’aller voir en haut du pic N si la vue n’y est pas plus large. Le Gioberney, la Gde Ruine, l’Ailefroide orientale, est ce vraiment de l’alpinisme ou une sorte de porte ouverte ! Maitriser quelque peu les techniques (rocher, neige, glace ), c’est s’ouvrir des horizons.
    Et puis, il y a la question des risques, sur lesquels le pire serait d’avoir un œil simplificateur et manichéen : la randonnée, ce peut être dangereux (ma pire expérience de chute de pierres a eu lieu sur un sentier balcon), l’alpinisme n’est pas seulement destiné aux casse cou. Il y d’ailleurs plus de victimes en randonnée qu’en alpinisme. Savoir être à sa place est la meilleure réponse et heureusement, la peur nous conseille souvent très bien, la pratique rend modeste sur ce qu’on sait.
    En randonnée comme en escalade, il y a ce qu’on aime, ce qui nous pousse et puis…. des choses que l’on cherche à éviter : pour moi, c’est les chutes de pierres (il y en a aussi en randonnée) et les départs à la frontale dans le rocher surtout s’il est froid, humide ou verglacé. Marcher la nuit oui, grimper c’est vraiment dur.

Bonnes ballades à tous,

Michel,

Posté en tant qu’invité par Marie Boespflug:

Très belle réponse qui apporte beaucoup de nouvelles réflexions. J’aime la notion de ccomplémentarité.

Marie

Posté en tant qu’invité par MP2:

Il est vrai qu’a 20 ans on pense a peu près pareil quand à ces rèves de cimes et d’arêtes, plus tard après bien des bavantes, on se dit que vu de la moyenne montagne toutes ces courses réalisées ou non ont une autre dimension, ce peut être aussi de ce côté une façon de faire de nouveaux projets, haute ou basse montagne, peu importe pourvu qu’on aime et tant mieux si c’est les deux…