En complément, voici le lien vers la présentation de l’étude complète (téléchargeable) : Fondation Petzl
Accidentologie des sports de montagne
Bon, et après ? 
Pour ceusses qui cherchent un intérêt à la méconnue, sous-estimée et sous-exploitée base SERAC :
Pour ceux qui n’auraient pas encore vu le dernier Vertical consacré à l’accidentologie :
https://snapec.org/vertical.numero.special.accidentologie-33900-53.php
Un article intéressant sur l’accidentologie dans les différents sports de montagne (p23-29), où le secours sont en progression constante. Le profil des secourus étant celui d’un homme, français, de plus de 50 ans, blessé suite à une glissade ou une chute, en rando non encadrée, par temps chaud et ensoleillé.
On retrouve dans la revue plusieurs questions régulièrement soulevées dans les forums c2c :
- l’interdiction des assureurs dynamiques en SAE, à cause du manque de vigilance des assureurs (p28),
- le problème des vices cachés des premières générations d’enrouleurs en SAE (p29),
- la communication au sein de la cordée (p33),
- le principe de sécurité par la redondance (p39),
- le problème de l’encordement sur le pontet (p42-43),
- les six nœuds à connaître (auxquels on aurait peut-être pu ajouter le nœud de mule), sans se faire trop de nœuds au cerveau avec d’autres nœuds inutilement compliqués (p45), les nœuds qui limitent le glissement (p46), y compris les noeuds de jonction (p50), avec un long développement comparatif sur la résistance des noeuds au glissement (p55),
- un historique sur l’European Death Knot (p58),
- et un article de Claude Rémy sur la corrosion de l’équipement en inox.
Enfin, pas vraiment convaincu par l’argument disant (p20) que l’escalade est moins misogyne parce qu’il y a de plus en plus de grimpeuses en quantité et en qualité. Ce n’est pas parce que les femmes sont majoritaires en nombre et aussi performantes que les hommes que la misogynie est inexistante…
bouaip… beaucoup d’approximations, contrevérités, raccourcis dans certains articles, je trouve.
Tu peux donner les exemples auxquels tu penses ?
Ça serait profitable à tous.
C’est le problème des portables ça. Avant ils crevaient sur place ou se débrouillaient pour ramper jusqu’au premier refuge.
Raccourcis:
p. 25, l’article semble imputer le nombre élevé de morts par chute au fait que les personnes n’étaitent pas encordées. Mais on ne sait rien des circonstances des accidents. Il y a des circonstances où il vaut mieux ne pas progresser encordé (et ce n’est pas si rare, contrairement à ce que dit l’article), typiquement en pente de neige raide sans possibilité d’assurage. Y’a eu une discussion à ce sujet sur le forum récemment.
Approximation:
p. 32 Il ne faut jamais s’attacher sur une succession de dégaine.
Soit, si on met des dégaines bout à bout, il y a un risque de déclipage. Mais il aurait été bien de donner la bonne méthode pour le faire, qui est de cliper la dégaine du bas directement dans le dogbone de la précédente
Erreur: p. 32 toujours
grand principe de base, jamais matière sur matière !
Ok, mais alors ça va être compliqué de s’encorder. La corde est bien passée dans les points d’encordement, et non dans un mousqueton pour changer de matière.
Egalement se cliper avec un mousqueton acier sur un maillon acier, je vois pas le problème.
Hop, à la poubelle le grand principe de base.
L’erreur à ne pas commettre est évidemment de ne pas faire frotter la corde contre une sangle ou un ficelou.
Toujours p. 32, le conseil de ne pas fixer sa longe sur le pontet est étrange, et le conseil des fabricants de mettre sa longe sur le pontet serait une « mode ».
Je ne pense pas que les fabricants prendraient un risque à ce niveau. Il peut y avoir un soucis si la longe est fixée sur les 2 points d’encordement (les 2 points sont collés et le baudrier peut ne pas fonctionner correctement selon son design et son centre de gravité).
Y’a aussi eu un topic récemment à ce sujet sur le forum.
Approximation (p. 46): attention à ce calcul simpliste qui veut qu’en doublant une sangle au multiplie par 2 sa résistance. Les tests de Hownot2 ont montré que c’était faux.

Approximation, p. 40, pour les norme de résistance de mousqueton
« La norme » (laquelle ?) serait 2200 kg pour le grand axe et 700 kg doigt ouvert, 800 kg dans le petit axe.
Je passe sur l’usage de kg au lieu de kN (peut-être est-ce plus clair pour certains), mais « la norme » EN 12275 a plusieurs valeurs selon les type de mousquetons (D, oval, HMS ect…).
La résistance pour le grand axe par exemple, va de 18 à 25 kN (selon le type de mouskif).
Le plus important selon moi c’est que de tout ce que tu as cité et qui est effectivement (très) approximatif dans l’article, il n’y a rien qui soit une cause majeur d’accident.
En tout cas rien comparé à la prise de décision, lecture du terrain, gestion des situation etc etc et c’est pour moi le point important à travailler (pour tout le monde) en accidentologie.
C’est pas bien de dire ca mais au final beaucoup de bonnes pratiques sont du « chipotage » (pas toutes bien sur) et sont en compléments de tout le reste : dans 95% des cas t’as plus de risque d’envoyer une pierre sur le/la copin(e) que de declipper une dégaine mise en double.
Dans le meme cas :
Qu’en est t’il des accidents dues aux personnes encordées alors que cela rend la pratique plus dangereuse (on voit souvent du « solo à deux », plus de chute de pierre etc).
Pareil pour les sangles, j’aimerais connaitre le nombre d’accident dues à une rupture de sangle en tête d’alouette, 11kN c’est moins mais la plupart des Friends sont dans ces eaux la et ca pose problème à personne (et le tir qui met 11kN sur l’ancrage faut aller le mettre)
11 kN ça peut être limite sur un ancrage (ça peut faire 7 kN sur le bonhomme, ce qui à la rigueur peut être atteint). Mais faut voir dans quelles conditions on atteint 11 kN. Sur le dessin ci-dessus, tête d’alouette sur une barre, une sangle donne plus.
11 kN c’est plutôt si on fait une tête d’alouette sangle sur sangle (ce qu’on fait en général pas) ou si on fait une tête d’alouette sur une plaquette (ce qu’on fait en général pas, ou alors on double).
C’est encore un raccourci simpliste de dire qu’un noeud sur une sangle va diminuer sa résistance par 2.
Voir les nombreux tests Hownot2.
(dans certains cas ça peut arriver. Même par plus que 2).

Dans le cas typique d’une tête d’alouette en point central (photo ci-dessous), la résistance sera supérieure à 25 kN, soit supérieur à la résistance des mousquetons alu (autour des 20-22 kN), ou même de la corde en simple (vers les 11-14 kN).

Ouais, j’ai souvent entendu ça et ça m’a toujours laissé perplexe, je ne vois pas l’intérêt pédagogique d’un « principe de base » qui va être faux 1 fois sur 2… Il vaut mieux expliquer : attention aux frottements textile sur textile, attention aux porte-à-faux.
Je suis complètement d’accord.
Peut-être que certains croient que d’autres n’ont pas la capacité de réfléchir et ne se fient qu’à des principes de base « il faut faire comme ci et pas comme ça » ? Ca me semble contreproductif, la prise de conscience du risque et la capacité à l’évaluer me semble préférable…
Merci pour ta réponse détaillée, même si je ne suis pas totalement d’accord avec certains arguments. 
Bien sûr, les moments où on peut ne pas s’encorder existent, on en a suffisamment parlé sur ce forum, mais le titre de cet article est « Règles et consignes de base », s’adressant visiblement plus aux débutants qu’aux montagnards confirmés.
Ce n’est pas l’article qui le dit, mais les secours helvétiques qui sont cités :
« Dès la mi-août, c’est le point que soulèveront les secouristes helvétiques qui dresseront un bilan alarmiste, signalant qu’aucun des 13 décédés du mois écoulé (mi-juillet à mi-août) n’était encordé, même s’ils progressaient au sein d’un groupe. Ce chiffre continua d’ailleurs d’évoluer dans les semaines suivantes… »
L’article critique non pas l’absence d’encordement en général, mais surtout le fait que ne pas être encordé semble devenir
« une méthode de progression à la mode »
Et c’est un guide suisse local qui est cité pour son étonnement
" de croiser 50 à 60 personnes évoluant seules"
sur le Lagginhorn, lieu de tragédies récentes.
Ce n’est pas vraiment une approximation, puisque tu reconnais que ce qui est dit est juste. Et en plus il y a une photo où on montre en quoi consiste le risque de clipage.
Peut-être l’article s’adresse-t-il moins à ceux qui doivent rallonger les dégaines dans les gros dévers ou sur des points mal placés et que ça dépasse simplement le niveau de pratique auquel l’auteur de l’article s’adresse (l’article se nomme « Règles et consignes de base »). Ce conseil est encadré de deux autres conseils, encore plus « basiques » : savoir qu’il faut bien ranger ses dégaines sur le baudrier et qu’il faut passer la corde dans une dégaine en tenant compte du sens de la progression, soit ce qu’on apprend lors d’une première initiation. En laissant les manips plus délicates pour un apprentissage ultérieur accompagné. 
Les exemples qui sont explicitement donnés sont le rappel sur une corde/sangle et la longe trop longtemps à demeure sur le pontet.
Sur l’encordement, la revue rappelle ce dicton (qui a bien sûr ses limites) après avoir cité plusieurs ruptures de pontets sous le simple poids de l’utilisateur et pour insister explicitement sur le point important de l’article : le principe de redondance (c’est le titre de l’article) en demandant de réserver le matériel textile (corde, longe, daisy chain) aux deux passants d’encordement, et jamais au seul pontet, ainsi qu’il est d’usage dans la pratique nord-américaine (p43).
Le magazine a été retiré des ventes internet et numériques car certaines vérités (principalement que le matériel n’était jamais fiable à 100% et que des institutions - UIIA entre autres - étaient trop laxistes quant à leur certification - article de Claude Remy) n’ont pas plu à des fabricants et évidemment à l’UIAA… L’éditeur a donc fait le choix de privilégier ses (rares) annonceurs au lieu de se caper du rôle de lanceur d’alerte envers la communauté.
Il s’avère que l’article de Remy pointait principalement du doigt une marque grecque (mais pas que elle, une anglaise et une espagnole aussi) de matériel d’équipement. Ce texte avait été écrit plusieurs mois avant sa sortie dans Vertical et l’UIIA (sans aucun doute au courant de la publication à venir du 18/10/2025) s’est empressé d’émettre une alerte (le 26/09/2025) sur la dangerosité de ces produits précis alors que depuis des années les frères Remy mettaient en garde sans être particulièrement écoutés. L’accident mortel à Kalymnos 6 mois plus tard (mars 2026 et la fermeture immédiate de nombreux secteurs) a malheureusement donné raison au fond de l’article très documenté du magazine (même si, à priori, il ne s’agissait pas de produits de cette marque précise).
Un autre article alertait également sur la mode actuelle, favorisée par les instructions de TOUS les fabricants, de fixer TOUS nos équipements de sécurité (enfin de survie…) sur le pontet : descendeur, longe ET SURTOUT la contre-assurance en rappel !
L’article mentionnait cette totale hérésie allant à l’encontre du principe fondamental de redondance que l’on apprend dès nos débuts en escalade tout en exposant des cas précis de rupture de pontet après plusieurs accidents consécutifs en canyon sur des monopoints d’assurage (= pontet) sur du matériel datant que de 3/4 ans, certes bien utilisé et pas entretenu correctement mais bon… Au final les tests de l’ENSA ont démontré que ces baudriers n’étaient qu’à 13 % de la résistance de certification donc pas étonnant qu’ils aient cassé sous le simple poids du pratiquant ! Par une chance incroyable, il n’y a eu aucune chute importante et, dans les trois cas, cela s’est soldé par une belle frayeur.
Un autre cas revient sur la rupture d’une sangle par un pratiquant individuel en canyon également qui, la veille avait effectué des grands rappels avec ce même matériel…
Et de rappeler la préconisation des professionnels nord-américains qui considèrent que l’on ne fixe sur le pontet QUE DU MÉTAL (mousqueton assureur-descendeur) et que TOUT ce qui est textile (corde évidemment mais longe, daisy-chain, contre-assurage…) va sur les deux points d’encordement.
L’explication tordue de certains fabricants mentionnant que « Ce n’est pas confort » est plutôt stupide face à la prise de risque de confier sa vie un minuscule anneau de sangle et de souligner que, dans quelques années, quand les pontets auront été bien sollicités (mais pas que puisqu’il est prouvé un vieillissement accéléré des fibres simplement par les UV) il y aura immanquablement des accidents par rupture (cas connu de Todd Skinner qui a sûrement influé dans les nouvelles consignes nord-américaines). Reste à savoir si la justice ne se retournera alors pas vers les fabricants qui auront ouvertement conseillé aux pratiquants ce type de montage totalement aberrant concernant notre sécurité individuelle ?
On peut d’ailleurs se reporter à de nombreuses discussions sur ce forum concernant les doutes de quasiment tout le monde sur la réelle solidité du pontet…
Il était également exposé les nombreux cas de malfaçons à la fabrication (cas des longes de via ferrata/cf accident à celle de Grenoble) rappelant que l’UIAA procède à une dizaine de rappels de produits chaque année (tous les fabricants étant concernés, le dernier en date étant Simond avec ses mousquetons défectueux vendus depuis 4 ans…).
Tout cela pour bien rappeler que nos équipements ne sont donc pas fiables à 100 % !
Dans ce cadre de la redondance, était également exposée la problématique de se retrouver pendu sur un seul maillon au relais - moulinette ou rappel - alors que tout le reste de la chaîne d’assurage est doublée… Cela concernant les montages de relais en Europe alors que la plupart des relais en Amérique du nord sont construit à base de 2 points, 2 chaînes et 2 maillons distincts, ce qui apparaît comme nettement plus logique pour la continuité de la redondance.
Plusieurs sites internet ont présenté le magazine dont celui ci : https://sportescalade.com/vertical-n103-le-dossier-securite-indispensable-octobre-novembre-2025/
et une partie de l’article de Claude Remy est disponible ici : https://sportescalade.com/problemes-de-spits/
_Ya quellques années, les magazines relayaient l’avis des fabricants comme quoi la sécurité du pontet est absolue car c’est une double sangles cousue, et donc l’élement le plus costaud du baudrier. Pas totalement faux mais …
_ La fragilisation du baudrier en canyon, j’ai lu, j’ai pas tout compris, j’ai pas vu de mesures correctives et donc ça fait un peu peur.
_ La fausse redondance des relais moulinettes : 2 ancrages reliés par une chaine et un anneau double , c’est pas logique. Tout sur une seule soudure bof. Même si c’est pas la même problématique, quand on voit les problèmes de soudure en nucléaire…
Je crois que la ffme préconise depuis 2012 au moins le relais faussement redondant…
2 ancrages avec chacun 1 maillon (remplaçable) , ça demande ( à peine) un peu plus de manip au relais, mais ça c’est 100% redondant.
Et a priori moins cher
J’ai vu passer des photos de baudards ayant lâché en canyon, c’etait du matos preté par des pros. Ils etaient completement rincés.Rien d’etonnat à ce qu’ils lachent
Et aussi moins chiant à poser.
Le problème des soudures est que quand elles sont pourries ou que c’est pas le bon inox qui est utilisé (on a vu que c’était pas si rare), c’est tout la série qui est touchée.
Donc en mettre 2 (du même modèle / lot) ne change pas grand chose. Il faudrait en mettre 2 de deux frabricants différents. Là tomber sur deux trucs pourris en même temps serait vraiment pas de chance.
Bonjour la responsabilité si c’était pour leur client !
Oui, en canyoning c’est plutôt logique.
Évidemment c’est le discours des fabricants, sûrs d’eux car passé en laboratoire. Ce qui n’est qu’une infime partie des cas à l’utilisation réelle. Il est évidemment impossible de tout reconstituer artificiellement mais une fois que les 3 tests sont faits (dans les configurations les plus idéales, grand axe, petit axe, doigt ouvert) c’est considéré comme fiable. Voir le cas des 10 HMS déconseillés d’emploi en Espagne car perdant 60% de résistance dès que ca ne tire pas dans le grand axe, ce qui pour un HMS (enfin les anciens car depuis tous les fabricants ont discrètement modifiées les formes) est très souvent le cas ou encore les mousquetons de via ferrata testés en porte-à-faux alors que les « normaux » ne le sont pas (cf divers cassage de mousquetons en escalade).
Pour les baudriers de canyon, effectivement usage pro intensif (enfin intensif pendant 2 ou 3 mois… donc pas 365 sur 365) et séchage au soleil mais n’ayant que 3 à 4 ans d’ancienneté… Ca c’est plus problématique. Et trois coup sur coup, dans 3 sites différents, ça doit poser question sur la réelle solidité du mono-point d’encordement donc potentiellement + résistant qu’un pontet. Et ils ont cassé net sous 60/80 kg, sans choc.