Un Dôme… (poème en prose)
Une neige onduleuse et caline se dorait comme de la soie aux voluptueuses radiations de l’automne. Un vent sans poids venait caresser ses cheveux luisants, comme l’effleurement délicat d’une plume duveteuse sur une joue d’ange. Sa nuque avait la pureté lumineuse d’un îlot immaculé, rivage épargné des tempêtes et des marées noires.
Cette nuque soyeuse…Quelques rêveries cotoneuses me saisirrent. Je vis une grande étendue blanche, épaule d’un dôme à la rondeur enveloppante. La lumière rasante dessinait de grandes vagues argentées. Une mer de cristaux de neige flottants, comme des petites torches scintillantes perdues dans un univers infini, comme le firmament d’une nuit transparente à la Voie Lactée. Au loin, il y avait cette nuque aux corniches étincelantes, ornées de draperies fines… . Puis il y avait ce sein, posé comme un temple au coeur d’un désert.Sa forme caressante, à la rotondité exquise, était une promesse de temps heureux et sereins.
Dans cette immensité blanche, les pas n’étaient pas un affront à la terre. Ils ne faisaient que frotter les cristaux, crisser, s’unifier dans un champ d’énergie positive. Une fée était devant moi.Sa nuque brillait devant le grand vide céleste d’un bleu azuréen.Elle flottait inlassablement sur l’horizon de cristaux argentées.
Le sein devenait plus proche. Sa lumière réfléchie me guidait le chemin. Vint l’instant de la tendresse. Effleurer du bout des doigts ce dôme immaculé, gravir ce sein de glace aux entrailles vibrantes. Venir toucher conquérant le pointement sommital. Ilôt sombre dans une rondeur blanche. Roche tactile fièrement posée au bout du monde.
Au bout du monde…A mes pieds, n’était qu’une immensité de spectres. De vastes étendues de cotons flottants, animés par quelques courants, en un cortège silencieux, se perdant à l’horizon dans le gouffre de l’infini. La mer de nuage emporta mon esprit dans un monde sans poids. Effleurer, des coussinets rosés de tes pieds d’ange, l’auréole nacrée des nuées, laisser tournoyer tes délicates chevilles à l’onde frêle des vapeurs…Ô fée des sommets, guide-moi, emporte-moi dans la pureté d’opale de tes tendres seins.
NB