Solidarité en montagne

Posté en tant qu’invité par ddda47:

Le week-end dernier je me suis fais emporter par une plaque dans un couloir dans le val d’aran. Nous n’etions que deux car les deux autres au départ avaient fait demi-tour peu de temps auparavant pour diverses raisons (fatigue et impératif temps). Hors c’est eux qui avaient les téléphones. Mon ami a perdu un ski et il avait tres mal au genoux. Comme j’avais encore mes skis je suis descendu avec une plaie au genoux sans trop la regarder. (14 points et un hématome). Bref en arrivant sur la rive d’un lac j’apperçois sur l’autre rive environ 50 m au dessus deux groupes de 7/8 randonneurs (raquettes ?). J’ai eu beau appeler, faire des signes avec mes batons personne n’est venu me voir alors qu’ils s’étaient arrêtés. Au bout de deux minutes j’ai repris ma descente car mon copain était seul la haut. Un peu plus tard alors que je traversais le lac j’ai aperçu un skieur français avec qui j’ai discuté à moindre distance. Dès que j’ai continué pour ne pas rester sur le lac il a repris sa progression. J’ai finalement croisé un groupe de raquetteurs espagnols qui a donné l’alerte.
Inutile de préciser que nous allons tirer de bonnes leçons de nos erreurs par contre j’ai été abasourdi de voir l’absence totale de solidarité des groupes croisés.
Que ce passe t-il?
Didier

Posté en tant qu’invité par flo:

C’ est vrai que c’ est impressionnant, même si on entend dire partout que personne n’ intervient quand quelqu’ un a un problème. Je suis peut-être crédule, mais je pense que tu n’ as pas eu de chance et que c’ est quand même assez rare que personne ne bouge quand il y a eu un accident en montagne. Ne serait-ce que prévenir les secours, tout le monde peut le faire.
En tout cas c’ est grave et crétin de la part de ces personnes, qui seront peut-être victimes de ce genre de situation un jour.

Posté en tant qu’invité par thomas2:

c’est peut être simplement un problème de communication. Merci de nous donner ton temoignage concernant l’avalanche ca peut toujours nous servir.

Posté en tant qu’invité par ddda47:

Nous etions en versant nord dans un couloir qui se redresse bien au final pour déboucher à un col. Il n’y avait pas de sous-couche, sans doute un peu de neige ventée recouverte par une couche tombée sans vent avec une bonne cohésion apparente.
On s’est senti « en sécurité » car il n’y avait pas plus de 40 cm de neige.
Le problème est que ce couloir ne voit pas le soleil avant février donc il y a peu de cohésion et de toute façon la pente est un peu trop raide à la sortie. On s’est sans doute aussi moins méfiez car mon copain avait déjà fait ce couloir l’an dernier …

Enfin restons humble et méfiant. Bon ski,

Didier

Posté en tant qu’invité par pierre:

Un seul mot résume la situation: lamentable.

Je pense aussi que tu n’as pas eu de chance car l’année dernière avec d’autres personnes que je connaissais pas nous sommes intervenus lors d’un accident.

Quand je lis certaines interventions sur les forums j’ai parfois un peu mal au coeur.

Pierre.

Posté en tant qu’invité par Joh:

Il est vraiment dommage de constater que les gens de la montagne ne sont que le reflets de la société en général… J’osais croire que les amants de la nature… aimaient aussi l’ Homme… et pouvaient être davantage conscients de notre vulnérabilité face aux éléments naturels… par conséquent enclin à porter secours à autrui…

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par Francois:

Certes, mais je ne vois pas pourquoi le fait de quitter ta voiture et de chausser tes skis ferait de toi un homme différent, comme ça, d’un coup de baguette magique.

Posté en tant qu’invité par Joh:

Justement, ce n’est pas le fait de sortir de sa voiture qui peut changer notre façon de penser… mais plutôt la raison pour laquelle on la quitte… si on veut se perdre en montagne pour fuir… on ne veut certainement pas s’embêter à se rapprocher d’autres humains… surtout s’ils sont dans le pétrin !..

j’espère sincèrement que ce type de gens ne représente tout de même pas la majorité des montagnards !!!

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par Meteo France:

As-tu ou peux-tu faire un récit plus détaillé de ton pépin, date, heure lieu très précis. Même a posteriori cela nous aide pour mieux comprendre les pièges de la montagne (nivo31@meteo.fr, nivo65@meteo.fr)
Les BRA et par conséquent les affreux qui t’ont lamentablement lâché pourront en profiter. Par contre coup de chapeau pour toi, avec ton genou en vrac mais à te lire on se demande si tu as su faire passer le message, tu es toujours resté loin des gens.

JLM

Posté en tant qu’invité par Michel:

Salut,

Ne pensez vous pas qu’il est un peu rapide de parler de crétins et de situation abomiables? Je ne mets en rien en cause le témoignage de dda47, mais comme l’a précisé une personne, ne s’agirait il pas d’un problème de communication? du fait que les personnes n’aient pas compris que tu avais besoin d’aide? Dans un cas comme celui-ci, ne faut il pas aller physiquement vers les personnes, insister? Sur un groupe de 7 personnes, il me parait assez biizarre qu’il n’y en ait pas au moins une de coopérative…

ciao

Mitch

Posté en tant qu’invité par gaston:

j’ai également l’impression que ddda47 n’a pas réussi à faire comprendre aux gens qu’il a croisé, de loin, qu’il avait besoin d’aide.

Posté en tant qu’invité par Francois:

A tout hasard, je rappelle à ceux qui l’auraient oublié (ou j’apprends à ceux qui ne le sauraient pas) qu’il existe un moyen simple et non ambigu de demander du secours (moyen qui, il est vrai, est tombé un peu en désuétude avec l’apparition du portable mais qui est toujours valable): il s’agit des 6 coups par minutes.
Par exemple:
6 coups de sifflets par minute, ou
6 éclats de lampe par minute, ou
6 cris par minutes, ou
agiter 6 fois une étoffe voyante etc…

Posté en tant qu’invité par gaston:

et il y a les bras en V au dessus de la tête

Posté en tant qu’invité par ben:

pensez au sifflet, indispensable

Posté en tant qu’invité par Francois:

gaston a écrit:

et il y a les bras en V au dessus de la tête

Les bras en V, c’est pour l’hélico.
Un signal de secours doit être efficace et non ambigu.

Posté en tant qu’invité par mai:

merci pour l’info

Posté en tant qu’invité par Astiaou:

Je croyais que les bras en V c’était pou faire le Yes avec le reste du corps, YES pour OUI, je nécessite des secours

Posté en tant qu’invité par ddda47:

L’accident s’est passé proche du domaine de Baqueira Beret dans le cirque de Baciver le dimanche à 12H. Pour être plus exact dans le couloir qui permet d’accéder au col au pied du Tuc de Llanca. C’est en versant nord. Le temsp était froid les jours précédents donc favorable à la formation de gobelets. Il avait neigé 36 H avant donc les gobelets etaient recouverts de particules reconnaissables je pense. Celles-ci nous ont donné l’impression que cela tenait bien. Le baton ne s’enfonçait pas en montant et je n’avais pas ressenti de petit tassement/grisou comme cela arrive parfois sur une plaque.
Je serai désormais beaucoup plus méfiant en début de saison sur ces pentes nord qui ne voient pas le soleil!

Par rapport aux divers commentaires concernant les gens que j’ai croisé. Il y a certainement du vrai lorsque certains parlent de comprehension puisque cette région est à la fois trés fréquenté par les français et les espagnols. J’ai parlé en espagnol en utilisant peu de mots (avalancha, telefono, ayuda, a l’aide) pour que ce ne soit pas confus et en criant assez fort pour bien faire comprendre qu’il y avait un problème. Je faisais également des grands signes avec mes batons. C’est vrai qu’un sifflet aurait été utile et je vais m’en procurer un.
De toute façon certains m’ont bien entendu car ils s’etaient arretés. Ils auraient pu envoyer une personne pour vérifier ce qui se passait. Dans un groupe il y a toujours 3 ou 4 personnes qui ne sont pas genés de faire 50 m de dénivelé de plus!
J’espère qu’ils ont repensé à tout cela en voyant/entendant l’helicoptère un quart d’heure aprés. Heureusement que mon copain n’etait pas enseveli (sinon je ne serai pas parti, j’aurai fait les recherches) mais vous savez comme moi que le premier quart d’heure est primordial à la suite d’une avalanche.
Nous nous remettons doucement de nos blessures et mon copain attend le 4 janvier pour passer un IRM du genoux mais encore plus qu’avant nous nous rendons compte de l’importance de la solidarité en montagne.
Bonnes fêtes et merci pour vos réactions. Didier

Posté en tant qu’invité par Igal:

C’est aussi une question de chance. J’en ai eu lors d’une luxation de l’épaule dans un couloir. Nous avons croisé 2 randonneurs qui mon « porté » en bas du couloir. Ensuite, un autre randonneur qui montait, a tout de suite enlevé ses peaux pour descendre au refuge afin de donner l’alerte. J’ai été gâté par la communauté montagnarde qui s’est montrée volontaire et efficace. C’était en 1997. Est-ce que les temps changent?

Posté en tant qu’invité par swissdahu:

Hello, je trouve effectivement incroyable que personne ne se soit soucier de savoir si il y avait un problème ou non …!!!

Mis a part celà, un petit détail que parfois on a tendance à oublier dans le calcul du risque d’avalanche :

ddda47 a écrit:

On s’est senti « en sécurité » car il n’y avait pas plus de 40 cm
de neige.

Une faible quantité de neige (surtout quand il n’y pas de fond ou un fond de gobelet) est potentiellement plus dangereuse qu’un manteau de neige (stabilisé !!) plus épais.
le poid d’une personne sera plus lourd sur 1 m3 de neige que sur 10m3 de neige.
Ont a tendance à se sentir rassurer quand il y a peu de neige mais si on compare avec un manteau épais stabilisé un manteau fin est plus dangereux …
Bien entendu si le manteau est épais et pas stabiliser (neige fraîche et/ou souffleé) cette théorie n’est pas valable !!!

Sans vouloir « jouer » au expert car je suis loin d’en être un j’espère que ce petit rappel nous aidera à pratiquer notre sport préfféré sans accident.

Bon ride à tous
Swissdahu