Se doper le mental?

Posté en tant qu’invité par Christine:

Vaste sujet que la question du mental dans notre activité favorite, n’est-ce pas ?
Mon problème : avoir du mal à « y croire ». Il en résulte un manque de de hardiesse et de combattivité. J’ai beau le savoir… on ne se refait pas. J’ai une peur modérée (j’accepte normalement le vol) : il s’agit plutôt de croire que je peux tenter telle voie, que je peux passer tel pas, etc. Il m’arrive d’ailleurs de lâcher (et de voler) sans même avoir vraiment tout tenter pour passer un pas qui me semble dur.
Plusieurs professionnels (BE, guides) qui m’ont vue grimper ont fait très vite le même diagnostic : manque de confiance en soi.
Quelle est votre expérience, avez-vous des conseils d’entraînement, des techniques à pratiquer ?
Ca se soigne, à votre avis :slight_smile: ? Merci.

Posté en tant qu’invité par Alexandre:

faire du bloc donne une bonne confiance en soi, avec bien sûr de bon tapis en-dessous…
j’ai un ami qui a une sorte de vertige, et progressivement il se met à faire des voies en tête, néanmoins quand le pas lui semble aléatoire, il demande de le bloquer…
quant à moi, c’est surtout le fait d’avoir un assureur compétent en-dessous qui me donne confiance, résultat ça m’arrive de faire un vol « à vide » et volontaire après la 2ème dégaîne pour tester l’assureur…pour certains la « banalisation » du vol aide à prendre confiance, pas de solution miracle, mais du cas par cas (très politiquement correct ce que je dis ;o))

Alexandre

Posté en tant qu’invité par Dom:

Après réflexion, je vois une différence importante entre « confiance en soi » et « mental ».
Je lie la confiance en soi à l’estimation que l’on se fait de sa capacité à sortir honorablement d’une difficulté, quelqu’elle soit; les moyens que décrit Alexandre permettent de la travailler avec le support de personnes extérieures à soi. Je traduirais cela par « je peux le faire ».
Je lie par contre le mental à la faculté de se concentrer sur une chose au point de s’abstraire de l’influence de tout élément pouvant perturber le ressenti que l’on a de cette chose. Il me semble que cela se travaille plutôt par des techniques de concentration, de respiration, etc … je dirais que cela correspond à « je le fais ».

Posté en tant qu’invité par joel:

voila un sujet très intéressant .Je te conseille de faire un peu de blocs en salle ,cela t’aideras et te donneras de la confiance en toi.les émotions sont en fait trés personnelles en ce sens qu’elles varient suivant les personnes, les jours, les voies,les lieux, et qu’il faut apprendre à gérer ses émotions .
Une petite réserve physique te permettras de te sortir d’un mauvais pas; c’est pour cela que l’escalade en salle te fera du bien .Ce n’est pas tout et la grimpe en falaise s’apprends.Tu as pris un bon chemin ,le chemin du developpement de la confiance entre autre par l’escalade et tu verras c’est une méthode difficile mais efficasse à tous les points de vue dans la vie courante .Sois patiente et tu verras… tu deviendras plus serreine et plus riche de ta vie

Posté en tant qu’invité par philippe:

Vaste sujet en effet. Pour ma part, je fais la différence entre théorie et pratique. La théorie me sert à prendre de la distance avec un mental pas toujours au top. Dans ces allers-retours j’arrive à trouver aussi beaucoup de motivation. Mouais ???

Posté en tant qu’invité par Christine:

tu verras c’est une méthode difficile mais efficasse à tous
les points de vue dans la vie courante
Absolument d’accord sur cette constation, qui rend d’ailleurs l’escalade fascinante car au-delà d’une pratique sportive, d’un hobby, on y apprend tellement sur soi… C’est tout un cheminement intérieur. J’ai commencé il y a un an et je constate déjà quelques effets « hors grimpe » (dans le travail, la vie quotidienne, les relations privées, etc).
les émotions sont en fait trés personnelles en ce sens
qu’elles varient suivant les personnes, les jours, les
voies,les lieux
Ah oui, ça on peut dire que ça fluctue. Je pense que pour les apprivoiser, il faut être un peu patient et accumuler une expérience que je n’ai pas encore, surtout quand on est un peu vulnérable sur ce point.

Posté en tant qu’invité par Christine:

Intéressant. Et sur le second point, que connais-tu comme exercices pour la concentration, le souffle ?
En ce moment, je m’astreins à grimper presque exclusivement en tête pour améliorer la concentration, justement. Ca semble produire de bons effets. Il faut sans doute que je patiente un peu. C’est dur, d’être patient(e) :slight_smile:

Posté en tant qu’invité par Christine:

Une petite réserve physique te permettras de te sortir d’un
mauvais pas
Très juste ; je n’avais pas pensé à cet aspect de la question. Bon, il faut que je m’astreigne à faire du pan. Pour l’instant j’ai horreur de ça. J’y prendrai peut-être goût quand j’aurai un peu plus de muscles :wink:

Je pense que la conclusion, c’est : patience et expérience.
Merci à tous.

N’hésitez pas à poursuivre ce débat sur les aspects psychologiques de la grimpe : les points forts et points faibles varient selon les personnes et ce serait surement intéressant d’échanger les expériences, les parcours, les tuyaux, les techniques.

Posté en tant qu’invité par Chloé:

Quel niveau as-tu christine?

Posté en tant qu’invité par claudine:

En SAE, grimper avec une tres bonne bande de copains… J’avais un peu le meme probleme, mais j’ai trouve un groupe de grimpeurs vraiment sympas qui m’encouragent enormement. Il y a des gens qui ne supportent pas d’avoir 10 paires d’yeux braquees sur eux et tout un brouhaha de « allez! Vas-y! Tu peux y arriver! », mais j’ai trouve que ca m’aide beaucoup…

Posté en tant qu’invité par Pat:

Dans son livre « GRIMPER » Patrick EDLINGER a écrit un chapitre sur l’entraînement mental et notamment une explication de Coué
« lorsqu’il y a conflit entre l’imagination et la volonté, c’est toujours l’imagination qui l’emporte ».
A mon avis (juste le mien) je pense qu’il faut parfois revoir ses objectifs à la baisse, se faire plaisir et réussir dans des voies de niveau inférieur et tenter « la perf » le jour de grande pêche physique et morale. Croire réussir la perf après une journée de galère dans un moment de sa vie pas top, c’est croire au rêve. Il m’est arrivé de passer une 6 en tête à vue un jour et ne pas engager dans une 4 le lendemain, la seule explication que j’y ai trouvé est bien l’état émotionnel du moment.
Alors effectivement, une bonne bande de potes t’encourageant participe à l’autosuggestion mais cela ne fera pas tout. Enrichir son « palmarès » de réussites c’est se donner confiance pour tenter plus haut et permettre une meilleure concentration avant de grimper. Perso, avant de mettre le premier coup de chausson sur le rocher, j’ai tjrs besoin d’un moment de concentration, de me mettre dedans, d’ailleurs en falaise je commence tjrs par une voie facile pour m’imbiber de l’ambiance. Voilà juste mon expérience!!!
A+ et courage, la force est en toi!

Posté en tant qu’invité par Dom:

Bonjour Christine,

Juste en passant car … suis à la bourre … si cela t’intéresse, je peux te scanner et t’envoyer un chapitre sur le mental extrait du bouquin d’Edlinger, je l’ai relu en vitesse; cela correspond en mieux dit à ce que j’essayais de raconter l’autre jour et cela m’évitera de me prendre les pinceaux et d’attirer les foudres du grand superviseur encyclopaedia universalis ;-)) …
Sinon, la sophrologie est une technique qui apprend à contrôler sa respiration et, de là, sa concentration; jamais utilisé mais très utile, semble-t-il.
Par contre, j’ai déjà eu l’occasion de devoir gérer un accident en plongée profonde, c’est-à-dire un accident qu’on voit arriver de manière inéluctable et dont la résolution prend plusieurs dizaines de minutes, et je suis persuadée que ce sont ces deux points, concentration maximale et respiration contrôlée qui ont permis un déroulement finalement heureux de l’accident.

A +

Posté en tant qu’invité par Christine:

Toujours difficile de définir un niveau.
Je grimpe depuis 1 an et 1 mois.
Disons qu’en gros, en falaise-école je tente volontiers du 6a en tête à vue ; j’enchaîne, mettons, dans 50 à 60% des cas ; je les sors pratiquement toutes en dalle ou dièdre mais je peux me prendre des buts dans des styles plus physiques.
En salle, situation très différente : je ne tente même pas le 6a en tête à vue, mais seulement après au moins 1 essai en moulinette. Si je vois que je peux aller clipper le 3e point sans trop de risques, j’essaye assez volontiers en tête même si l’essai montre que j’aurai le plus grand mal à enchaîner. En général, je produis un bien meilleur résultat en tête qu’en moulinette (normal : on a moins envie de faire n’importe quoi).
Je pense que mon problème de concentration et de combattivité vient largement de mon manque d’expérience. Au début, on suit une courbe de progression très rapide et on se retrouve vite, à coup de volonté, à passer des voies sans avoir un niveau bien consolidé ni une « réserve » physique suffisante. D’où une dépense d’énergie un peu trop élevée, tant physique que mentale (concentration, lecture, prise de décision…) et cette impression de s’épuiser très vite dans la voie.
Comme le faisait remarquer un des forumeurs, c’est important de grimper avec un groupes de personnes avec qui on se sent bien. Et puis j’ai commencé un programme de consolidation qui commence à porter quelques fruits : grimper en tête, en tête et encore en tête, sans négliger les voies « faciles », en variant le plus possible les styles, etc. J’ai sans doute besoin de ce travail de fond pour être plus solide et apprendre à m’économiser.

Posté en tant qu’invité par alex:

je suis d’ac avec le dernier message, un bon conseil être patient, grimper pour le plaisir et quand tu te sens en forme alors y aller un bon coup, si ce jour là tes ami(e)s te regardent c’est encore mieux. Le pan ça donne la pêche mais c’est bof pour la caisse en falaise à 4m du point, enfin c’est mon avis.