Posté en tant qu’invité par Alex:
re-salut, Day-light !
=> Euh, avec un casque ça ne fait pas grand-chose (ça m’est
déjà arrivé une fois dans du trop raide pour moi),
tu te trompes, c’est très dangereux un piolet qui tombe sur ta tête (une fois j’ai désancré un piolet, et la panne m’a ouvert l’arcade sourcilière…j’imagine avec la pique du piolet et l’effet ‹ boomerang › d’une dragonne
et dans le
cas où ils attérissent en bas tu fais quoi après ???
si tu n’es pas très haut, tu plantes une broche de sécurité et tu te fais mouliner (attention ça double la force sur le point qui a pris le choc auparavant) ou mieux, si tu es valide, tu fais un rappel sur abalakov, broche ou piton
=> Quand on progresse on s’essaie petit à petit à plus dur que
ce que l’on connaît, et on se rapproche petit à petit de ses
limites… inévitablement.
on travaille en moulinette avant de se lancer en tête, et on apprend à brocher également en moulinette, ou dans du très facile. Le matériel de glace (crampons qui accrochent la glace, piolet qui peuvent blesser grièvement) font que le vol en cascade n’est pas aussi banal qu’en escalade sportive (falaise ou grande voie type Presles)
=> Ok, mais avec un seul piolet de secours… c’est pas facile
pour autant de progresser sur la glace… !
dans une voie engagée, tu progresses mais en général la retraite se fait en rappel, donc ton troisième piolet te servira à tailler une plateforme ou à atteindre un emplacement de relais
=> Tu ne remontes plus tout seul ?! Et bien si justement !
Comme mon frère avait des dragonnes il n’a pas perdu ses
piolets et il a fini la longueur sans problèmes !
à mon avis c’est un gros coup de bol, quand la glace n’est pas verticale, les vols sont en général très mauvais
mais je me rends bien compte que la moindre chute, aussi petite
soit-elle, offre le risque de faire tomber ses piolets et pour
finir la voie ou simplement arriver à un relais pour
redescendre… pas possible !!!
si, en descendant en rappels ou en étant mouliné
Je ne sais pas si certains on déjà vécu cette expérience… comment s’en sont-ils sortis… ?!
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pour te répondre,
j’en suis environ à 30 jours de cascade de glace, dont plus de 25 en grande voie en tête ou réversible (je suis autonome dans le 4/4+)
j’ai pris deux vols ‹ minimes › :
- lors de ma première saison, cascade du Bourget à Cervières, avec des quark avec dragonnes. Je mets 5min à mettre la seconde broche, car la glace est mauvaise et « en colonnes’ ». Mon bras gauche est très fatigué (je n’ai pas pu le « délayer » vers le bas). Je continue vers le relais à droite. J’ai relâché mes dragonnes parce qu’elles me coupent le sang (ça dépend des gens et du réglage…), à 2m du relais, 1m au-dessus de ma dernière broche, un pied glisse et les bras ne suivent pas, je tombe de 2m (assurage sec). C’est vertical et je me suis repoussé en arrière, donc aucun choc mis à part celui de la corde. Il y a des colonnes de glace, je grimpe suffisamment bien pour faire 3m en dülfer (après 5min de repos ;o), pour rejoindre mes piolets. Je rejoins le relais et grimpe le reste de la journée en moulinette.
Analyse :
-
c’était vertical et le vol était court => peu de vitesse.
-
Les dragonnes auraient été serrées => je ne serai pas tombé, mais peut-être qu’un piolet aurait lâché et me serait revenu dans la tête ?
-
J’aurais grimpé sans dragonnes => j’aurais bien mieux apprécié mes limites, j’aurais pu finir mon second brochage beaucoup moins fatigué, et à la fin relâcher mes bras pour finir « en forme » (je grimpais pas mal en dévers ces temps-ci, et j’avais à peu près la forme dans les bras, c’est donc la technique qui était défectueuse)
- lors de ma seconde saison, cascade des Tourengs à Orcières, je pars avec de mauvaises lames (des Grivel Cascade sur Alp Wings, mal adaptées au galbe, bref). Je grimpe trop peu concentré, je mets la première broche, idem en me fatigant. Lorsque je passe au-dessus, je plante mal un de mes piolets (manque de lucidité), et lorsque je désancre l’autre, le premier se détâche et je retourne au sol, qui est une pente à 40° en neige. Très légère foulure de cheville, qui ne m’empêche pas de finir la journée mais je fais une pause sportive de 7j.
Analyse
- les dragonnes dans ce cas ont constituées un élément rassurant, en ce sens qu’on peut se laisser suspendre « lâchement » ;o) comme en artif, quasiment sans effort. Pour moi, ça a été un facteur de déconcentration et l’ambiance « entre copains » ne l’a pas améliorée.
- lors du vol, j’ai lâché le manche d’un des deux piolets, qui a dû me passer au-dessus de l’épaule. Franchement, je n’ai pas envie de reproduire l’expérience, car le piolet aurait pu se planter dans ma joue ou dans un oeil…
Je me suis mis aux sans-dragonnes cette année, pour ma troisième saison. Je ne suis pas du tout casse-cou, et j’aime bien « maîtriser » la technique et le physique (escalade, ski, etc.) plutôt que d’y aller « ça passe ou ça casse ». Quand je ne sens pas une cascade, je vais installer une moulinette et je grimpe avec plaisir. J’aime bien aussi sentir que je dois aller puiser dans mes réserves. Connaître ses limites, voilà qui est bien dur, et sûrement un des objetctifs de la pratique montagnarde…Et je pense que de ce côté, les piolets sans dragonnes vont dans le bon sens, avec une gestuelle épurée, une maîtrise plus précise de l’évaluation des difficultés…pas forcément une amélioration du niveau max (cf. Alexis). En résumé, je trouve que cette pratique n’est pas seulement celle de dry-tooleux ou de boutonneux étudiants grenoblois en quête de reconnaissance. C’est une manière de grimper différente, qu’il faut découvrir, et adopter si elle nous convient. En grimpant relâché, le stress diminue et probablement la grimpe est plus agréable aussi.
Pour la petite histoire, c’est la curiosité qui m’a fait découvrir cette pratique, d’ailleurs sur une voie montagne (peu engagée, certes) en novembre dernier (merci Claude !). Depuis, je ne vois pas comment je pourrais revenir aux dragonnes, à moins d’être dans une voie très engagée type face nord des Courtes et compagnie. En cascade, c’en est fini des dragonnes.
Désolé, j’ai été un peu long ;o)
Alex
