Question délicate

Posté en tant qu’invité par Maurice:

Vous avez peut-etre tous lu de la presse le drame qui s’est passé entre Tête Blanche et Bertol. Pour connaitre très bien la région et pour avoir déja subi quelques tempete, je m’interroge : que c’est-il vraiment passé ? la presse affirme qu’ils étaient bien équipé, mais avaient-ils une boussole ? Si oui, je ne comprends pas: il suffit depuis Tete Blanche de viser au sud ouest environ, et si on ne bute pas sur la cabane, on suit les pointes de Bertol, et on devrait y arriver. Evidemment, ceci est théorique, mais les gens en question avaient l’air de connaitre très bien le coin. Il doit y avoir autre chose et c’est pourquoi j’ouvre la discussion sur cette affaire. Si je l’ouvre c’est pour éviter que d’autres ne se fassent prendre dans de telle circonstance. Croyez bien que je suis navré de cette affaire et que cela pourrais arriver a n’importe qui…

Posté en tant qu’invité par Laurent:

Salut,
pour les gens qui n’ont pas acces a la presse suisse ou francaise, peux tu preciser les circonstances de l’accident?

Laurent

Posté en tant qu’invité par Maurice:

cela c’est passé le week-end passé : des gens sont partis de Zermatt pour s’entrainer pour la patrouille des glaciers (ils étaient 12) ils sont monté sur Tête Blanche, puis se sont perdus sur le plateau reliant ce sommet à la cabane Bertol. Dix ont été secourus et les deux autres ont été retrouvé morts (de froid probablement) hier matin. Il faut dire que les conditions n’étaient pas optimales (vent de 100km/h, -25 degré) et ce plateau est effectivement assez vaste. Ils se sont perdus. Déja, je ne comprends pas pourquoi ils se sont dispersés (peut-etre des différences de rythme). Certain avaient des téléphones portables et ils ont pu etre sauvé. Mais je crois que les victimes en avaient aussi…

Voila pour l’histoire que j’en ai lu dans la presse. J’aurais justement aimé en savoir plus…

Posté en tant qu’invité par gérald:

Toute personne qui s’aventure en montagne doit être pourvue d’un équipement de
sécurité et de survie, sur ce point là on doit être tous d’accord, pas de gadjets mais des instruments de qualité.
Dans des conditions extrêmes de mauvais temps ( ce jour-là c’était le cas dans cette région)) si avant de partir tu n’as pas tiré les azimuts bien au chaud chez toi tu as beau viser dans le brouillard depuis Tête-Blanche direction sud-ouest environ je ne crois pas que tu t’en sortes…facilement. Avez-vous déjà tracé des azimuts dans le vent, le brouillard et le froid avec le stress et le temps qui presse sur une carte qui se mouille ? Le mot environ me fait sourire parce que l’ à peu près en
montagne …dans le brouillard…
Il y a aussi la peur des crevasses, j’ai passé à cette endroit le 22 mars, ce n’est pas la quantité de neige qui est tombée cette année qui a couvert les crevasses et
même si tu connais la région les crevasses ne sont jamais ouvertes ou fermées
au même endroit d’une semaine à l’autre. Et si tu as réuni toutes les conditions pour t’en sortir si toi ou ton camarade tombiez dans la crevasse que fais-tu tout seul ?
Question natel ? Pour moi il est utile, la preuve a été faite ce jour-là pour une par-
tie de l’équipe mais en montagne prenez avec vous en plus une radio montée avec
le sélecteur automatique des canaux (Ex: Rega) L’investissement en vaut la pei-
ne.
L’instinct de survivre est très fort dans ces cas là, et tu essayes tout, même l’in-
vraisamblable, pour t’en sortir. La solution d’attendre dans un igloo prise par le groupe a été la bonne.

Ce jour-là nous n’y étions pas et la presse non plus.

Posté en tant qu’invité par Maurice:

tu as raison au fond, mais ce que je voudrais, c’est essayer de comprendre ce qui c’est réelement passé : pourquoi se sont-ils dipersé ? avaient-ils réelement du matériel de survie ? les glaciers mal bouché ça arrive parfois, mais corde tendue, on peut éviter bien des chutes…

c’est vrai, on n’y était pas, et bon, peut-être qu’il n’y a pas de réponse rationelle à la fatalité…

Je vois que le sujet est trop grave et trop sensible pour susciter une véritable discussion…

Posté en tant qu’invité par Ralf:

Concernant les natels, radios et GPS: le accus ne tiennent pas au froid. Ils se vident beaucoup plus vite, même sans les utiliser! Alors, oubliez le natel après 24h à -20°.

Posté en tant qu’invité par julien:

avec les nouvelles batteries au lithium, y’a deja bcp moins de probleme.
et puis bon, ces ptit natel, c’est si bien dessiné…quelle forme! garder les donc au chaud dans votre calebard au lieu d’y mettre les peaux…qui peuvent parfois se coller ouille l’epilation colletex!

Posté en tant qu’invité par tilateur:

Il y a des articles pseudo-complet dans le Temps et le Nouvelliste. La seule chose qu’ils n’ont pas trop voulu dire, c’est qu’ils étaient équipés comme pour une compétition alors qu’ils étaient en haute montagne. (sources : entendu dire)
J’étais au Mt durand le dimanche ou a commencé le drame; il y avait une barriere de foehn gigantesque de part et d’autre du Cervin en provenance de l’Italie. Mais elle redescendait très peu côté suisse et était stationnaire jusqu’à au moins 13h00. Heure à laquelle on a quitté le coin.
A mon avis, elle a du descendre subitement et surprendre… les patrouilleurs.

Posté en tant qu’invité par Michael:

Pour en revenir au faite que ces personnes se trouvaient dans la tempetes ( brouillard, vent a 100 km/h, -20°), quel montagnard ose se deplacer dans ces conditions sur un terrain qu’il ne connait pas comme le creux de sa poche?!

Si vous pouvez vous retrouver dans une tempetes VOLONTAIREMENT, faites le sur un sentier que vous connaissez bien…Ensuite faites vos conclusions pour savoir si dans le futur vous marcherez avec 3 metres de vision sur un terrain (peu) famillier.

Pour ma part cela m’a appris une chose: "Si tu es pris la dedans, trouves toi un abris quelconque a l’endroit ou tu te trouves, et ATTENDS que les conditions soient meilleurs pour redescendre! "

Cela m’a servi lors de la tempete de Noel qui est egalement passee dans les Alpes du Sud en Haute Tinee. Heureusement que j’avais ma tente Montain 24 de North Face.

En montagne, il faut etre lucide et objectif. Jamais nous ne pourrons la dominer…

Posté en tant qu’invité par Yves:

Je crois que malheureusement la situation était très simple. Avec 100 km/h de vent et dans le brouillard il n’y a simplement rien à faire si ce n’est son trou dans la neige (à moins d’avoir tiré très précisément ses azi/altitudes etc avant et de savoir avant le bouillon ou l’on se trouve). La preuve en est que 10 personnes sur 12 ont survécues à ces terribles conditions ! Mettez la tête par la fenêtre de votre voiture à 100 km/h et imaginez en plus la neige, comme des aiguilles …plus le brouillard, plus les rafales, l’état de fatigue/transpiration etc… Les 2 décès sont probablement du au fait qu’ils ont décidé de rechercher du secours coute que coute malgré les conditions et la situation déjà limite après des heures de bivouac improvisé (et de lutte contre les éléments). Je trouve que c’est très héroique mais cela a été fatal !

Cependant globalement l’erreur première a probablement été de ne pas descendre immédiatement d’un côté ou de l’autre (temps moyen pour des patrouilleurs maxi 30 min) dès l’arrivée de ce mauvais temps ! Ceci est très facile à dire maintenant mais c’est la réalité. La réalité est aussi de dire (et c’est mon cas) que beaucoup d’entre nous auraient comis la même erreur !

Le matériel est evidement très important et je pense qu’ils étaient suffisament équipés pour ce parcours, pensez simplement à toujours avoir une pelle avec vous (et par personne) pour les avalanches certainement mais aussi pour creuser votre trou. Personnellement je l’ai toujours même pour des grandes voies mixtes etc… en hiver et dans certain cas aussi en été.

Je me pose cependant aussi la question du GPS, aurait-il servi ? Je ne peux pas y répondre car j’en ai pas ! Quelqun a-t-il un avis ?

Bonne montagne à tous.

Yves

Posté en tant qu’invité par francois:

Je ne connais pas les circonstances de cet accident, je ne peux donc faire que des hypothèses et des suppositions. Il est évident que s’ils étaient équipés comme ceux qu’on voit habituellement, petite combinaison, petit sac, 3 biscuits et une gourde, il est évident donc qu’en cas de mauvais temps, ils s’exposent à de graves difficultés. Nous autres, randonneurs Lambda, on a l’air peut-être plus patauds et plus lents mais avec notre équipement, on peut voir venir.
D’autre part, en cas de mauvais temps dans un terrain compliqué et dangereux, même si on est un champion de l’orientation, l’expérience montre que la seule solution est de creuser son trou et faire le gros dos en attendant des jours meilleurs.

François