Posté en tant qu’invité par Jean -Christophe Roumailhac:
Julien a fait un beau boulôt en mesurant les pentes, j’ai juste souhaité intervenir en apportant plus d’infos sur la subjectivité de la notion de pente pour un skieur.
Aujourd’hui notre matériel (y compris le matos de rando moderne, je l’accorde bien volontier…) permet d’être plus à l’aise dans des couloirs peu fréquentés il y a seulement 20 ans. Mais la grosse différence, c’est que chacun d’entre nous a un copain ou amis qui a déjà traîné ses spatules dans du raide… les verrous psychologiques ont sauté… et on peut tranquillement évaluer rééllement le degré des pentes sans les exagérer…
Et puis les degrés, la raideur, ce n’est pas l’essentiel… ne vaut-il mieux pas se faire plaisir parce que la pente était en bonne condition… que la neige était excellente… que tous les virages s’enchainaient fluidement…
Daniel Chauchefoin m’a dis un jour qu’il fallait avoir un grain pour faire de la pente ou être en manque de quelque chose. Comme j’avais moins de recul qu’aujourd’hui, je lui ai répondu qu’au contraire, il fallait être extrement équilibré pour se balancer dans ce genre de pentes.
Mais en y réfléchissant, il n’avait sans doute pas tort… si on va dans un couloir pour dire moi j’ai passé du 55, donc je suis plus fort que toi, ou simplement pour flatter même inconsciemment son ego, je pense aujourd’hui que l’on passe à côté de quelque chose.
Ce qu’il y a de fabuleux dans le ski (et pas uniquement en pente raide), c’est de repérer une belle ligne, skiable et qui n’attends qu’une visite… après la pente, cela dépend de l’humeur et de la forme du jour… et pourvu que la pente soit belle, on se moque de sa longueur, de sa raideur, ou du prestige du massif auquel elle appartient.
A 20 ans je ne mangeai que du raide, laissant les courses « faciles » aux autres, je ne voulais pas perdre de temps (Mon approche du ski était sans doute incomplète et peu sage, depuis j’ai lu les sages parôles de Tronc-Feuillu ( cf « Le meilleur grimpeur du monde » de Bernard Amy) et je me régale en telemark dans la combe des Verts ou dans des pentes que je n’avais jamais eu le temps de découvrir…
Et ce n’est pas seulement parce que l’état de mes cuisses à subit l’effet dévasteur de la vie professionnelle… Je prend plaisir à être en montagne sur skis, où que ce soit…
Quant aux propos un peu sentencieux sur la prudence, je persisterai et je signerai… il ne faut pas brûler les étapes… les descentes s’enchaîneront naturellement les unes derrière les autres…
Peu être à bientôt dans les Aravis ou ailleurs…
PS : Pour le choix du matériel, le gabarit y est sans doute pour quelque chose… étant maintenant plutôt du genre « hippopotame grassouillet », je préfère des fix qui montent au-delà de 9 et des chaussures rigides…