Posté en tant qu’invité par Bubu:
ta phrase :" on peut tout à fait décicder en montant dans la
voiture", ça m’a bienf ais réfléchir. je n’ai fais de la
rando pendant 4 jour, et durant c 4 jour, le guide, n’a pas
arreter de nous rappeller les risques de la montagne… et
donc k’il ne fallai pas prendre ça à la lègère, d’ou une
bonne préparation avant chaque rando.
Donc tu en conclues que c’est dangereux de mettre moins de 3 heures pour preparer une rando ? (pour choisir le lieu et l’itineraire, la bouffe et le matos ca depend des personnes…).
Souvent, je passe du temps a choisir une course non pas a cause de l’evaluation des risques, mais pour trouver la bonne neige (et suffisamment), pas trop raide, pas trop plat, pas trop de portage, pas trop loin, la j’y suis deja alle… Pour concilier toutes les exigences personnelles d’un groupe (meme 3 ou 4), ca peut prendre des jours !
Et si c’est finalement pour choisir precisement tel sommet d’apres un bulletin d’avalanche a l’echelle du massif et des sorties skirando aussi dans le massif, autant se donner la liberte de changer ou de choisir au dernier moment d’apres le temps, les personnes effectivement presentes, la motivation… Objectivement, a-t-on plus de renseignements sur les risques dans ce vallon que dans celui d’a cote ? A priori, si on recherche un endroit sauvage, on a peu de chance d’avoir des renseignements fiables. Donc soit on s’entasse sur les classiques, soit on va ailleurs, quitte a modifier son objectif selon les conditions des gars et de la montagne.
Prendre moins de risques en montagne, c’est aussi savoir s’adapter: on prendra le moins de risques en montagne possible en y allant pas du tout, mais on peux aussi faire de belles choses tout en evitant a la volee les risques trop grands (le seuil « trop grand » est subjectif). Et si on sait s’adapter en cours de route, on peut aussi s’adapter en debut de route, sur le choix du sommet ou meme du massif.
Et dans ces conditions, la rando prend une toute autre dimension. Au lieu d’envisager la moindre sortie a la journee comme une expedition au Truc Much planifiee des mois a l’avance, fais-toi plaisir et va en montagne en exploitant pleinement sur le terrain toutes tes connaissances sur ce milieu pour y glander le plus possible.
Un exemple: mon cadeau de Noel 2000, la pointe de Combe Bronsin en Lauziere le 23 decembre. Parti la car je n’y etais jamais alle et que c’etait pres de chez moi. Surprise, le faible enneigement a basse altitude et l’anticyclone persistant depuis plusieurs semaines garantissent une route degagee jusqu’a 1500m, on evite 500m de route-champs-foret-arcosses (reste 1000m, c’est pas violent !).
Champs de neige givree scintillant au soleil, parcours de crete avant de redescendre au col du Loup, negociation avec une famille de chamois pour pouvoir passer, pente terminale au soleil mais croute immonde ! On glande au sommet, mais comment vais-je descendre, pas la croute, en plus faut remonter a la Pautaz apres, non non non !
Ah mais y a pas un couloir en nord, que j’avais repere mi-novembre depuis les Arangles en face ? Mais si, c’est ou l’entree, par cette contrepente a 50 ? Jamais fait si raide, mais y a que 15m non expo. Une petite plaque en arrivant dans le fond du couloir montrant que la montagne partage mon enthousiasme (ou que je pourrais etre son gouter :-), puis 100m a 45 et 200m a 40. En tout, 1000m de descente nickel dans 20 a 50cm de poudre vierge alors que la derniere chute de neige a plus de 15 jours ! Pas de plat, a part le km de route enneigee pour rejoindre la voiture. Une fois de plus, la Lauziere m’a donne bien plus que je n’esperais.
dc je suppose que pour dire ça, tu doit surement etre un
« pro », enfin tu doit connaitre l’endroi ou tu vas faire ta
rando par coeur, non?
Et ben non, c’est juste un amateur AUTONOME, conscient de ses limites mais ne refusant pas de les repousser petit a petit, qui n’a pas acquis ses capacites en un jour mais qui n’a pas fait l’ENSA non plus.
Pour la connaissance des lieux, il faut prendre conscience du tresor que representent les cartes au 1/25000. Lorsqu’on sait la lire et qu’on a de l’experience (surtout pour savoir ce qu’il y a effectivement sur le terrain, avec 1 a 5m de neige par dessus - les passages les plus faciles l’ete ne sont pas toujours si evident que ca l’hiver), une carte seule permet d’avoir pratiquement la meme connaissance d’un lieu que si l’on y etait alle 2 ou 3 fois. De toute facon, en ski de rando, les contraintes principales sont dues a la neige, qui a toutes les chances d’etre differentes depuis la derniere visite.
Bubu