Piz Palü

Posté en tant qu’invité par Etienne:

Quelqu’un d’autre aurait regardé « Enfer blanc au Piz Palü »?

Sans parler du scénario, hélas banal, de bien belles images de montagne. Et, si on oublie les outances et les énormités apparemment inévitables, unh fameux document sur l’alpinisme des années 20-30 ( vêtements, matériel, technique, secours…).

Posté en tant qu’invité par Claude M.:

Je n’ai vu que des extraits, sans être sûr que ce soit ce film (un type y allume du feu dans la cabane à l’aide d’un morceau de bois « épluché » en forme de palmier…?). Des invraisemblances aussi sur la résistance au froid avec de pareilles tenues…! De la bonne mythologie germanique en tout cas, avec ses outrances et ses délires.

Posté en tant qu’invité par Etienne:

« sans être sûr que ce soit ce film » oui, c’est bien ça. Le film dure deux heures et quart, j’espère que tu as vu plus que quelques minutes… Certains plans sont esthétiquement du très grand cinéma.

« Des invraisemblances aussi »: tout-à-fait d’accord, et pourtant le cinéaste s’est voulu très réaliste… au point d’avoir presque fait mourir ses acteurs qui tournaient en décors réels! Au fait, si « la Mort Suspendue » avait été une fiction, tu aurais trouvé le scénario vraisemblable, toi?

"De la bonne mythologie germanique ": je m’attendais à pire… La plupart des films de montagne sont du même tonneau.

Posté en tant qu’invité par Charles:

j’ai regardé (c’était hyper tard) , et j’ai bien rigolé
Euh c’était pas fait pour ça?
On a vu mieux comme film montagne (et comme film tout court d’ailleurs!)
Au fait il est où ce Piz Poilu?

Posté en tant qu’invité par Mic’hel:

Dans les Grrrrrrrrrrrisons, of course! Dans le massif de la Bernina.

dis, Charles, faudrait pt’et voir à sortir des Pyrénées de temps en temps!!! :wink:

Posté en tant qu’invité par Charles:

C’est loin pour moi les Grisons : le seul truc que je connais des Grisons c’est la viande , mais là il suffit d’aller à Carrefour , c’est moins loin ;-))
et sa face nord est si terrifiante que ça?

Posté en tant qu’invité par Mic’hel:

ch’sais pas, le Palü, j’lai qu’en foto!!!

Posté en tant qu’invité par pierre:

" De la bonne mythologie germanique"… ouais, et même pire, bien pire : Leni Riefenstal ( orthographe aléatoire) , réalisatrice du film, est devenue qques. années plus tard l’une des cinéastes officielles du troisième Reich … Elle a entre autre filmé les J.O. de Munich.

A part ça, vous avez réussi à regarder le film en entier ?

Posté en tant qu’invité par Claude M.:

Figure-toi que j’ai rompu l’an passé avec le CAI où j’étais membre depuis 1972, pour apologie répétée et outrancière de la dame en question dans leurs publications. Il paraît qu’ils « ne savaient pas » qu’elle était une pourriture nazie. Maintenant ils savent (peut-être…). D’ailleurs, on a vu et revu à satiété moults articles pas toujours critiques ni innocents louant « l’esthétique » - c’est l’excuse habituelle - de ses délires.
A propos du Piz Palü (ce qui signifie « Pic du marécage » ou « prairie humide »…), c’est un joli sommet de 3905 m. avec trois pointes qui se gravit ( je ne l’ai pas encore fait…il va falloir que je me dépêche avant de devoir m’y faire hisser par un Sherpa !) soit de Suisse via la cabane de la Diavolezza principalement, soit d’Italie via le glacier de Fellaria. La face N, compte autant d’éperons qu’il y a de pointes et entre ceux-ci des couloirs de glace avec séracs à gogo. La face est moins haute je crois que ses copines du Valais ou du Mt Blanc, mais le côté « éxotique » de l’Engadine pour nous ne doit pas faire nous faire oublier que pour des Allemands c’est un « must » : Nietszche a séjourné à Sils-Maria et tout le Gotha intellectuel et artistique d’avant 1914 se devait de faire un séjour dans les Grisons, dont les montagnes étaient plus famiulières aux Teutons qu’aux Français.
Ceci dit, l’Engadine c’est superbe et il y en a pour tous les goûts avec les parois de granit du Bergell à deux pas.

Posté en tant qu’invité par Charles:

Claude M. a écrit:

tout le Gotha
intellectuel et artistique d’avant 1914 se devait de faire un
séjour dans les Grisons,

et le dernier en date : Mic’hel ;-D

Posté en tant qu’invité par arnaud:

J’aime bien l’esthetique de ses films de montagne , et sa participation au régime nazi ne m’empêche pas de les regarder , mais je n’ai pas vu celui sur le Palu , mais l’engadine c’est superbe : voies glaciaires , ski de rando , et le granit du badile juste a coté …

Posté en tant qu’invité par Mic’hel:

Charles a écrit:

et le dernier en date : Mic’hel ;-D

Les Grrrrrrrisons, c’est moi!!! ;o)

Posté en tant qu’invité par Charles:

justement , c’est entre autre chose cette volonté ,constante tout au long du film, de recherche de l’esthétisme à tout prix qui m’a fait marrer , car j’ai trouvé que ça en devenait lourd !

Posté en tant qu’invité par Claude M.:

L’esthétique est à consommer à dose homéopathique…! C’est sous la même bannière que les Ernst Jünger, Riefenstahl, après les Futuristes italiens et autres, ont fini par trouver la guerre « belle ». Et la montagne a souvent joué comme un substitut de la guerre (voir la récurrence des termes belliqueux : assaut, combat, victoire, conquête…tout çà pour un tas de cailloux) dans les manipulations « culturelles » destinées à enraciner de bons vieux mythes dans le crâne des gens. Bon, ce n’est qu’un film « daté » en l’occurence, mais la manip peut encore servir sous d’autres oripeaux…

Posté en tant qu’invité par arnaud:

L’esthetique est à consommer à dose homéopatique ? faut pas trop regarder les montagnes quand on grimpe alors ?
plus sérieusement tout est plus ou moins une manipulation culturelle dans le sens ou un film ou un livre montrent une société à un moment donné et avec le recul de l’histoire on peut juger .
Je ne suis pas sur qu’actuellement on laisse des traces bien glorieuses , je pense entre autres à aux petits asiatiques qui fabriquent vos belles polaires et indispensables vestes en goretex etc.
mais quoi qu’il en soit je maintient que dans les films de montagne de Leni Rifensthal l’esthétique me plait . et je pense aussi que personne n’est choqué quand on reprend ses plans et ses idées dans des films contemporains pour vehiculer des idées tout aussi manichéistes .
mais bon , y’a pas de quoi s’énerver …

Posté en tant qu’invité par Claude M.:

Je pensais à l’esthétique cinématographique (ou photographique). Mais rassure-toi, je ne m’énerve jamais avec les gens sensés qui n’insultent personne !

Posté en tant qu’invité par Etienne:

Petite précision: il s’agit d’un film AVEC , et non DE Leni Rifensthal.

Soit, il parle de compétition, de bravoure, de solidarité. C’est le cas de tous les films de montagne. En déduire qu’il s’agit à chaque fois de propagande nazie est largement abusif.

L’esthétisme est outrancier? Soit! On sort tout juste de l’expressionisme allemand, et il s’agit encore d’un film muet. Relativisons donc. Et réécoutons le ton grandiloquant des commentaires de Gaston dans ses propres films, si ça peut aider… :smiley:

Posté en tant qu’invité par Claude M.:

Bonne remarque. La différence perceptible entre les films français et allemands, quoiqu’ils s’inspirent tous à peu près des mêmes mythes, tient aussi au contexte historique (lendemain de 14-18, « vainqueurs » ou vaincus); et la grandiloquence de Gastounet est effectivement à mettre en parallèle avec un contexte identique pour ce qui nous concerne, car juin 40 était passé par là…(à lire, une chronique de Marmier dans un n° de « La Montagne » de 1994 pour d’éventuels prolongements). Ceci dit, la référence récurrente des Allemands à de certaines attitudes (j’entends aussi bien hors du contexte alpin) remonte à loin : 1813 et les luttes contre Napoléon, le Romantisme, la mode du médiéval-terrien-religieux (confusionnisme christiano-païen sans crainte du ridicule), l’hégémonie prussienne après 1871 et l’unité allemande, etc. Alexandre Vialatte a parlé assez bien des « rêves allemands » de ce type dans l’immédiat après-guerre (« Bananes de Königsberg » et autres écrits); il y a aussi quelques pages à ce sujet chez George L. Mosse : « De la Grande Guerre au totalitarisme » (traduction lourde et pénible…), Quant à la naissance du mythe « alpin » et de ses utilisations, il faudrait citer des bibliothèques…! Les Italiens ont bien balayé devant leur porte dans un ouvrage collectif : « L’invenzione di un Cosmo borghese » (la naissance d’un espace bourgeois), sur les valeurs sociales, les symboles culturels et politiques de l’alpinisme aux XIXe et XXe siècles, ouvrage collectif (Michel Tailland, Michel Mestre, Claudio Ambrosi, etc…) édité par le Museo Storico de Trente en déc.2000 - ISBN 88-7197-041-1.J’espère qu’il a été traduit.
Mais il y aurait de quoi alimenter sur ces thèmes bien des soirées en cabane/bivouac, pour ce qui est de la conversation et des expériences à partager !
Remarque, s’il faisait beau, on ferait sûrement plus court… :slight_smile: Bonne semaine !

Posté en tant qu’invité par Claude M.:

Pour rester dans le domaine « utile », qui a fait ce sommet…??? Vaut-il mieux monter par la « Fortezza » et redescendre par la V.N. (fuorcla Pers-Palü), ou l’inverse, les conditions étant normales s’entend ? Merci.

Posté en tant qu’invité par Eloi:

Leni Riefensthal n’a pas réalisé ce film, elle joue le rôle de la jeune femme (la deuxième, pas l’épouse du « héros »).

Ce film a été co-réalisé par Arnold Franck (spécialiste du film de montagne dans lesquels Leni apparaît souvent) et George Wilhelm Pabst, qui réalise également la même année (1929) pas moins que « La boîte de Pandorre » (plus connu sous le nom de Loulou) et « le Journal d’une fille perdue », les deux chefs-d’oeuvre de Louise Brooks !

C’est une référence du film de montagne, souvent projeté dans les cinéclubs. Il en existe une version sonorisée datant de 1935.

On a, bien-sûr, le droit de railler les partis pris esthétiques de ce film. N’empêche qu’il est beaucoup plus réussi que les productions habituelles de Franck : la patte de Pabst est évidente, sans parler du rôle de Leni Riefensthal qui, à l’époque, s’adonnait déjà à la photographie et avait des partis pris esthétiques très arrêtés.

Plus tard, Leni Riefensthal deviendra l’une des cinéastes favorites du Reich. Elle réalisera les films des JO de Berlin en 1936 et certaines grand-messes nazies, notamment à Nüremberg (cérémonie d’ailleurs « mise en scène » par Théa Von Arbou, ex-compagne de Fritz Lang).

Je trouve que c’est un très beau film.