Méthodes d'assurage

Posté en tant qu’invité par Rom:

Petites questions que je me pose mais d’importance.

Les randonnées virant de plus en plus à l’alpinisme (rocher principalement), je me demande quelles sont les meilleures techniques pour s’assurer (et se rassurer) en grimpant les parois rocheuses.
Sur certains topos, j’ai comme liste de matos : anneaux de corde, corde, mousquetons.

Questions : quelle type de corde ? En escalade je n’ai jamais utilisé que de la simple. Et pas plus d’une longueur ce qui fait que l’assurage se faisait tjs par le bas ! Quid de la corde de rando 8mm ?

Anneaux de corde ou sangles cousues, je pense que c’est pareil mais cela implique :

  1. qq monte sans assurance
  2. il place l’anneau autour d’un rocher avec un noeud coulissant
  3. mousqueton sur l’anneau
  4. corde par le mousqueton, jusqu’à ceux restés en bas
  5. corde autour de la taille du prochain grimpeur

Pour retenir le grimpeur, corde autour du corps ? ou matos assurage ?

Si plusieurs longueurs, rebelote ?

Et pour la descente, on fait l’inverse. Sauf pour le dernier qui, pour récupérer la sangle et le mousqueton (on récupère ou pas) descend sans assurance !

Ca fait pas mal d’interrogations mais c’est dommage de se priver de beaux sommets F+ à PD simplement par manque d’assurance.

Merci pour les infos.

Posté en tant qu’invité par Julien:

Le premier grimpe en posant des points d’assurage.
le 2eme assure au relais avec un systeme d’assurage.
Au bout de la longueur le premier met en place le relais et assure le 2eme qui grimpe en desequipant la longueur
La descente se fait en rappel.Avec une corde a double on mousquetone les deux brins alternativement

Posté en tant qu’invité par Rom:

Mais pour faire la descente en rappel, il faut bien un point de passage de la corde au relai superieur, non ?

Cela oblige t’il à laisser la sangle et le mousqueton ? Ou bien le dernier à descendre « déséquipe » la voie au fur et à mesure qu’il descend ?

En reprennant la liste des topos, c’est matos mini, juste corde mousquetons et anneaux de corde. En grimpe, on utilise plus que ça et sur des voies équipées.

Sur du naturel, on peut utiliser des coinceurs si la paroi le permet mais c’est pas sur la liste. Donc comment fait on avec cette simple liste ?

Posté en tant qu’invité par Bubu:

Mais pour faire la descente en rappel, il faut bien un point
de passage de la corde au relai superieur, non ?

He he, avec le noeud Dufour, la corde suffit !!

Logiquement, sur les voies F+ a PD, ya pas trop de rappel… ou ca se desescalade facilement (les premiers descendent en rappel s’ils veulent, et le dernier a perdu ou il saute)… ou c’est equipe. Sinon, tu laisses du matos, et ouais, tu crois que les premiers qui ont fait une voie qui est « equipee » aujourd’hui ont fait comment ?? Mais bon, je le redis, si tu dois faire un rappel dans du PD sans etre prevenu dans le topo, c’est que tu t’es plantes…

Posté en tant qu’invité par Frederic:

En general les rappels sont equipés sinon il faut reequiper et cela profitera aux autres

Posté en tant qu’invité par Michel:

Bonjour à tous,

ce débat et ce problème sont fort intéressants ; en effet, passer de la compétence de randonneurs sur sentiers ou hors sentiers, imaginons même sur glaciers, à celle d’un alpiniste parcourant des voies même PD, AD … n’est pas forcément si simple. Il faut en effet dans des itinéraires PD maîtriser un ensemble de techniques parmi lesquels les manoeuvres efficaces de corde, le sens de l’itinéraire et la pose de bons points d’assurage ne sont pas nécessairement si évidents.
Je me permets d’entrer dans ce débat car tous les alpinistes, mêmes les plus forts (c’est à dire les vieux, relisez Livanos), ont été amenés à débuter de cette façon. Qui ne se souvient de ses premières courses sur des sommets comme les Agneaux, la Dibonna, les Bans, le Rateau Ouest… on peut en ajouter des milliers, avec des incidents plus ou moins facheux.
Il faut savoir que dans ce genre d’ascensions, le risque pris PEUT ETRE MAXIMAL : les statistiques d’accidents montrent bien que ce sont dans ce type d’itinéraires qu’il y a le plus de victimes, en particulier lors de la descente. La relative facilité du rocher conduit à un grand espacement des points d’assurance, lorsque points d’assurance il y a. Parfois même des relais qui n’ont pas la solidité requise peuvent conduire à de grandes catastrophes. Chuter dans du rocher à 60° ou à 85 ne change pas grand chose.

Il y a donc à la fois nécessité et grand danger à aborder ce type de terrain lorsque l’on débute.

Mes modestes conseils pour minimiser ses risques pourraient être de commencer par des escalades faciles et bien sécurisées (niveau 3 à 4c) comme on en trouve maintenant dans beaucoup de sites d’escalade ; maîtriser ce niveau permet d’avoir une bonne maîtrise des techniques d’assurage et de s’entraîner dans des sites sécurisés aux manoeuvres de corde essentielles (pose d’un rappel, passage d’une progression en tirant des longueurs à une progression corde tendue …). Ensuite le deuxième paramètre à maîtriser est la pose de points d’assurage fiables pour lequel je conseille de façon systématique de s’entraîner à la pose de relais sur coinceurs et friends (oui, les friends ne sont pas réservés au niveau ED mais peuvent rendre de grands services pour installer des relais solides, en particulier dans des terrains comme l’Oisans).
Pour le sens de l’itinéraire, seule la pratique et la modestie doivent permettre de le cultiver.
L’installation d’un rappel (rep Frederic) ne DOIT ETRE ENVISAGEE que lorsque l’on est CERTAIN de la solidité des 2 POINTS d’ancrage installés, du fait que le rappel aboutira à un endroit sécurisable (et pas à un cul de sac), que la corde ne se coincera pas, que l’on pourra poursuivre la descente… C’est une manoeuvre que je déconseillerais à tout débutant car pouvant être extrèmement dangereuse.

Bonnes courses à tous et restez prudents,

Michel,

Posté en tant qu’invité par Naguy:

Salut tout le monde,
Et michel, t’est une vrai calure en la matière (ce n’est pas de l’ironie).
Je dirais juste à Rom que le mieux pour apprendre et soit de faire parti d’une association comme le CAS ou alors d’aller en montagne avec des gens plus expérimenté de manière à apprendre les manipulations sur le terrain et de pouvoir par la même occasion se les faire expliquer.

A+, Naguy