Mal de crâne: mode d'emploi

Posté en tant qu’invité par jerome:

Je débute et découvre une par une toutes les merdes physiologiques qui peuvent arriver à l’alpiniste et notamment le mal au crâne… Cela fait 2 fois (à un an d’intervalle) que ça m’arrive: pas la petite migraine de base mais les gros coups d’enclume sur la tronche à chaque battement de coeur. J’ai cru comprendre de quoi ça venait:

Juin 2002: tour du Carlit dans les Pyrénées (2921m)
4 heures de someil. départ 3h30 depuis le niveau de la mer, 2h30 de voiture; départ de la rando à 6h à 2000m. J’ai mis 13h au lieu de 8h tellement j’ai galéré. Le lendemain, aucun problème.

Juin 2003: montée au refuge des Ecrins (3170m)
4 heures de someil. Départ 6h de Lyon, 3h30 de voiture. Départ du pré de Mme Carle à 9h30 à 1800m. Arrivé à 2500m: gros mal de crâne ne passant pas à l’aspirine et qui n’a fait qu’empirer jusqu’au refuge. Le lendemain, Roche Faurio (3730m) sans aucun problème.

J’ai bien pris mes pâtes de fruits et bien bu tout du long donc c’est pas la fringale ni la déshydratation.
J’en conclue que:

  1. Pas assez dormi la veille c’est pas bon
  2. et/ou: conduire 3h en voiture juste avant c’est pas bon
  3. et/ou partir le matin de la plaine et attaquer la marche direct après vers 2000m d’altitude c’est pas bon.

Les approches de plus de 1200m de dénivellé ne me posent d’habitude aucun problème. J’ai chopé ce gros mal au crâne que lors de ces 2 fois et comme par hasard c’était le même contexte (tous ces critères étaient réunis).

Quelqu’un peut-il me confirmer que c’est normal de choper ce mal de crâne quand ces 3 ingrédients sont réunis?

Merci…

Posté en tant qu’invité par shef:

Je ne peux rien te confirmer quant aux 3 ingrédients, cela dit il m’est arrivé plusieurs, lors de randonnées, d’éprouver un mal de crâne le premier soir, après voiture et j’ai pu remarquer aussi que le soleil n’aidait pas vraiment.

Ceci dit, je suis sujet à de grosses migraines avec aura (heureusement très rarement), et si dans ces crises, le paracétamol est sans effet, j’ai pu remarquer que le même ingrédient codéiné donne de meilleurs résultats.

A essayer.

Posté en tant qu’invité par nicolas:

Essaye l’Ibuprofene, anti-inflamatoire et anti-douleur.
C’est le seul médicament qui a pu soulager mes céphalées.

Je pense que 1/ et 3/ sont en cause

Posté en tant qu’invité par Rémi:

Ca y contribue… Mais en fait tout est une question d’acclimatation… Tu es visiblement tres fortement sujet au MAM (mal aigu des montagnes)
Il faut faire très attention… La fatigue contribue bien évidemment à tes mots de tête… Le fait de gagner très rapidement de l’altitude aussi… Ton organisme doit s’adapter. Pour parer à ce problème: Une solution: Monter doucement, ne pas hésiter à faire beaucoup de dénivelé pour t’adapter, s’hydrater.
Il existe un médicament qui permet de réduire les effets du MAM: Le diamox… Ce médicament est délivrable sous ordonnance. Attention, il faut bien respecter les doses prescrites: (Ce médicament est un dopant, qui améliore les échanges d’oxygène)

Il est probable que tes mots de tete soient accompagnés de nausées. Si tu vomis, là il faut redescendre vite, car c’est un des premiers signe avant l’oedème pulmonaire. Le mal des montagnes peut être ressenti avant 3000m d’altitude… Il y a un très bon article sur le vertical du mois de mai (Numéro spécial Everest)

Posté en tant qu’invité par Rémi:

Ca y contribue… Mais en fait tout est une question d’acclimatation… Tu es visiblement tres fortement sujet au MAM (mal aigu des montagnes)
Il faut faire très attention… La fatigue contribue bien évidemment à tes mots de tête… Le fait de gagner très rapidement de l’altitude aussi… Ton organisme doit s’adapter. Pour parer à ce problème: Une solution: Monter doucement, ne pas hésiter à faire beaucoup de dénivelé pour t’adapter, s’hydrater.
Il existe un médicament qui permet de réduire les effets du MAM: Le diamox… Ce médicament est délivrable sous ordonnance. Attention, il faut bien respecter les doses prescrites: (Ce médicament est un dopant, qui améliore les échanges d’oxygène)

Il est probable que tes mots de tete soient accompagnés de nausées. Si tu vomis, là il faut redescendre vite, car c’est un des premiers signe avant l’oedème pulmonaire. Le mal des montagnes peut être ressenti avant 3000m d’altitude… Il y a un très bon article sur le vertical du mois de mai (Numéro spécial Everest)

Posté en tant qu’invité par astero:

Plutot d’accord avec Remi. tes symptomes peuvent s’integrer dans le cadre d’un MAM modéré.
Les autres symptomes habituels: lassitude anormale; nausées voire vomissements, vertiges
Les symptomes inquietants (oedeme pulmonaire ou cerebral) incitant à la descente rapide: essoufflement au repos, cyanose des extremités(oedeme pulm); troubles du comportements avec vomissements en jet et cephalées intenses(oedeme cerebral)

quoiqu’il en soit si tes cephalées ne cedent pas à l’aspirine, classiquement il est souhaitable d’arreter la progression voire de redescendre

Le Diamox (1/2 cp X 2/jour) peut aider dans le cadre de la prevention mais est contre indiqué en cas d’antecedent de colique nephretique (comme moi )-:slight_smile:

Dr Astero (pseudo)

Posté en tant qu’invité par Jérôme:

http://www2.biam2.org/www/Spe10677.html

Attention, le Diamox n’est pas à prendre à la légère. C’est un diurétique qui prévient et empêche la formation des oedemes. Normalement un suivi médical s’impose car la déshydratation est importante.

bon courage

Posté en tant qu’invité par Florence Kennel:

Ce n’est peut-être pas la peine de parler tout de suite de mal des montagnes pour une grosse migraine…

A mon avis, c’est plutôt un gros effort, du au manque de sommeil et au sac à dos archi-chargé, qui se paye cash à cause de la canicule actuelle qui règne lors des montées au refuge l’après-midi en plein cagnard (cas typique du Lyonnais qui arrive à midi sur le parking en bas…)

Or gros effort = vaso-dilatation des vaisseaux de la tête, et évidemment, c’est le facteur déclenchant des migraines.

Personnellement j’ai de temps en temps des migraines de montée au refuge, et ça n’a rien à voir avec le MAM.

Effectivement elles cèdent au Nurofen, ou au Zomig, un triptan super-efficace pour les vrais migraineux qui craignent d’avoir des nausées puis des vomissements (et encore une fois ce n’est pas du MAM, mais une bonne vieille migraine « vulgaire » comme disent les neurologues).
Le MAM, d’après ce que je sais, présente un tableau clinique pulmonaire bien plus compliqué qu’une simple migraine avec nausées : hyperventilation, sifflements à la respiration, toux bronchitique, fréquence cardiaque élevée, etc.

Par contre je ne conseille pas le Diamox pour des atitudes inférieures à 4500m, car ça donne des fourmillements au bout des doigts et une légère insensibilité des extrémités, ce qui est limite quand justement il fait très froid et que l’onglée menace.

Je crois que ça donne en effet un coup de pouce sur des courses de très haute altitude, mais pour le massif alpin, ça a plus d’effets secondaires que d’avantages directs (ça ne m’a pas aidée à monter plus vite et ça n’a pas empêché les migraines de l’effort !)

Florence

Posté en tant qu’invité par astero:

Tout symptome en altitude doit etre considéré comme en rapport avec un MAM, mais peu importe puisqu’il n’y pas de signe de gravité decrit ci-dessus

Pour info, le scoring du MAM (leger, modéré, et severe) est desuet et l’on parle plus soit d’un MAM bénin avec un ou plusieurs des symptomes habituels (nausées, vomissements, cephalées, vertiges, fatigue anormale) avec parfois à l’examen clinique des signes moins connus mais en rapport avec le MAM (oedemes localisées cheville, face, yeux)soit de l’oedeme pulmonaire que Florence a decrit pour des altitudes souvent sup à 3500 voire oedeme cerebral le plus svt au dela de 4500, 5000

Le diamox (1/2 X 2) a prouvé son efficacité mais bien entendu imparfaite (publications medicales BMJ 2001) a débuté 4 jours avant la course et à poursuivre pdt 48h pdt l’effort, mais moins connu la dexamethasone semble dans une etude avoir montré des resultats similaires au Diamox, à la dose de 4 à 16mg (effet non dose dependant) (publication dispo si interessé)

Voila, de tte façon les bonnes mesures preventives, on les connait et si on a le temps de les respecter, c’est tjs mieux que d’avaler des pilule aux effets incertains

Posté en tant qu’invité par Kalimero:

Le mal de crane est provoqué par l’altitude, des que tu redescends le mal disparait.
Il n’y a pas de solutions miracle, le seul remede c’est l’acclimatation.Il faut aller souvent en haute montagne,
sinon, monter vite et redecendre vite.

Posté en tant qu’invité par Oliv’:

Moi ca m est arrivé 2 fois de vomir en ayant fait un for dénivelé sans aucune acclimatation. Mais je ne croi pa qu il faille dramatiser, on peut pa parler vraiment de MAM. Dans mon cas tout ce qui se passe c est que je vomi (ca c est chiant quand meme) mai j ai pa mal a la tete ou a peine et je sui en pleine forme pour continuer. Et enfin la nuit je dors super bien (peut etre meme mieux que ceux qui vomissent pa mais qui ont une petite migraine)…