Lu dans le DL : FCAF-FFME : cordée de l'impossible?

Posté en tant qu’invité par Paul:

J’ai trouvé le texte suivant posté ce matin sur le forum FFME.
Il aurait été publié ce matin dans le Dauphiné Libéré

???


Congrès des Clubs Alpins Français

FCAF-FFME : cordée de l’impossible ?
Les négociations engagées en vue de la fusion des deux institutions en une
grande fédération unique achoppent sur des choix de société qui rendent
l’issue de projet incertaine

Fort de ses 90 000 adhérents, ses 130 ans d’histoire, ses 212 clubs, de son
patrimoine et de sa notoriété, la Fédération des Clubs Alpins Français
(FCAF) espérait bien pouvoir résoudre en un an les problèmes de son
rapprochement avec la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade.
Une mise en commun voulue par les pouvoirs publics qui souhaitent n’avoir
qu’un seul interlocuteur dans ce domaine, mais également désirée par le
président national de la FCAF lui-même, le Haut-Savoyard Bernard Mudry
mandaté avec son équipe il y a un an par le congrès d’Annecy pour y parvenir
avec une volonté de rassembler.

L’existance d’une double fédération pour des activités souvent semblables
(alpinisme, compétition d’escalade, expéditions) représente « une perte
considérable d’énergie » selon les mots mêmes du président. Au terme du
congrès de Troyes force est de constater que les deux parties n’ont pas
trouvé un terrain d’entente pour que cette fusion puisse avoir lieu dans les
délais prévus, c’est-à-dire d’ici un an et demi. Certains des 400 délégués
cafistes sont même allés jusqu’à s’interroger sur l’opportunité de
poursuivre les discussions : « les conditions du dialogue ne sont ni réunies
ni respectées » a estimé le président après une semaine mouvementée marquée
par échanges de communiqués qui n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu,
chacun se renvoyant la responsabilité de l’échec.

Apparemment la discussion achoppe sur deux questions : la FCAF propose de
mettre ses 142 refuges dans la corbeille sans aucune contre partie
financière. Mais la FFME, face aux coûts de gestion de ces constructions et
de la régression du bénévolat, considère qu’il faut d’abord passer par un
audit financier avant de décider si la charge sera supportable par la
fédération commune.
Cependant, c’est surtout la représentativité des deux organismes dans une
phase de transition de deux ans et dans la formule définitive qui fait
débat. La FFME compte environ 55 000 adhérents et plus de 1 000 clubs, et
selon qu’on tient compte de l’un des deux critères ou des deux, les
difficultés surgissent entre les deux parties.

Pour la FCAF la situation est difficile : ses effectifs sont en baisse. 6
000 personnes l’ont quitté en 5 ans. La vénérable institution de la montagne
viellit mal en dépit d’un projet global jeunes et d’excellences performances
des groupes excellences sur le terrain. Le risque c’est ni plus ni moins
qu’une marginalisation.

Car dans le même temps, la FFME dont le fonctionnement est calqué sur les
fédérations sportives traditionnelles, reçoit de l’Etat des délégations pour
les pratiques sportives et des subventions. Elle a été marquée à la hausse
par le développement de la pratique de l’escalade en compétition.
Aujourd’hui, les murs d’escalade artificiels sont devenus le passage obligé
pour les jeunes générations vers la découverte d’une montagne naturelle.
« Nos champs de compétence se téléscopent avec la FFME. Par exemple, elle
possède une délégation pour le ski de montagne, mais la très grande majorité
des pratiquants sont membres de la FCAF » explique le président.

De Marseille à Albertville, de Paris à Lyon, les pratiquants de la montagne
sont donc comdamnés un jour ou l’autre à s’entendre, et d’ailleurs, depuis
des décennies sur le terrain cela se passe mieux que dans les comités
directurs.

Mais les enjeux sont différents. « Nos cultures nécessitent un travail
pédagogique plus long. Le rôle tenu dans le passé par certains dirigeants du
CAF a laissé des traces » reconnait Bernard Mudry, pour expliquer la
situation actuelle qui débouche sinon sur un conflit, du moins sur de
sérieuses divergences de fond.

« Nous ne voulons pas d’une montagne transformée en stade » ont fait savoir
des délégués de la base. En réalité c’est tout un choix de société qui est
en jeu. Que devienderaient la protection de la montagne, le rôle de
l’aménagement du territoire, l’esprit CAF, la dimension humaine éducative et
formatrice dans une grande fédération à vocation et à structure avant tout
sportive, s’interrogent les adhérents qui tiennent à ces valeurs
identitaires ?

En définitive à Troyes le congrès de la FCAF a estimé qu’elle était allée au
maximum des concessions possibles pour créer cette fédération unique. Elle
espère que dans une délai bref, de l’ordre d’un mois, la FFME fera des
propositions pour débloquer la situation. Sinon, les clubs alpins qui
doivent se mettre en conformité avec les nouvelles dispositions sur les
fédérations sportives l’entreprendront seuls, de leur côté.

Article de Jean-Paul ROUDIER -
Le Dauphiné Libéré - Edition du dimanche 8 février 2004 - Pages France


Posté en tant qu’invité par Marc:

La résolution finale de l’Assemblée Générale du CAF adoptée à 98.7% hier est en ligne sur http://www.kairn.com/news.html?theme=1&start=18300[url=/viewtopic.php?pid=18300]/viewtopic.php?pid=18300[/url]