Posté en tant qu’invité par Francois:
Ces atomes de feu qui sur la neige brillent,
Ces estincelles d’or, d’azur et de cristal
Dont l’hiver au soleil d’un lustre oriental
Pare ses cheveux blancs que les vents esparpillent ;
Ce beau coton du ciel de quoy les monts s’habillent,
Ce pavé transparent fait du second métal,
Et cet air net et sain, propre à l’esprit vital,
Sont si doux à mes yeux que d’aise ils en pétillent.
Cette saison me plaist, j’en ayme la froideur ;
Sa robbe d’innocence et de pure candeur
Couvre en quelque façon les crimes de la terre.
Aussi l’Olympien la void d’un front humain ;
Sa collerre l’espargne, et jamais le tonnerre
Pour désoler ses jours ne partit de sa main.
L’hyver des Alpes (Saint-Amant, 1643)
