Posté en tant qu’invité par Francois:
La camionnette rouge s’arrêta doucement sur la route enneigée, derrière le chalet. Je l’avais vu arriver par la fenêtre de la cuisine. Depuis le temps que je l’attendais…des coups de téléphone, des coups de gueule " et les délais ? vous m’aviez promis pour telle date !.. " Sur la carrosserie du Trafic, la raison sociale en lettres de feu : mtn.frim. Pas de doute, c’est bien elle. Le chauffeur descendit, un petit gros apoplectique, emmitouflé jusqu’aux yeux, examina les environs puis, me voyant approcher, me demanda, planté devant la pancarte où mon nom s’étalait en lettres de vingt centimètres de haut :
- Francoua, c’est bien ici ?
Je lui rétorquis qu’à moins d’être complètement aveugle, c’était difficile de se tromper. Il me regardit d’un air bovin. - Bon, que je lui dis, vous déchargez ?
- Ici ? qu’il me dit.
- Ben oui, ici, vous êtes ici, non ?
- Ah ben ouais, qu’il marmonnit, c’est logique.
Il ouvrit les portes arrières et installa une rampe en alu, puis il la déchargeat ; - Doucement, faites attention, que je lui recommandis.
- Vouzenfaites pas, on a l’habitude.
On a tellement l’habitude qu’on manque de la fiche par terre. - Et voilà, qu’il me fait, tout fier de son exploit, elle est belle, hein ?
Là, je suis d’accord. Elle repose dans la neige, toute brillante de ses milles feux en sa robe veloutée. Un sourire béat aux lèvres, je l’enfourche incontinent et j’appuie sur le démarreur…Rien !..mézalor rien ! pas un clac ! pas un clic ! pas un keuf-keuf ! rien de chez rien !
P… déjà ? qu’est-ce que c’est que cette m… ! j’ai quand même pas sorti tout ce fric pour des prunes ?
Le type traficottait dans son fourgon Trafic. - J’vais vous installer la batterie, qu’il me dit.