À Servoz la falaise a deux secteurs. Celui pour la grimpe, rocher sain et celui pour le dry, rocher pas top. J’ignore s’il y a une différanciation nette pour l’autre site que tu cites.
Bon par contre on parle de dry tooling alors que l’objet du sujet n’a rien à voir avec cette discipline, on parle d’alpi mixte en montagne.
Il doit bien y avoir quelques brebis galeuses, mais j’ai l’impression que dans la communaute DRY on disregard vraiment le grimpeur qui dry sur des couennes ou des voies « rocher ».
C’est vraiment dommage… Je n’ai pas entendu parler de cas dans ma région du moins (ça a forcément existé, les humains restent des humains, mais voilà).
C’est un peu gênant ce que tu dis. A Servoz, ce sont 3 grandes voies totalement distinctes du secteur de couenne (très moche d’ailleurs). Va grimper à mains nues dans ces grandes voies, tu me diras ce que tu en penses.
Et je ne suis jamais vraiment allé dans la vallée du Fournel, sauf au site de dry dont tu parles (je crois), mais c’est un haut lieu de la cascade et du mixte. Là bas le dry a totalement toute sa place. Le spot en question est un vrai spot de dry, même remarque que pour tous les autres spots de l’article, va y mettre les doigts, tu m’en diras des nouvelles.
Tous les spots de l’article sont des spots équipés spécifiquement pour le dry, et rentrent dans le cadre dont je parlais dans mon précédent message. Ce ne sont pas des spots d’escalade où les gens mettent leurs piolets sans se poser de question, loin de là.
Une petite photo pour illustrer mes propos, sur un super spot de dry (Pomblière) :
Tu veux aller grimper à mains nues là bas ? Je crois que tout est présent sur la photo :
Ancienne mine au dessus de la route. Ca va, je crois qu’il existe des coins plus sexy pour la grimpe.
Belle qualité de rocher non ? Le mec en blanc en arrière plan est en train d’équiper une nouvelle voie. Tu vois ce qu’il y a au pied ? Tu as envie de grimper là dessus ? Pendant pas mal de passages, on continue d’arracher des bouts de falaise quand on grimpe, en escalade ça ne serait pas spécialement agréable (en plus on grimperait globalement sur du sable avec les mains).
Quand bien même le rocher serait sain (c’est faux) et le cadre splendide, tu ferais quoi en grimpe ? Le bout de section verticale, le toit serait infaisable (sauf une ligne en 8+ derrière le mec dans le toit, possiblement). Et le mur au fond avec les gravats au pied, qui pourrait donner quelques couennes en 4, après énormément de purge.
Le problème, c’est le titre de la discussion, et le contenu d’une grosse partie de son argumentaire (les histoires québécoises). Il amène à parler de dry, et non de mixte. Choix conscient de la part de l’auteur, à lui de gérer la suite.
Tous les sites de dry que je connais (peut-être 5 ou 6) se situent à côté d’un site de couenne.
T’as souvent une « belle » falaise pour la couenne, et en bordure tu as un bout de falaise ingrimpable à mains nue (toit qui résurge, rocher fracturé pourri, dévers sans prises…) qui est équipé pour le dry.
C’est le cas par exemple au Salève, à Léaz, à St Cergue, aux aiguilles de Baulme, à Leysin…
Parfois, ces lignes de trad empruntent des anciennes voies d’artif (qui ne sont plus pratiquées).
J’ai jamais vu personne faire du dry sur une couenne d’escalade normale.
Choix non conscient. Pour moi, dry (falaise selon vous) et mixte (montagne) s’amalgament lorsque l’on coince ses lames et pose ses crampons sur du rocher pur.
Mais, pour vous faire plaisir, je veux bien parler de mixte à l’Index même si une voie comme Mani pulite est une pure voie école, et non une voie montagne (rocher compact, travail de nettoyage important, 5 min d’approche, équipement à demeure, aucun danger objectif, parcourue par 4-8 cordées chaque beau jour d’été): je connais mille voies « école » où l’on serre bien plus les fesses que là…
Donc les « dryeurs » respectent les voies de couenne, je suis ravi de l’apprendre (à l’époque, certains faisaient du dry-glace dans les moulis d’Ablon).
Et, lorsque il s’agit de « montagne » (où est la limite, hein ?), alors ils se permettent de racler (donc dégrader: personne ne peut le nier, même Robin en avouant 50-60 passages en crampons sur la portion de rocher - toujours sèche - de sa voie partiellement commune avec Mani pulite).
Robin se félicitait précisément à l’ouverture de Basile le crocodile des coincements de piochons géniaux dans cette fameuse fissure commune: sèche donc ! Et invariablement sèche lors des répétitions.
Pour l’arête SE de l’Index, que je connais très bien, plein sud et donc en « crête », elle n’est qu’exceptionnellement bien fournie en neige-glace. Les parcours hivernaux se font donc en très grande majorité à, disons quoi, 70% sur rocher pur ?
Annoncer une différence entre « site écoles » de dry, où l’on respecte les voies rocheuses alentours, et une soi-disant pratique « d’alpinisme » est une torsion de la réalité: les deux voies de l’Index en question sont très loin de l’alpinisme !
Qu’elles soient partiellement blanchies en hiver ne change strictement rien quand on prend en compte leur nécessaire préservation.
Et d’ailleurs, la fédé glace Canada, citée par Robin, va exactement dans ce sens, disant que l’on peut, oui, mais … où les longueurs rocheuses sont naturellement protégées par la neige, le givre, la glace : ce n’est absolument pas le cas, encore une fois, des portions toujours « sèches » des deux (seules) voies que j’essaie de protéger !
Je continue et continuerai d’applaudir les ouvertures en mixte-touffes dans le secteur des Aiguilles Rouges, particulièrement celles de Robin, qui a un vrai sens de l’ouverture dans ce style.
Je demande juste que ces deux « pures » voies de rocher d’été (arête SE et Mani pulite), hyper classiques, de type école (bien évidemment, n’en déplaise, tout comme la Kohlmann à la FS de l’Aig du Midi) ne soient pas dégradées par quelques huluberlus égocentriques.
Vous avez tout le massif des Aig Rouges, majoritairement encore vierge dans ce style, pour vous éclater en mixte, alors pourquoi vous échiner à entrer en confrontation avec les grimpeurs « d’été » et ces rares voies de « rocher pur » ?
comparer ces 2 voies de l’index avec la face sud de l’aiguille il faut quand meme oser! Surout venant de toi Michel qui a toujours eu l’oeil pour les belles lignes …
Michel,
Toujours aucune prise de contact de ta part.
Toujours autant de mauvaise foi pour tromper les lecteurs : arête de parler de parcours de « mani pulite » lorsqu’il ne s’agit que d’un segment commun de 5m.
N’essaye pas de faire croire que l’activité hivernale sur ces secteurs n’est pas mixte. Tu iras parcourir les voies en chaussure d’été dans ces conditions, on en reparle à ton retour.
Toujours aucune capacité à débattre du fond, tu consent à évoquer le post de la fédé canadienne seulement pour tordre le propos selon ton intérêt… Qu’est ce que tu espère obtenir dans ce contexte ??
Tu veux me ralier à ton opinion, sans arguments solides, en venant me diffamer et me harceler sur un forum publique et ta page Facebook ?
Ou tu comptes seulement m’intimider pour que je cède ?
Alors résumons ce qui se fait en dehors du petit territoire dont tu t’es érigé en propriétaire :
au Canada on peut pratiquer le mixte sur des itinéraires alpin (ce qui est le cas d’une arête rocheuse partiellement équipée, culminant à 2800m et en conditions mixtes 5 mois par an) en hiver puisque cela relève de l’alpinisme.
en Ecosse les voies pratiquées (et souvent ouvertes) en été le sont aussi en mixte en saison hivernale, voir l’exemple de tower Ridge qui ressemble beaucoup en configuration et difficulté à la SE de l’index.
Le parcours de la se de l’index en hiver s’est toujours fait, j’ai eu l’occasion d’en parler avec de nombreux collègues étonnés que tu y vois une nouveauté Mais c’est sûr que dans le contexte chamoniard c’est moins couru car pas assez prestigieux pour en parler…
Que tu ai voulu transformer des parois de moyenne montagne en site école n’enlève pas leur caractère alpin en saison hivernale !
Si tu n’es pas capable d’un débat honnête et ouvert, à un moment il va falloir ouvrir les yeux : c’est juste du harcèlement…
Je quitte donc le navire jusqu’à ce qu’il y ait un capitaine, je crois que tout est dit à moins d’un gros changement de cap
Michel, ton investissement pour la communauté grimpante est fantastique, merci pour cet héritage de granite et de fissures!
Robin, je n’ai pas encore parcouru tes voies dans les Aiguilles Rouges. Je suis tenté, merci pour le partage de tes explorations!
Cela n’a rien d’une règle universelle. On pourrait très bien dire (et certains le disent) quand c’est protégeable sur coinceurs, on ne met pas de spits.
Bref, la seule raison pour laquelle cette règle s’applique pas trop mal est que la plupart des grimpeurs de dry sont aussi des grimpeurs sur rochers. Mais la seule véritable légitimité que j’y trouve viens du nombre plus important de grimpeurs « à main nue ».
En toute honnêteté, si un nouveau site classe et grimpable à main nue était ouvert en dry, je n’y aurait rien trouvé à redire.
Petit complément, Michel ne s’érige propriétaire de rien du tout,
il te dit juste que tu fais nimp en croisant et empruntant des voies existantes.
Juste pour compléter sur le territoire que je connais bien, et ce qui donne encore un +1 à Michel:
en Auvergne aucune voie de grimpe d’été n’est une voie de mixte d’hiver, il y a dissociation complète des terrains et des sites.
Seule la voie normale de la crète de coq est pracourue en crampons depuis qq années, et c’est une grosse connerie, les gens s’y colle terreur, c’est de la dalle. ça a tout rayé et c’est très moche.
c’est loin d’etre ce qu’il y a de plus beau a faire crampons aux pieds. et ça a bien défoncé le rocher…dur de le prendre en modèle.
=> +1 pour la dissociation complète des pratiques. bravo les Quebecois
Il n’y a jamais eu de « parcours hivernal de mani pulite » comme Michel aime le faire croire. Il n’y a qu’un passage en commun entre deux voies, sur 5m, dans un terrain particulièrement propice (rocher solide, marches pour les pieds, piolets crochetés dans des fissures). Résultat des courses : après 2 saisons et de nombreux passages, j’ai pu constater sur place l’absence totale de traces de passages sur ces 5 petits mètres
L’alpinisme en hiver sur des parois alpines enneigés 5 mois par an est légitime…
Le parcours hivernal de l’arête SE de l’index n’est pas une nouveauté, et les parcours similaires se font partout sur des terrains alpins en conditions hivernales…
Avant de dire « bravo les québecqois » il faudrait déjà aller voir la situation sur place avec un gros mécontentement face à la position de la FFQME et s’intéresser à la position de « ice climbing canada »… C’est bien plus complexe que ce que veut faire croire michel
Bizarrement toujours aucune réaction face à ce qui se fait au Ben Nevis ?
Pas sûr que ce soit par choix de la communauté locale de séparer les pratiques. On peut trouver d’autres explications : la rareté de parois à la fois propices au mixte (avec de la glace souvent, des fissures) et intéressantes en escalade (avec des sections assez longues de rocher solide qui n’est pas envahi de mousse, de touffes et de pentes d’herbe), le plus petit nombre de pratiquants (donc en particulier moins qui auraient envie d’aller essayer autre chose que ce qu’ils ont lu dans le topo) et enfin bien sûr les conditions qui font que les potentielles voies de mixte sont grimpables (et protégeables de manière « acceptables ») sur un bien plus court créneau que les voies en question dans ce fil.
Bref, tout ça pour pour dire que la comparaison n’est pas forcément pertinente.
En Auvergne l’adaptation des sites à ce genre de pratiques est extrêmement limitée, que ce soit par la topologie ou la règlementation (Aiguille du Moine ou Arêtes du Sancy).
Pour autant la Crête de Coq VN en hivernale est une classique de l’apprentissage dans la zone et pour la défonce sur le rocher sauf si les 10 dernières années ont eu un impact exponentiel c’est pas non plus infame…
Que diraient les écossais si j’allais blinder de spits leurs parois, prétendant que c’est habituel dans le massif du Mt Blanc ?
Je serais probablement pendu haut et court au son de la cornemuse. A raison.
Il est sûrement préférable d’assimiler les pratiques locales, partout où l’on grimpe ou équipe.
Par exemple, je me suis volontairement abstenu d’aller planter des broches au Wadi Rum et à l’Aladaglar (entre autres / même si mes envies étaient fortes), car ces sites sont 100% trad historiquement.
Et j’ai toujours contacté les ouvreurs et grimpeurs locaux pour connaître leurs règles et désidératas. C’est un élémentaire respect.
Voilà, j’ai répondu sur le Ben Nevis : leurs vérités ne sont pas forcément nos règles tacites et habitudes.
Disons que si c est le hasard il fait bien les choses, faut pas prendre les locaux pour des nigauds !!!
Evidemment qu on s est posé les questions, ça fait 30 ans qu il y a du mixte là bas.
Avec des voies aussi accessibles qu a Chamoniet certes un public bien moins nombreux .
Et la séparation des sites entre la grimpe et le mixte qui en résulte est la réponse des ouvreurs.
Donc tu reconnais une légitimité à la fqme (qui est loin de faire l’unanimité au Québec et Canada !!) puisque ça t’arrange, mais pas aux Britanniques (pour qui l’usage fait consensus) car ça ne va pas dans ton sens ? Pourtant en termes de préservation stricte de leurs terrains de pratiques ils sont plutôt à la pointe… Et la cohabitation des pratiques fonctionne très bien. Tu évites soigneusement d’en parler car tu en es conscient?
Pourtant cette cohabitation concerne une part énorme de leur patrimoine grimpe/Alpi, pas 5m en commun entre deux voies mineurs.
Quand à l’usage locale dans les alpes et pré-alpes françaises, il n’a rien contre le parcours d’une arête alpine en hiver. Arrête de faire croire que c’est une nouveauté
Je devrais pas alimenter le concours de mauvaise foi mais c’est tellement gros…
Je suis ce débat palpitant depuis les premiers épisodes, je m’attendais pas à ce que ça reprenne cet hiver !
En débattre ici ne fera, à mon avis, rien avancer mais bon…
Les photos des sorties dans Basile suffisent à comprendre que les conditions en hiver ressemblent plus à du rocher saupoudré de neige que des vraies conditions « mixtes » qui protègent le rocher.
Que le passage commun fasse 5m ou 50m, ça ne change rien, en France on a toujours ce respect pour la première ouverture.
Donc est-ce qu’on a une photo aujourd’hui du passage en question ? Si c’est dégradé, après seulement 1 an de passage effectivement la demande de retirer la voie est justifiée car on peut supposer que la dégradation va continuer. Si pas de dégradations avérées, dans ce cas on attend encore un hiver et on répète le process.
La cohabitation est possible mais la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.
Pour l’arête SE, en faire un topo n’est pas très responsable pour la longévité du rocher sur ces itinéraires.
Evidemment le parcours hivernal d’arête alpine n’a rien de nouveau mais ceux qui ont vraiment envie de ce genre de pratique n’ont pas besoin du topo, et moins il y a de passage, mieux le rocher s’en portera. Ce n’est pas aberrant de demander la suppression du topo.
Le Quebec et Ben Nevis n’ont rien à faire dans ce débat, qui est bien trop personnel.