Posté en tant qu’invité par Arnaud:
7 Août 2002 :
Nous sommes enfermés dans notre chalet du Pré (1430 m) à Sainte-foy Tarentaise depuis plusieurs jours, il pleut et neige même vers 2800 m. Un temps de chiotte quoi! Soudain, la radio nous annonce une amélioration dans l’après midi et un temps magnifique pour le 8 août, mais une nouvelle dégradation le 9 août. Yannick et moi profitons donc de cette acalmie, à 14 h nous chaussons nos « brodequin » et montons au superbe plateau de la Sassière (on peut y voir le refuge du Ruitor). Puis voyant le temps se maintenir, nous continuons jusqu’au col de Monseti vers 2500 m et redescendons par le lac Noir et le vallon de Mercuel (refuge D’Archeboc). Après ce dégourdissement des jambes, le soir je propose à Yannick de gravir un sommet avec glacier le lendemain. Mon choix se porte sur un sommet coté Facile avec quand même un bon dénivelé (1500 m) : La pointe de la Sana (3446 m) en Vanoise. En effet mon expérience modeste en haute montagne (cf : http://perso.wanadoo.fr/amateurdarts/ c’est un site principalement fait pour mes amis, mais vous êtes tellement sympa
) ne me permet pas d’envisager une course plus difficile.
Le lendemain le 8 août 2002 :
Réveil à 2 h, puis nous prenons la route pour Val d’Isère et s’engageons dans la vallée du Manchet jusqu’au terminus. Départ à 4h du parking en direction de chalet du Riondet. Plus tard nous attaquons la moraine rive droite nous menant au glacier des Barmes de l’Ours. Le glacier est peu incliné, j’apperçois le col du même nom, je me dis que cela va passer comme sur des roulettes. Nous nous équipons (crampons, piolet, encordement). J’ouvre donc la voie à mon second et constate, au fur et mesure de notre progression, que nous marchons sur une bonne épaisseur de neige récente et gelée sur sa surface. Je suis attentif et remarque que les crevasses sont bien recouvertes et qu’il va falloir faire très attention à la descente. Aussi j’invite Yannick à accélérer un peu parce que je sais que le soleil ne va pas nous attendre. nous sommes au col (3077 m) à 7h45 et 1h15 plus tard au sommet. La vue est magnifque,sur 360°. Nous restons 20 mn et je décide de prendre le chemin de la decente.
Nous arrivons au col rapidement et sans difficulté, mais c’est après que ça se corse. Je rallonge la distance qui nous sépare et demande à Yannick de passer devant afin que je puisse l’assurer s’il le fallait. En effet, je sais qu’il faut traverser le glacier et je comprends que les crevasses (après ces chutes de neige) sont difficilement décelables. J’oriente donc Yannick dans le choix de l’itinéraire de descente mais cela n’a pas suffit. Soudain ce que je craignais arriva. Yannick casse un pont de neige et se retrouve avec une jambe dans le trou et l’autre sur la lèvre de la crevasse. En équilibre précaire il parvient à se sortir de cette facheuse posture pendant que je l’assurais. Nous repartons. Je lui demande de faire très attention et de sonder avec son piolet le sol afin d’être sur de poser le pied sur du dur. Mais plus bas, pensant que de toute façon si Yannick passe je passe, je traverse de tout mon corps un pont neige et m’enfonce dans la crevasse. Ma chute survenue comme un éclair fut enreiller par mon sac à dos et mes crampons contre la paroi de la crevasse. Je sens aussi la tension de la corde qui tente de me sortir. Un grand doute s’empare de mon compagnon de cordée qui commence à « fliper grave ». J’étais pas mieux, mais il ne fallait pas qu’il s’en apperçoive. En fait je ne voyais pas bien comment sortir Je lui dis donc un gros mensonge :
- Ne t’inquiète pas, cela m’es déjà arriver une fois, on est sorti du glacier après sondage du sol à chaque pas pour être sur, ça nous a pris pas mal de temps mais ça s’est bien passé!
Il nous reste que 200 à 300 m de distance à vol d’oiseau pour prendre pied sur le terre ferme (ça ressemble plus à un tas de cailloux qu’à de la terre mais bon c’est pareil). Nous continuons notre progression extrèmement lente et prudente mais ça n’empèchera pas Yannick de rééditer son expérience. Rebelotte, en voulant sauter une crevasse, il s’approche et la lèvre céde. Cette fois-ci il en a marre. J’arrive à le résonner et au bout d’1h30 (pour 200m de distance) nous sortons du glacier. Joyeux, il me remercie, je lui avoues alors que j’étais plutôt inquiet et nous en profitons pour tirer les leçon de cette mésaventure.
Lors de norte descente sur les sentier bien marqués où nous rencontrons plein de monde, j’ai le temps de penser à ce qu’il était arriver. Je comprends pourquoi nous étions seuls ce jour en plein mois d’août sur un sommet facile est assez connu en Vanoise. Je comprends aussi que ma recherche de l’autonomie passe avant tous par les anciens (je parle d’expérience et non pas d’age) et qu’un apprentissage dans les règles de l’art est plus prudent. J’ai voulu griller les étapes et cela aurait pur mal finir même sur un sommet facile et par beau temps.
