Posté en tant qu’invité par capt’ain America:
Qui est le Suisse? un paysan rusé. Soumis au changement.
Apparemment, Ben n’avait pas si tort lorsqu’il affirmait, lors d’une exposition universelle, que « la Suisse n’existe pas ». Petite, enserrée par deux des plus grands pays d’Europe occidentale, et certes discrète. On peut encore y rajouter le désintérêt relatif qu’y portent les touristes à cause de ses prix élevés. La Suisse a donc de quoi être oubliée par les anciens états ayant une longue et fameuse histoire derrière eux.
Peut-être est-ce précisément par cette piste que l’on peut expliquer la timidité apparente des Suisses. D’un territoire habité par des paysans bien lourds, qui constatent avec plaisir la vitalité de leurs enfants lors d’expéditions de fin de soirée contre un village voisin ou même une ville lointaine, afin de se procurer un meilleur pré ou simplement donner une déculottée aux citadins naïfs et revenir les poches pleines, on passe à une confédération d’états qui s’enrichit grâce au service à l’étranger. Bien sûr, il n’est guère possible pour ces Suisses là d’agir comme ils le veulent, mais peu importe, ils se contentent d’aller rassasier leurs envies de fêtes et de combats au dehors de leurs frontières. Le pays, pour empêcher cette masse de soldats volontaires est mis sous tutelle…principalement française. Certainement jamais pays ne fut aussi ouvert que la Suisse de cette période. Des dizaines de millers d’habitants à l’étranger, ramenant et brassant idées et richesses; flux effectivement valable que dans un sens. Puis le mercenariat se termine. La Suisse garde son statut d’inviolabilité, se retire de la scène internationale, et se contente de devenir la deuxième puissance industrielle en Europe, après l’Angleterre. Pour devenir ce qu’on l’on sait. Les Catherine ne sont pas les seules à mettre des gérania à leurs fenêtres.
La ruse du paysan et l’habilité de l’artisan, voilà donc ce qui fit la richesse de la Suisse. Peut être pas dans l’innocence, mais jamais dans la concurrence avec un autre état. Puis une mise à l’écart lors de conflits explique encore un manque d’habitude à s’ouvrir aux autres. Et on peut voir dans la récente indépendance totale de la Suisse (moins de 200 ans) ses réactions de jeune adulte qui vient de quitter le foyer parental, et qui s’étonne et craint pour sa richesse héritée. Voilà pourquoi il rentre peu de courses sous skirando.
Mais autre que cette intelligence terre à terre (d’ou découle peut être le moins de culture qu’a la Suisse par rapport à un France ou une Autiche…), la plupart des Suisses possèdent encore (une fois de plus, je ne sais si c’est par pessimisme ou réalime, je souligne le « encore »)
- de l’honnêteté (on peu laisser les skis dehors en allant faire les courses sans qu’ils se fassent volés dans n’importe quelle station)
- une conscience écologique (venez donc skier en TP par chez nous)
- un certain altruisme (20% d’étrangers sur les 7 mio d’habitants, une aide au pays de sud nettement plus désintéressée qu’en France, un rapport Bergier qui peut aller sur le dos de l’honnêteté)
- un peu de fierté, oui, mais pardonnable, car comme déjà dit
- un peu de modestie,
- un caractère influençable, malheureusement (mais résultat universel et déplorable de la mondialisation)
Quand à dire que le Suisse vit pour le fric, celui qui le prétend ne prend guère de risque, car qui ne le fait pas. Et si la Suisse possède un PIB élevé, elle essaie malgré tout de faire preuve d’une certaine équité.
Cap’A