Posté en tant qu’invité par Pat-au-fond-de-la-rimaye:
Pour peu que vous vous intéressiez un tant soit peu au petit monde de la rando, vous l’avez forcément déjà croisé, que ce soit sur un parking, au CAF, ou sur le web. Le Bubu pense (ah bon ?), respire, et vit rando. Fin tacticien, il saura vous expliquer en peu de mots comment optimiser votre pratique de la randonnée à skis, pourquoi il est nécessaire de mettre cinq paires de chaussettes, comment customiser votre dernière paire de Laser afin de faire de plus grands pas, ou comment gagner du temps lors des manœuvres au cours de la journée. Extrêmement passionné, résistant à la douleur parfois jusqu’à la limite du masochisme (3 500 ( !) m de dénivelé dans la journée pour les ‘quatre combes et un coup fin’ des Aravis) pour profiter des derniers rayons du soleil, ses actes vont malheureusement parfois à l’encontre de ses paroles : un sac à dos qui, pour tout contenir, flirte avec les 15 kilos ; le temps gagné dans les montées généreusement gaspillé sur le parking et au sommet (1 heure pour mettre des peaux) ; l’ingestion quasi rituelle d’une mixture qui, pour être prédigérée, n’épargnerait pas au commun des mortels de tout poser au premier raidillon de la journée ; enfin une persistance à vouloir raccourcir la durée des nuits les veilles de course.
En skis, il a tout fait, avec toujours cette qualité précieuse de ne pas trop se prendre au sérieux : ainsi du Piaget aux Agneaux qui décemment ne méritait sa visite que parce que la neige était croûtée au vallon de la Route, 15 Grands ‘petits’ Pics par saison en Lauzière, une moyenne de 100 000 m par an et une connaissance approfondie à coups de cartes des massifs proches d’Albertville ; et surtout il saura vous conter chaque rando comme si vous y étiez, savoir qu’il faut contourner le sapin 1 753 par la droite et non par la gauche, etc. Un talent certain pour les commentaires de course, que chacun est maintenant à même de juger sur Internet, et qui devrait faire la base pour une publication future à vocation historique lorsque la neige aura définitivement fui nos contrées en hiver (titre proposé : ‘la rando c’est pointu’, ou ‘mes 1 000 et une façons de manger les pâtes pour torcher’).
Mais Bubu, à l’image de son homonyme, sait être polyvalent, avec toujours cependant une préférence pour les longues bambées bourrin face aux aspects les plus techniques de nos activités : une période spéléo, pour se faire un physique ; des efforts désespérés en escalade, avec souvent des cris et jurons variés pour conjurer les affres de la gravité ; de la cascade et des grandes voies Cambon pour faire du social. De l’alpinisme pour occuper l’été, avec une spécialité à la traversée d’un autre Grand Pic. La création de pistes de ski à coups de hache et de scie dans les arcosses préalpins.
Des partenaires variés, allant de la petite au gros poussin (à la polaire) jaune, en passant par un recrutement dans les hospices de Saint Hillaire, pour quelque enseignant grincheux et grabataire, néanmoins amateur de bière et de nudisme au sommet. Même un petit énervé (énervant) qui fait bien peu d’efforts.
Au final un niveau en montagne plus que tentant, aux portes du 5.4, du 1 000 m/h, et du 4c, et un Hussonisme latent bien amusant (il ne faudrait pas perdre de vue que la montagne reste avant tout un merveilleux terrain de jeu) qui ne demande qu’à se développer, à coups de ski à poil et/ou de nuit dans les banlieues de Prabert, et de collants chaque hiver plus légers et transparents. Par ailleurs, Bubu est aussi un ingénieur au top, capable de vous baratiner la plus invraisemblable des explications sur les mystères du cosmos, l’utilisation du glycogène chez la libellule (sans pouvoir dissimuler une certaine jalousie), ou le dernier piolet à la mode. Mais qui essaie-t-il de convaincre ??? D’abord incrédule face à un tel oiseau rare, qui a au moins su rester fidèle à ses premières convictions, il faudra bien vous y faire :’le Bubu, ça vous gagne’.
Signé: le petit énervé
