Posté en tant qu’invité par alex:
Euh… perso je vois pas trop où est la frustration chez un skieur de rando - à part quand il pleut.
En septembre dernier, j’ai eu la chance de survoler en avion léger le massif du Mont-Blanc, les Dents du Midi, le Chablais. Il faisait tellement beau, la vue était tellement grandiose que là, oui, j’étais super frustré de ne pas être en montagne, grimpant à ski sur une arête de neige au dessus de la mer de nuages, baignant dans l’air calme et silencieux.
Je crois que les gens qui se font déposer par hélico insultent ceux qui ont fait l’effort de monter un minimum par leurs propres moyens : d’une part à cause du bruit et de l’intrusion d’une machine résolument antinaturelle dans un mileu qui reste l’un des derniers espaces sauvages et d’autre part en méprisant (même si c’est surement souvent involontaire) l’engagement des randonneurs. Il y a de quoi être frustré quand des gus débarquent après une montée pépère de 10min sans suer une goutte alors que t’as mis 4 ou 5 h pour en arriver là ! Et pourquoi pas le bus de touristes au sommet tant qu’on y est ?
Ceci dit je ne considère pas du tout la montée comme une galère : ça fait partie des plaisirs de la montagne, on respire, on prend le temps d’admirer, d’observer, de vivre un truc fort, bien loin de toute attitude consumériste (la montagne jetable en quelque sorte). Quand on voit le ratio montée/descente nettement favorable en temps et en effort à la montée, on ne peut que se dire que le ski rando n’est pas du ski, ou plutôt pas que du ski.
A la base c’est une manière - comme l’alpinisme ou plus modestement la rando pédestre - de monter vers les cimes, d’aller en montagne, d’être en montagne.
L’héliski, c’est la négation de cet état d’esprit. Pire : c’est la négation de la montagne.
Alex (in wilderness is the preservation of the world)