Posté en tant qu’invité par Francois:
Pour en revenir à mon Promontoire, et comme le temps semblait virer de bord, nous décidâmes unilatéralement de faire la Meije. Je dis « unilatéralement » parce que mon camarade Pierre voulait redescendre prendre une douche.
« Mais on en prend depuis une semaine, des douches ! Ca ne te suffit pas ? »
Il me répondit que oui, mais chaude.
« Ben on rentre en passant par le sommet ; si tout va bien, demain soir, on est à la douche »
- Mais on n’a pas de corde ! on l’a oubliée en bas…
Ah…
J’admets.
Voilà un vrai argument.
D’accord.
Pierre se frotta les mains et chanta victoire, mais un peu tôt.
« Des cordes, si vous voulez, j’en ai »
Thierry volait à mon secours.
« Y’a toujours des gars qui oublient du matos. Qu’est-ce qu’on trouve, là ? » dit-il en farfouillant dans une caisse « …tiens, une quarante en 11, ça vous va ? ».
Pierre, qui se voyait déjà sous la douche chaude, prit une douche froide. Mais c’est lui qui détenait la clé de la situation. S’il voulait descendre pour sa douche chaude, je n’avais aucun moyen de l’en empêcher. Je me résolus à lâcher du lest (en montagne comme ailleurs, il faut savoir composer… et en montagne, lâcher du lest, c’est plutôt bien vu ; à condition de ne pas être en dessous, naturellement) :