Hello,
Encore un thread en mode bouteille à la mer mais j’aurais aimé tomber dessus quand j’ai fait mes recherches.
Je souhaitais m’équiper de vraies chaussures de drytooling, pour progresser et éviter de porter les grosses dans le fond des vallées. Au vu de ma pratique, ça ne semblait pas raisonnable de mettre 400 à 500 euros dans une magnifique paire de La Sportiva Mega Ice. J’ai alors préféré les fabriquer moi-même mais avec un minimum de budget.
Plusieurs techniques sont diffusées sur les réseaux :
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Visser des vieux crampons à un chausson d’escalade bas de gamme. Ça doit probablement le faire mais les aspects de confort, d’isolation thermique, de durée de vie et … d’esthétisme ne sont pas validés à mon sens.
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Se baser sur des chaussures de ski de fond, les percer et visser un bloc crampons. Il est très difficile de trouver des chaussures de ski de fond intégralement rigide (chaussure type skating compétition). Oui, elles sont rigides, mais avec le porte à faux lié aux crampons, elles fléchissent tout de même, le talon se lève et la précision n’y est pas. Ce sont aussi des chaussures assez « grosses » pour être confortables, elles seraient donc moins précises.
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Se baser sur des patins à glace. Difficile à trouver et subjectivement pas convaincu de cette idée.
Mon idée est de prendre une chaussure de vélo de route hivernale et de la modifier.
J’ai acheté une paire de FORCE Glacier Road (vous voyez l’ironie arriver ?) sur Vinted pour 40€. J’ai pris une pointure de plus que ma pointure de ville.
J’ai été très déçu en les recevant de voir que la semelle présente n’était pas parfaitement rigide. Lorsque je me mettais sur la pointe des pieds, elle se pliait légèrement.
Allé, c’est parti !
Un coup de ponceuse à bande pour enlever tout ce qui ne sert à rien :
Mon idée était de remettre plane la semelle à coup de décapeur thermique, finalement elle s’est proprement désolidarisée de la botte elle-même :
J’utilise des méthodes peut conventionnelles à coup de décapeur thermique et de serre joint pour aplanir le plus possible la semelle d’origine, elle me servira après.
Je découpe dans une plaque de carbone de 5 mm l’équivalent des 2 semelles. J’ai acheté cette plaque 40€ sur Amazon (shame on me). Ça se découpe à la scie sauteuse, pas sans mal… Comptez une lame par semelle. Pensez aux protections respiratoires.
Je repère l’emplacement des crampons, je perce au diamètre 5 et je fais un lamage (pour encastrer au mieux la tête de vis).
Je ponce légèrement les 2 faces de la plaque carbone pour améliorer le contact des colles. J’ai utilisé des vis inox trcc japy M5x40 pour les fixations des crampons.
Je mets un point de colle dans les trous et les vis sont rentrées en force au marteau (l’empreinte carrée déforme le perçage dans le carbone). J’utilise de la colle epoxy en seringues de 24 mL qu’on trouve dans le commerce. Au vu des quantités utilisées, ça aurait été plus judicieux de prendre des grands flacons et de faire les mélanges au fur et à mesure.
Je colle alors le premier sandwich : la semelle d’origine et la semelle carbone. Il est mis en presse via le bloc crampon et des serre-joints.
A propos des crampons, j’ai utilisé un bloc de chez Kuznia à 60€ mais on trouve aussi chez Vertical Life. Bien loin des crampons Petzl hors de prix et ils font parfaitement le job. Merci à ces deux artisans de faire vivre le dry à sa juste valeur. Faites un tour sur leurs boutiques qui vendent du rêve (lame Petzl dry à 30€, prises en tout genre, etc).
Après nettoyage, on obtient une semelle à rigidité intégrale :
C’est maintenant l’étape clé de cette aventure : coller la chaussure sur la nouvelle semelle ! Dans la chaussure, je place un morceau de latte en bois qui m’aidera à mettre en presse. J’étale généreusement de l’epoxy (mettez des gants).
Je place la nouvelle semelle rapidement et j’essaie d’ajuster celle-ci du mieux que je peux tout en pressant.
C’est difficile à ajuster, ça dégueule de partout et on en a plein les doigts mais c’est le prix à payer pour que toute la surface soit bien collée. S’il y a de petits écarts, notamment parce que la chaussure n’est pas prévue pour être collée à une surface plane, ce n’est pas si grave tant qu’ils sont comblés par la colle. Des retouches par la suite sont également possibles dans la limite du raisonnable.
Dès que ça commence à sécher, je prends un cutter et je nettoie toutes les coulures. A ce stade, la colle est encore un peu souple et se travaille assez bien. Par la suite, je devrais plutôt utiliser une lime.
C’est pas parfait mais largement suffisant.
A ce stade, je me suis rendu compte que la chaussure n’était pas si évidente à enfiler. Ce problème ne me gène pas tant que ça et permet justement de bien maintenir le pied tout en restant confortable. Le boa est un peu léger et à tendance à se dé-serrer. J’ai fait rajouter par le cordonnier du coin 2 petits passants un peu plus haut sur la botte (pour contraindre le talon). J’ai passé un ancien lacet Salomon pour le serrage.
Et voici,
Validées sur le terrain !
Si vous avez des questions à propos de cette fabrication, n’hésitez pas à les poser.
A bientôt en montage,
Nico
















