Posté en tant qu’invité par Jean-François P:
C’était au pied des Drus. « Nombreux et confortables emplacements de bivouacs » qu’ils disaient ! Ouais, nombreux ça c’est sûr. Mais confortables, pas tous ! Surtout celui où le caillou pointu (pourtant traqué avant la nuit) tente déséspérement d’écrire un texte en Braille au niveau de mes lombaires…
Nous avions emmené une tente que je ne connaissais pas, empruntée à mon filleul : lorsque j’avais vu et soupesé son sac, j’avais décidé sine-die que ce bivouac serait plus confortable sous une tente, d’autant que la météo entrevoyait la possibilité d’une ondée dans la soirée. J’avais bêtement ommis de lui demander quelques précisions sur l’engin : un acte manqué ?
Ah, ça, elle pouvait être légère : c’était une petite saloperie pour une personne, étanche dans le sens transpiration/reste du monde, mais pas du tout dans le sens gros nuages/sac de couchage.
Et à deux là-dedans, ormis une désagréable promiscuité que la pudeur m’empêche ici de raconter, la transpiration décoiffe !
Et puis, qu’est ce qu’il bougeait ! Chaque mouvement, aussi discret soit-il, faisait trembler le fragile abri de toile, entraînant la chute des milliers de gouttes de condensation accumulées depuis le dernier geste de l’un des deux abrutis emboités… C’est à dire environ cinq minutes.
Cinq minutes, pour s’endormir, c’est très court. Vraiment trop court. Et moi qui d’ordinaire trouve toutes les nuits trop courtes, j’étais tombé sur la nuit la plus longue de l’été…
Si bien que le réveil fût acceuilli comme une délivrance, et l’idée d’en découdre avec le froid granit de la Directe Américaine comme une récompense…
Comme quoi le souvenir que laisse un bivouac dans notre mémoire ne se mesure pas nécéssairement à l’aune des minutes de sommeil…
Jeff