Encore un mort!

Posté en tant qu’invité par Kalimero:

Un alpiniste est mort en traversant le grand couloir du gouter.
Il a ete projeté dans le vide par une chute de pierres et a fait une chute d’une centaine de metres.Si vous devez traverser ce couloir prochainement, n’oubliez pas de surveiller le haut du couloir et de traverser en courrant, il est aussi possible de se longer au cable…bonne chance.

Posté en tant qu’invité par Yeti:

Salut Kalimero (—.w193-250.abo.wanadoo.fr)
Il va falloir que je te donne un court particulier d’alpinisme pour que tu arrêtes de raconter des bêtises sur C2C…

Survivre au Grand couloir n’est pas tellement une question de chance. Je crois que si 90% des morts avaient adopté le bon comportement, ils seraient encore parmi nous aujourd’hui.

Bon, je te charrie, tes conseils ne sont pas idiots mais je préfère les préciser, car le terme « courir » peut être mal interprété :

  1. Rappelons tout d’abord que quand une pierre tombe, on regarde vers le haut pour pouvoir l’éviter. Je ne sais pas d’où vient cette manie qu’ont les gens de s’accroupir en attendant qu’elle leur tombe dessus. Peur de la prendre dans la face? Faites le test en interrogeant des débutants. Plus de la moitié pensent que c’est ce qu’il faut faire. Or, quand on entend des pierres tomber, il faut REGARDER EN HAUT. Si, et seulement si, il tombe des dizaines de pierres dans tous les sens ET si aucune réchappe n’est accessible rapidement, alors on s’accroupit et on protège sa tête avec son sac. Mais dans tous les autres cas (c’est à dire 99% des cas) on a le temps d’observer la trajectoire de la pierre (car le plus souvent il n’y en a qu’une) et d’apprécier les échappatoires possibles. On attend alors calmement que la pierre passe. Attention, les pierres rebondissent, il faut donc observer jusqu’au dernier moment. Et si elle vous fonce dessus, hop un petit crochet tonique et elle poursuit son chemin bredouille.

  2. Au Goûter, les pierres ne se contentent pas de tomber dans le couloir! A proximité de ce couloir il n’y a que 3 endroits protégés : sous le petit mur avec le câble juste avant le couloir (place pour 5 ou 6 seulement), sous le mur à l’arrivée du câble (rive gauche). A l’épaule (où se trouve une échelle posée par terre) bien au dessus du couloir. Partout ailleurs ça craint. Ne vous y attardez pas! Même sur l’épaule 10 minutes avant le couloir il arrive que des wagons s’écrasent!

  3. ON NE COURT PAS dans le couloir! Le risque de trébucher est bien plus grand que de se prendre une pierre. Passer rapidement, sans s’arrêter. Tendre l’oreille. Marquer le pas une demi seconde de temps en temps pour observer le couloir.

  4. Utiliser le câble en se longeant avec sa corde, avec 6 mètres minimum. Car le câble s’éloigne de la trace vers la rive gauche. Si on se longe avec une longe courte le câble tire vers le vide…

  5. Si c’est enneigé ou verglacé mettre les crampons dès Tête Rousse et ne les enlever qu’à l’échelle.

  6. Quand on remonte l’arête, prévenir ceux qui sont dans le couloir en cas de chute de pierres.

  7. Sur l’arête s’encorder court (3 m) pour ne pas faire tomber de pierres. Ne pas s’écarter de la « trace ». Bien rester sur le fil de l’arête.

  8. Porter un casque d’alpinisme (je précise d’alpinisme car on voit beaucoup de casque de vélo…).

  9. Faire autre chose que le Mont Blanc.

Posté en tant qu’invité par Kalimero:

Salut Yeti

Eh bien moi ma methode, c’est de marcher en observant le haut du couloir dans la partie la moins exposée pres a rebrousser chemin
en cas de depart de chute de pierres.Dans la partie la plus exposée je ne regarde plus le haut du couloir et je traverse le plus rapidement possible, en courrant si c’est possible mais toujours prudemment.Dans ses conditions je ne pense pas qu’une
pierre ai le temps de me rattrapper. Evidemment il ne faut pas trebucher en courrant dans la pente raide, il faut trouver la juste limite entre rapidité et prudence.Pour le casque je suis d’accord, il vaut mieux en avoir un.Et se longer sur le cable, je ne l’ai pas fait la derniere fois, mais je reconnais que c’est un tort car c’est quand meme une securité supplementaire,
le probleme c’est que le cable est positionné un peu haut.

Posté en tant qu’invité par Yeti:

Nous sommes d’accord sur l’essentiel.
Mais ta méthode est réservée aux alpinistes aguerris qui savent mettre un pied devant l’autre en regardant en l’air et qui savent garder leur sang froid.
Or la majorité des « alpinistes » concernés par cette traversée sont faibles techniquement et super angoissés par tout ce qu’ils ont entendu à la télé à propos de ce satané couloir. Du coup ils traversent en courant, sans regarder où ils posent leurs pieds, complètement stressés, et le résultat ne se fait pas attendre…
Il poireautent également des plombes 1 mètre avant le couloir, sans osé s’engager et sans réaliser qu’ils risquent déjà gros en restant où ils sont.
D’où mes conseils pour le plus grand nombre.

Et le dicton du jour :
« Courir c’est mourir! »

Et le poème du jour :

Heureux. Il a gravi le Mont Blanc.
Fatigué mais ravi, il revient émerveillé.
Enchanté par ce monde si troublant
il a découvert la magie des sommets.

Il a respiré jusqu’à l’ivresse
le vertige des arêtes effilées.
Il a rencontré là-haut sa déesse,
celle avec qui il va s’en aller.

Enrichi des images de l’altitude,
enivré par l’odeur des cimes
il a enfin trouvé la quiétude.
Pour le repos éternel de son âme.

Il a rencontré là-haut sa déesse.
En retraversant le grand couloir
il a beau avoir serré les fesses
La déesse Pierre l’a plongé dans le noir.

Posté en tant qu’invité par Loïc:

Bien ce petit mémo de survie au Goûter ! Je rajoute 2 ou 3 choses :

  1. Utiliser le câble en se longeant avec sa corde, avec 6
    mètres minimum. Car le câble s’éloigne de la trace vers la
    rive gauche. Si on se longe avec une longe courte le câble
    tire vers le vide…

4bis. On ne passe pas par la trace au-dessus du câble pendant que d’autres traversent au niveau du câble en leur faisant dégringoler les pierres dessus (déjà vu).

  1. Sur l’arête s’encorder court (3 m) pour ne pas faire
    tomber de pierres. Ne pas s’écarter de la « trace ». Bien
    rester sur le fil de l’arête.

7bis. Si des personnes qui descendent vous font signe de vous areter pour les laisser passer, on ne continue pas à monter pour venir grossir le « bouchon » qui s’est formé (déjà vu aussi) !

  1. Porter un casque d’alpinisme (je précise d’alpinisme car
    on voit beaucoup de casque de vélo).

… et même de moto. C’est marrant pour le spectacle, mais je sais pas si c’est efficace :wink:

Loïc

Posté en tant qu’invité par jkm:

Toujours facile de donner des leçons , t’aurais du les donner à terray ou à Lachenal ou à Berhault au Pelvoux .

Posté en tant qu’invité par Claude:

Je ne comprends pas ce que tu veux dire.
En gros, tu dis que parceque des alpinistes très fort ont fait dans leurs vies des erreurs, on n’a pas le droit de former des alpinistes. Euh non, ça ne devait pas être ça. Que voulais tu dire alors ?

Posté en tant qu’invité par David:

J’irai plus loin encore, c’est parce que les Alpinistes encore vivants aujourd’hui ont fait des erreurs qu’ils sont encore là aujourd’hui.

Même si elles peuvent être dramatiques, je pense que les erreurs que l’on commet en montagne sont les plus instructives pour la suite de sa pratique …