Effet des reseaux sociaux sur la pratique de la montagne (fréquentation, bivouac)

Ça tourne un peu en rond, non ? Je pense qu’on est tous d’accord pour dire qu’il n’est pas si difficile de trouver des endroits tranquilles en montagne et qu’avoir beaucoup de monde amène souvent des désagréments et des dangers.

Après chacun fait bien ce qu’il veut sans avoir à mépriser ceux qui font un peu différemment. Dans certaines culture on valorise l’originalité et l’indépendance d’esprit, dans d’autre c’est le conformisme et le respect des règles et des normes qui sont la panacée.

Enfin, avoir envie d’une course parce que Labande écrit que c’est très joli et en avoir envie parce que Tibo_inshape tweet que c’est dément, c’est pas vraiment si différent.

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La Sassière est T4 E3 ? Etrange.

C’est de la rando sur sentier basique pourtant.

En fait j’y suis jamais allé à pieds mais toujours en vtt (3 ou 4 fois je sais plus). C’est un sommet qui se fait très bien en vtt alors que le T4 est générallement inroulable (éviter juillet-août toutefois).

Je vois pas le problème avec les trailers en basket, pour la Sassière je trouve ça plus adapté que des grosses…

Sentier très raide et exposé dans du schiste de 3750 à 3500 m : T5/E3 (attention cette portion peut être gelée)…
Sentier moins raide mais ponctuellement inroulable entre 3500 et 3000 m toujours dans du schiste : T4/E3.
Sentier plus « classique » en terre dans les alpages entre 3000 m et 2280 m : T3/E2.
Roulage pour un VTTiste confirmé : 60% entre 3750 et 3000 m, 95% entre 3000 et 2280 m…

https://vttour.fr/topos/1182

Qd à l’exposition, je confirme le E3 compte tenu de l’accident vu. Une glissade non bloquée instantanément se finit 200m plus bas dans dans la rimaye avec assurément des bobos sérieux, voire mortels.

Le sommet est roulable mais sans intérêt et à ne surtout pas faire si y’a du monde (donc presque tout le temps) car chutes de pierre.
Similaire à la descente de la Haute Cime par exemple.

Sinon de mémoire y’a 2 passages non roulables, assez courts (un vers 3000, un vers 3200m). Pour moi c’est roulable à 80 %, ce qui est beaucoup pour du terrain montagne.

La Sassière est une classique du VDM au dessus de 3500m dans les Alpes. Avec le Barrhorn et la Punta Rossa, car la roulabilité est justement exceptionnelle.
J’y ai croisé des vttistes à chaque fois (quelques-uns).

J’ose pas imaginer à la montée déjà qu’à pied c’est une bavante!

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Quand on aime on ne compte pas.
Et pis c’est beau là-haut.

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C’est malin j’ai envie d’y retourner maintenant…

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Le T4 date de 2014 sur c2c. Le passage est court qlqs mètres mais exposé avec une chute se finissant 200m plus bas d’où le E3. Le soucis à la Sassière est avant tout le monde, probablement plus de 100 personnes certains jours. Associé avec le faible niveau des impétrants, ça met rapidement le bazard à la descente du passage « technique » et favorise les jeux de quilles.

Sinon, oui, ça reste de la rando. Pas de quoi fouetter un chat. Si c’était difficile on monterait la cotation d’alpi et supprimerait la cotation/activité rando.

Pour ma part non plus. Je fais de l’alpi facile avec des baskets NH500 à 60€.
Mais compte tenu du niveau moyen des impétrants, venus pour la plupart chercher l’altitude sans pratiquer ce type de terrain, les chaussures de trails modernes ne sont probablement pas le meilleur exemple pour illustrer les risques du T4 E3.

Toutes les fois où j’y suis allé à pied, il y a plus de 25 ans, j’étais en grosses et crampons acier. Pas pour le glacier, mais pour le sentier en schiste gelé et verglacé sur l’arête. A la descente, c’etait dégelé sur 3mm, c’était encore plus glissant.
Aujourd’hui je monterais en basket de trail + crampons forestiers.
C’est sûr que cet été il n’y a pas du avoir beaucoup de verglas…

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L’élitisme a de beaux jours devant lui.

Pour revenir au sujet, c’est un sujet complexe, mais absolument plus abordé dans les dizaines de derniers messages.

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Oui.
Mais c’est tout de même étonnant d’entendre ces discours mainstream sur la sur fréquentation de la montagne alors qu’elle est globalement vide. Peillex et bien d’autres ont besoin d’exister et font donc le buzz.
C’est également assez marrant d’observer ces pratiquants critiquant le monde alors que s’il y a trop de monde là où ils sont c’est qu’ils font partie du problème.

Que cela soit Labande, Tibo ou même les sorties c2c, il faut déjà bien connaitre l’émetteur d’un point de vue et son référentiel pour que cela colle au sien. C’est l’intérêt des sorties c2c : ça permet de cerner la pratique réelle de la personne et pas juste subir une comm spot qui est bien évidement dithyrambique.

Qd à l’effet des réseaux sociaux, c’est comme le jeudi soir au club. Certains suivent les autres, d’autres préfèrent utiliser les infos pour s’amuser différemment. Ca doit exister depuis que le genre homo existe et a du temps à perdre. La principale différence est dans la taille de l’audience, qui effectivement peu amener plus de mondes dans un spot mais donc également de facto vider les autres spots.

Disons que parfois, ca amene un nouveau public qui serait plutôt alle a la tour eiffel a la place et ne vide donc pas un autre spot de montagne.

Égoïstement on peut dire que c’est regrettable, mais personnellement, j’ai déjà pas mal profité et comme tu le dis, il reste des endroits ou des périodes ou il n’y a personne, donc ce n’est pas fondamentalement gênant.
Enfin, je ne vois pas pourquoi je serais plus légitime d’occuper un espace naturel que d’autres. Les 3 morceaux pq qui traînent sont malheureusement rien par rapport à l’impact de notre mode de vie sur la planète.

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La qualité des messages sur cette discussion déligitime beaucoup la critique des « initiés » de la montagne sur l’influence négative des réseaux.

Disons que c’est une attitude assez universelle chez l’humain, le privilège de l’antériorité se retrouve dans toutes les situations sociales. Il y a une hiérarchie implicite qui veut que les nouveaux venus soient considérés comme inférieurs, ou à minima moins légitimes.

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Pour ma part, je n’ai guère de critiques fondamentales à formuler contre les réseaux sociaux et leur usage en montagne. A fortiori puisque je me suis fortement impliqué dans le lancement d’un réseau social dédié à la montagne. Les critiques actuelles ne sont bien souvent qu’une variante des critiques historiques adressées à c2c.

Le principal souci des réseaux sociaux est plutôt politique : ce sont des machines à lobotomiser, aux mains de quelques milliardaires dont l’intérêt financier ne cadre pas nécessairement avec l’intérêt collectif. Les réseaux sociaux sont la télévision « moderne », rendant aussi con que la télévision, mais indépendante de l’État. Les hommes et femmes politiques, notamment populistes, en ont parfaitement compris le fonctionnement et l’intérêt pour être élu. Peillex en est un exemple.

Comme tout outil, on peut bien utiliser un réseau social ou mal l’utiliser, y compris pour la pratique en montagne. A la Sassière, on n’est probablement pas dans la meilleure des utilisations, avec un comportement moutonnier accidentogène du fait de la concentration des pratiquants, pour la plupart un peu léger, sur un itinéraire expo (E3). Sans même parler de l’impact sur le parking avec très classiquement plus d’une centaine de bagnoles à 2300m.


C’est la carto ESRI d’une petite journée au barrage du Saut. Mais ce n’est pas le premier ni le dernier parking avec des centaines de bagnoles en montagne.

Tu as des references ? Ça m’intéresserait de lire d’où ca vient et si c’est tellement universel. Par exemple, combien de fois ou combien de temps il faut venir a un endroit pour se l’approprier. J’ai l’impression que ca dépends beaucoup des individus.

Lahire, les structures fondamentales des sociétés humaines.
https://shs.cairn.info/les-structures-fondamentales-des-societes-humaines--9782348077616?lang=fr
Par contre il faut aller le chercher dans les 900 pages de l’ouvrage, mais ça vaut largement le coup de le lire en entier !

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Tout le monde a le droit de changer d’avis, ou d’avoir des contradictions :wink:

Je suis d’accord avec cette description sans vraiment savoir pourquoi et comment on pourrait vérifier cela. Probablement que la pression sociale « virtuelle » court-circuite la réflexion personnelle et que l’afflue d’information empêche tout traitement de celle-ci et toute prise de recul.

Par rapport a la pression sociale, j’ai trouvé particulièrement troublante la peur de manquer d’enormement de personnes sans lunettes pour l’éclipse : il y avait vraiment un stress malsain alors que beaucoup n’ont jamais mis les pieds dans des observatoires ou tout simplement regardé les étoiles ou la pleine lune.

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Top Merci ! Dispo a la bibliothèque universitaire, je vais essayer.

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Sinon, pour répondre à

En effet, par exemple les « grandes gueules » s’approprient l’espace social bien plus vite que l’individu lambda.

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Ça me fait penser à la chanson

Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ?
Complètement toqué, ce mec-là, complètement gaga
Il a une drôle de tête ce type-là
Qu’est-ce qu’il fait, qu’est-ce qu’il a ?

quoique le reste correspond pas trop.

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