Devenir guide ou changer de projet ?

Merci pour ce retour, ça me donne au moins envie d’aller au proba, peu importe le résultat.
Peut-être que j’aurais des regret en ne tentant pas.
J’ai de la chance d’être bien entouré et mes compagnons de cordée compréhensifs. (Un gars que j’ai emmené au mont blanc en 2018, sa première course d’alpinisme, est passé aspi l’année dernière :slightly_smiling_face:, il est en revanche très très bon grimpeur, et depuis longtemps)

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Bonjour
On peut vivre de l’AMM mais c’est une activité comme celle de guide par ailleurs qui implique des renoncements dans sa vie hors montagne ,tu n’as pas dans ta période de travail de weekend de jour de repos et ta conjointe doit être aussi investie
Passe le probatoire pour ne pas avoir de regrets .

Ce que je trouve sain dans ma pratique c’est justement que ce n’est plus une passion au sens péjoratif.
Je n’ai plus ce « besoin » d’aller en montagne à tout prix, réussir ou pas un sommet m’importe peu désormais.
Je peux aussi faire autre chose pendant 2-3 semaines sans que ça me manque.

Ça me permet de faire demi-tour et de rester lucide la plupart du temps.

Mon inquiétude ce sont les courses que je ne « sens » plus, qui ne me paraissent pas raisonnable.

Le plaisir a été un peu perdu avec la liste en revanche…
Une course permanente avec les conditions, trouver les bons partenaires, des courses que je n’aurais pas forcément faites sans cette liste et que je ne referai jamais.

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C’est un peu le lot commun incontournable de tout enseignant, si non les journées seront bien longues et fastidieuses.
Avec les métiers d’enseignement liés au sport, la relation au corps amène indiscutablement un plus exceptionnel, même si le métier change parfois radicalement en changeant d’activité et/ou en changeant de public. Les contraintes sont aussi bien plus importantes.
Guide à 30 ans ce n’est pas guide à 60 ans, surtout quand on enchaîne les voies Normales par tous les temps, tous les deux jours durant les 2 mois d’été (tu ne fais pas une traversée de la Meije chaque semaine). Le corps prend cher, on ne se ménage pas trop non plus et la charge mentale due à la responsabilité pèse lourd. Pourtant il faut bosser, anticiper pour avoir une retraite minimale acceptable et surtout vieillir en bon état. En France (plus que dans les pays voisins de l’Arc Alpin), les chiffres d’accidentologie et surtout de mortalité de la profession sont terribles, de l’ordre de 1 sur 4.
Peu de guides (et d’accompagnateurs) vivent confortablement de leur métier et la recherche de clients est un éternel combat qui peut devenir envahissant. Mais comme métier d’appoint, métier secondaire « plaisir » ça peut être une piste sympa. J’ai un ami guide et prof (ou plutôt prof et guide) qui me disait que quand il avait besoin d’arrondir ses fin de mois pour se payer un voyage ou autre chose, une ou deux Vallée Blanche faisait l’affaire !
Quant au Probatoire, c’est une expérience singulière où on voit de tout : des très bons alpinistes avec listes de courses à faire pâlir les profs de l’ENSA, mais complètement inadaptés et dépassés par l’aspect « concours » des épreuves et des alpinistes moyens-plus qui s’adaptent parfaitement aux exigences et deviendront de très bon guides « pépères » (rien de péjoratif) pour voies normales, via ferrata et même randonnées contemplatives qui seront très appréciés des clients (un bon guide est un guide vieux !).

Étant sans diplôme, me concernant c’est un mixte des deux questions.

Être guide me permettrait de bien vivre, mieux qu’avec des boulots trouvés sans diplôme (si tu as une meilleure piste, n’hésite pas :grinning:).
Ou alors je devrais repartir dans une formation annexe.

Étant en formation AMM qui me plaît également, c’est une piste mais je serai quand même limité dans mes envies.
Avec le guide j’emmènerai des gens faire de la rando comme un AMM, avec l’AMM je ne pourrai pas faire de découvertes grandes voies ou ski de randonnée :frowning:.

Ma vraie question que je n’arrive pas à résoudre c’est : Dois-je forcer à passer le guide en prenant le risque de mourir dans des courses que je ferai uniquement pour ce concours et que je ne referai jamais ni personnellement, ni avec des clients.

Quand on habite à Chamonix, quand on prépare ce concours, on vit, on entend tellement d’histoires au quotidien que ça devient pénible…
J’ai l’impression d’avoir complètement perdu cette inconscience du début et d’être trop conscient des risques que l’on prend.

C’est un point fort et un point faible, j’anticipe mieux, je réfléchis mais j’ai peur et ça limite ma capacité à m’exposer.

Pour avoir parlé avec quelques guides ou alpinistes qui n’exercent plus trop, ça arrive quand ils deviennent papa ou avec l’âge.

Mais à 27 ans en pleine préparation de ce concours, est-ce que c’est un problème ? J’ai l’impression que oui.

Sinon ça ne pose aucun soucis de faire du rafting ou de canyoning :grinning:

Tiens au passage, une question :
Le diplôme de guide est un diplôme à vie ?
Il n’y a pas besoin de temps à autres d’un examen médical, une remise à niveau… (ne serait-ce que pour des utilisations de nouveaux grigris :wink:, ou remise à niveau secourisme)

Avec ces deux phrases, j’ai l’impression que tu as la réponse à ta question principale…
A 27 ans j’étais loin d’avoir ce genre de réflexions, j’ai même encore largement « exposé la viande » à plus de 50 ans ; ça m’effraye rétrospectivement !

Recyclage tous les 6 ans pour que la carte Pro soit validée. AMM pareil.

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Est-ce que tous les guides sont bons pédagogues et sont patients ? J’ai des retours mitigés😀

Merci pour l’étude, 0,5% par an, 15% sur 30 ans… c’est beaucoup.

Après en lisant l’étude, la majorité des accidents sont des erreurs humaines ou des avalanches.
Loin de moi l’idée de ne jamais faire d’erreurs mais j’ai l’impression qu’il y a quand même un levier d’action pour limiter le risque.

Pourquoi les pays voisins ont moins de décès ?

J’ai quelques exemples qui ne font pas honneur à la profession. Comme dans tous les métiers.

La philosophie d’accès aux métiers et les cursus de formations sont totalement différents. En France, l’image du guide-dieu fait du mal depuis l’époque Armand Charlet.

Est-ce que les guides pépères à voie normale, grandes voies équipées, randonnées contemplatives, via ferrata, et classiques en ski de randonnée, vivent plus vieux ?

Ce qui me fait tenir c’est que moi ça m’ira parfaitement de faire des sorties comme ça, et ce sont des courses où j’ai l’impression de pouvoir maîtriser quasiment tous les risques.
Quand j’emmène quelqu’un faire ce genre de sorties, je passe un bon moment et les risques me paraissent raisonnables.

Ça ne m’intéresse pas d’emmener des gens faire la Walker.

Avec les précédents commentaires je vais quand même pousser jusqu’au probatoire en choisissant mes courses.
Si je me fais recaler ça me fera une belle expérience de vie et pas de regrets en attendant la création du diplôme d’accompagnateur en haute montagne :smile:

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Yessss

J’avais un ami guide qui a commencé à se poser ce type de question alors qu’il était en activité depuis pas mal d’annėe. Il me disait qu’il allait arrěter pour profiter de sa famille et ne plus prendre de gros risques. Et cela a duré un certain temps où il a continuė son métier tout en sachant au fond de lui qu’il fallait arrêter. Jusqu’au jour ou il a eu son accident dans une sortie hivernale à ski, pris dans une avalanche pour toujours, å 40 ans. . Ce jour lå il s’ėtait désisté pour une sortie de plus grande envergure et à la place avait fait cette sortie en bordure d’un domaine skiable à faible risque.
Tout ça pour dire que son questionnement était un un signe fort pour lui dire de s’arrêter.
Si tu ne le sens pas, mieux vaut peut-être ne pas faire de ta passion un métier.

D’autres DE pour compléter avec l’AMM ça peut être le bon plan ! Canyon, escalade,…si tu jongle bien,tu t’en tireras avec quasiment un emploi du temps comme pas mal de guidos ! Ça fait beaucoup de temps+argent à consacrer aux formations,mais ça peut être une idée !

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Vu tous les efforts fait, essaie le probatoire pour pas avoir de regrets. Il y a mille façons de pratiquer ce métier… voies normales, grandes courses, voyages lointain, écoles caf, rocher… tu trouveras sûrement qq chose en adéquation avec ton profil.

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Si tu te poses cette question, tu as probablement une partie de ta réponse. Les courses demandées pour le guide n’ont rien d’exceptionnelles. C’est peu ou prou la pratique classique d’un alpiniste amateur un peu averti.

https://www.camptocamp.org/articles/1618114/fr/liste-de-courses-pour-le-probatoire-d-aspirant-guide-en-france-2025-et-2026

Je ne peux rien apporter sur quoi que ce soit d’autre, mais si tu choisis de poursuivre, petite mise en garde sur l’escalade car tu parles d’avoir un niveau 6b/+ à vue, il me semble que l’examen probatoire c’est dans le 6c/7a à vue. Pour ne pas se louper avec le stress faut sûrement compter un bon 7a à vue, voir par exemple ce retour d’expérience. Tu dis que « c’est quelque chose qui serait facile à travailler en t’y mettant vraiment » mais pour le coup passer de 6b/+ à 7a à vue c’est à ne pas négliger à mon avis.

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Salut,
Ton questionnement fait du sens, par contre ça m’interpelle sur le fond :
Penses tu vraiment qu’il est impossible de faire la liste et se préparer au probatoire sans se mettre en danger ? Tu parles de rocher pourri, de ski de pente raide, d’arêtes expos; comme si c’était le quotidien de ce qu’on te demande de faire en montagne. Mais tu peux sans soucis répondre à tous les critères de la liste avec des itinéraires en beau rocher, et un niveau d’engagement très classique. Par exemple en terrain montagne des courses comme la rothorngrat. En ski tu peux tout faire sans engager la viande ni en termes de risque de chute, ni en termes de gestion du risque avalanche. En cascade et mixte c’est plus pénible à gérer par rapport aux conditions et fréquentation, mais idem rien n’oblige à prendre des risques inconsidérés.
Donc si tu as cette impression est ce que :

  • c’est parce que tu as un niveau d’engagement accepté très bas, et alors il faut se poser la question de si tu as vraiment l’envie et le mental pour mener à bien la formation, et pratiquer le métier (car même si tu choisis tes courses, les conditions, météo et les clients peuvent rendre éprouvant des classiques faciles :face_with_hand_over_mouth:), car les 3 ans de formation c’est encore intense moralement…
  • ou bien parce que ta pratique est restée un peu « chaotique » dans le choix des courses et la gestion de la sécurité ? Dans ce cas ça vaut le coup de t’interroger sur les ressorts de ces prises de risques, et sur le moyens à mettre en place pour retrouver un engagement plus normal !
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C’est clair que ma pratique a été chaotique, des vraies galères, l’apprentissage sur le tas, des accidents…
Ça s’accumule, ça s’accumule et ça déborde aujourd’hui je pense.
Petits traumatismes sur petits traumatismes (parfois des gros) beaucoup d’histoires à raconter, le mental s’est effrité avec les expériences vécues.

Ma situation quand j’ai commencé l’alpinisme a changée aussi, sorti d’une adolescence difficile, célibataire, aujourd’hui tout va très bien avec tout le monde, l’avenir s’annonce radieux.

J’entends des histoires hebdomadairement, avant ça ne me concernait pas, puis on vit, et au fur et à mesure on se rend compte qu’on n’est pas invincible, que ça n’arrive pas qu’aux autres.
Quand ça touche des amis, des aspis, des guides.
Cet hiver a été particulièrement mauvais en plus.

J’ai peut-être besoin de faire une bonne pause pour rafraîchir mon esprit et retrouver le plaisir en montagne, à 27 ans j’ai encore 10 bonnes années devant moi si un jour l’envie revient :+1::slightly_smiling_face:

Je passe quand même de très bons moments en montagne, et je continuerai d’en passer :+1::grinning:

Hello tes écrits sont intéressants à lire. Je te souhaite le meilleur dans ta vie.
Pour apporter ma p’tite contribution, je peux te conseiller de voir un psychologue ou psychiatre. Ça peut te permettre de poser tes émotions (tu as l’air d’en balader bcp), de te poser de bonnes questions (ptet des mauvaises aussi lol) et je crois que ça peut te faire avancer plus sereinement dans tes projets.
Comme bcp on dit, lances toi dans le probatoire, tu auras pas de regret mais en travaillant sur tes émotionse en //. Ça te renforcera sur le côté compétition
Bonne suite