Descente en rappel

Dejà, pour commencer, il te faudra un matériel adéquat qui n’est pas celui du randonneur. Il faut au minimum un baudrier, une corde adaptée à cet usage (pas une corde de rando) et d’une longueur suffisante pour atteindre, une fois placée dans l’anneau du relais de départ, le sol, un frein (on n’utilise plus le huit), une longe placée sur le pontet ou les deux points d’encordement (c’est en débat) au bout de laquelle tu devras placer le frein, dans lequel passeront les brins de la corde. Enfin, il te faudra un anneau de cordelette (dédié à cet usage) que tu placeras sur les deux brins, sous le frein, et relieras à ton baudrier pour auto-assurer ta descente. Enfin, en principe, on fait un noeud au bout de chaque brin du rappel, afin d’éviter, si la corde ne touche pas le sol, de chuter en bout de corde.

Comme évoqué plus haut, cela s’apprend afin d’éviter les erreurs. Le meilleur apprentissage, c’est la répétition de la manœuvre plusieurs fois, sous la supervision d’un encadrant (club, copains grimpeurs expérimentés…), de sorte que les manip deviennent des automatismes.

S’agissant de la doc, Google est ton ami :grinning:. Par exemple, où tu verras que descendre en sécurité demande du matériel et de savoir bien s’en servir :


Ou la méthode décrite par PETZL, fabricant de matos :
https://www.petzl.com/CH/fr/Sport/Descendre-en-rappel

Au Vieux Campeur ou sur d’autres sites en ligne, tu trouveras dans difficulté de nombreux manuels de formation aux techniques de grimpe, dont nécessairement celle du rappel. En boutique, l’avantage est que tu peux feuilleter avant de choisir ton bouquin.

Prudence, enfin, à l’égard des vidéos qu’on peut trouver à droite ou à gauche, car tu n’auras aucune garantie de la compétence de l’auteur, ni ne pourras déterminer si le type cherche à se distinguer par des méthodes maison originales, mais dont la sécurité n’est pas éprouvée.

Enfin, il faudra que tu évalues s’il est avantageux de descendre en rappel plutôt que par un passage à pied plus commode, vu le poids supplémentaire dans le sac que représentent ces équipements que tu devras transporter tout au long de la rando.

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Pour que cela devienne un automatisme (mais pas trop) il faudra répeter la(les) manœuvre(s) plus que plusieurs fois.

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On est bien d’accord. Et ça s’oublie vite…

À une époque on contrassurait le rappel, sauf pour le dernier à descendre.

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"Descendre en rappel, c’est faire semblant de tomber"

La définition du rappel par Tom PATEY dans « One Man’s Mountains », son ouvrage plein de sagesse et d’humour.
Trouvable d’occasion en français « La montagne d’un homme ».

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Oui. On peut le faire pour l’apprentissage, avec un brin dédié installé sur le relai (via un mousqueton à vis et pas dans l’anneau de rappel où se trouve la corde de rappel). Cela permet de contre-assurer la personne pendant sa descente : si elle lâche, elle est assurée sur ce brin par un autre grimpeur situé soit au relais, soit au sol (moulinette).

Pour le dernier à descendre, la personne qui se trouve au sol peut aussi tenir et tirer les deux brins du rappel, si la personne qui descend venait à lâcher la main située sous le frein, afin de la bloquer et de contrôler sa descente à sa place. Mais c’est une technique d’urgence qui ne remplace pas l’autobloquant proprement dit.

Excellent. Mais il n’aura pas toujours fait semblant, cela dit :

image

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Maintenant déconseillé pour plusieurs raisons :

  • exposition de l’assureur aux chutes de pierre, avec en + risque qu’il se barre en cas de pierre, alors que c’est le moment où le descendeur a + besoin de lui !
  • inefficacité de la méthode si on est pris l’improviste, ou si le descendeur utilise un mousqueton frein comme en spéléo. Si débutant, on peut utiliser une autre corde (il en existe de très fines et résistantes) et le contrassurer avec un demi cab…
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Ça ne marche pas (sauf en petite falaise ou sur un mur d’escalade) !
Je rejoins @Paul-G, cette technique faussement rassurante est définitivement à proscrire, surtout si on n’a pas une visibilité totale du début à la fin sur celui qui descend. Et j’en vois souvent qui tiennent à 2 doigts la corde qui a 5 m de mou, tout en prenant des photos…

  1. Si le grimpeur prend de la vitesse (corde lâchée, perte de connaissance ou autre) AVANT que l’« assureur » ne s’en rende compte et réagisse, **il ne pourra plus arrêter la chute, y compris en y mettant tout son poids. Et en prime il va prendre son camarade sur la courge. A noter que pour cette technique, l’assureur devra avoir installé un appareil d’assurange au bas de la corde, avec un minimum de mou. Un vrai assurage, donc.
    Pour les sceptiques, je vous invite à faire un essai avec un sac lesté ou des pneus, si possible en étant protégé au bas du rappel par une zone surplombante ! En général ça calme au premier essai.

  2. Dans la mesure où on a affaire à un débutant ou à une personne pour le moins non autonome en rappel, il sera impossible, en étant en bas, de contrôler TOUT ce qu’il fera au moment de s’engager sur son rappel, y compris si le descendeur a été mis en place au préalable sous contrôle du leader.
    Pour avoir vécu ce genre de situations avec des débutants, le stress peut conduire à des réactions improbables, à faire des manoeuvres aberrantes qui risqueront d’être définitives. Et si il refuse catégoriquement de descendre (vécu aussi) ? On aura l’air malin en bas !!!

Partant du principe que le leader doit contrôler ce qui se passe et surtout pouvoir agir si nécessaire (faire remonter le grimpeur si les cheveux s’enroulent dans le descendeur, voire faire un treuillage pour X raisons), surtout avec des débutants, la seule solution incontournable, c’est un contre-assurage depuis le haut par le leader. Soit avec un brin dédié, soit en le faisant descendre (classiquement) sur un brin du rappel, contre-assuré par l’autre brin. J’exclus, sauf cas particulier, de mouliner quelqu’un comme un sac de patate ; le frottement pourri la corde et c’est tout sauf agréable pour celui qui est mouliné.

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Pour essayer, le faire avec un noeud d’arrêt au dessus du contre assureur ( et assez au pour prendre en compte l’élasticité de la corde), c’est pas mal aussi :wink:

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Les 8 modernes sont tout sauf simples :wink:

Ce qui signifie que tant que le second n’est pas autonome en rappel, il ne faut pas envisager autre chose qu’un rappel unique dont l’arrivée est au sol (pas de descente de voie de plusieurs longueurs).

On peut tout à fait faire une succession de rappels en restant en sécurité dans la mesure où le débutant sera en permanence « encordé » sur un des deux brins du rappel ou sur la corde de contre-assurage que pourra contrôler le leader, dans l’éventualité où il ne se sera pas vaché au relai suivant. Par contre, ce sera effectivement plus difficile de surveiller plusieurs seconds, sauf s’ils sont vraiment bien dégrossis pour se vacher en sécurité.

Quand il y a un débutant, je trouve prudent d’être 2 expérimentés : un premier qui descend et démêle la corde si nécessaire, et repère l’arrivée en bas, puis le débutant descend, aidé en haut par le 2ème expérimenté et en bas par le 1er déjà descendu. Et le 2ème expérimenté descend en dernier.

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Non si tu es tout seul avec le débutant. Si tu l’assures du haut, qui va trouver et installer le relai du bas?
Pour emmener en sécurité un débutant dans une grande voie qui se descend par une succession de rappel, il faut être trois, comme l’explique @bernard_guerin juste au-dessus.

En cas de doute il suffit d’installer le descendeur et machard du second en même temps au dessus du leader qui descendra en premier, le matériel étant déjà installé et vérifié il n’y a pas de souci.

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C’est ce que je fais chaque fois que j’emmène un second peu expérimenté et dont je ne suis pas sure de l’autonomie.
Je lui explique bien la manip, et jusqu’à maintenant tous ont compris qu’il ne fallait pas modifier ce que je leur avait installé avant de descendre.
Je trouve ça infiniment plus pratique que le contre-assurage du haut, et on n’a pas besoin d’une corde en plus.