Débuter et comprendre l'alpinisme

« Vous m’avez conseiller l’escalade je vais me renseigner à ce sujet vous avez sûrement raison sur le fait que je vais apprendre pleins de choses mais je pense pas que je vais rencontrer des gens qui y vont pour s’entrainer à monter le Cervin. Je me trompe peut-être … »

Comme dit, l’escalade est une des clés pour l’alpinisme, tu trouveras donc justement des gens qui s’entrainent pour des sommets comme le Cervin ou autre :slight_smile:

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Effectivement, il a raison ! :wink:

L’alpi hivernal est juste 2 à 3 fois plus dur et dangereux que l’alpi estival ( et je devrais même rajouter plus cher, du fait du matos supplémentaire à avoir), même dans les Pyrénées !

Certes !

Mais la base de l’alpi reste de la marche. Et de la marche plutôt physique, avec un sac lourd à porter, pendant plusieurs heures !

Par exemple, durant les sorties du CAF de Bx que j’ai faite par le passé, le rythme moyen était facilement de 500M de D+ par heure

+1
Mais tu pourrais faire quelques sorties encadrées en cascade de glace pour te familiariser avec les techniques et les conditions hivernales.
Et attendre l’été pour l’alpinisme …

Tu peux voir également avec la FFME (j’ai cru comprendre que tu es près de Bordeaux).


Je pense aussi à la FSGT.

Vous êtes des machines ! Impressionant pour un groupe CAF à mon avis. Au CAFGI on était plutôt entre 350-400m/h, pauses comprises. Quoique, être capable de faire 500m/h sur 3h avec un gros sac me paraît pas mal comme objectif d’entrainement pour viser des courses plus longues.

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Bonjour Kyrozen,

Ce que je ferais à ta place :

1- L’alpinisme l’hiver dans les Pyrénées, est plutôt limité.
Le gros des sorties c’est de la cascade ou du ski. Le début de la saison des courses de neige débute, selon les saisons (et cela a tendance à bouger de plus en plus), au printemps.
Pendant ce temps là, tu peux commencer à apprendre à cramponner seul, avec piolet, dans des pentes de neige pyrénéennes, pas exposées aux avalanches, de plus en plus raides.

2- Tu peux potasser sur des bouquins (style guide de la montagne) toute la partie théorique, et aussi acheter de la corde pour t’entrainer à faire des nœuds.

3- Tu peux acheter ton équipement individuel de base indispensable :
crampons + piolet + baudrier + casque + frontale + sac + assureur + quincaillerie + vêtements

4- Tu peux t’entrainer physiquement, en privilégiant l’endurance et faire aussi en parallèle, de l’escalade en salle

5- Dès que la période sera propice, dans les Pyrénées, tu pourras t’attaquer à des courses niveau F, comme la voie normale du Taillon, et enchainer petit à petit

Donc en résumé, tu peux faire beaucoup de choses !

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Bonjour à tous !

Je voulais tout d’abord vous remercier pour tout ce que vous partagez. Grâce à vos conseils, je peux débuter dans les meilleures conditions possibles. J’ai d’ailleurs trouvé une association sur Bordeaux qui pourrait m’accueillir en escalade, puis en alpinisme.

Entre-temps, j’ai pu faire une initiation à l’escalade en grande voie. J’ai grimpé du 5a assez tranquillement et appris le nœud de huit, qui est, si je ne me trompe pas, le nœud utilisé pour s’encorder.

Je me pose maintenant la question du niveau à viser en escalade. J’imagine que l’objectif est d’abord d’être à l’aise en moulinette, puis d’apprendre à grimper en tête. À quel moment est-ce pertinent de passer à cette étape ?

Ce que je recherche avant tout dans ce sport, c’est le dépassement de soi. J’aime la difficulté, le fait d’être fier de soi et l’esprit de cordée. Pour moi, le plus important n’est pas forcément d’atteindre le sommet, mais d’apprendre. Les objectifs viendront peut-être un jour, mais pour l’instant, je veux surtout progresser et comprendre.

Je prévois prochainement de tenter le Canigou en hiver. La principale difficulté serait pour moi d’appréhender le froid et le port d’un sac lourd. Qu’en pensez-vous ? Est-ce raisonnable ou vaut-il mieux attendre le printemps ?

Si vous avez des livres à me conseiller, je suis preneur. J’ai déjà acheté des cordelettes pour m’entraîner aux nœuds, et je répète notamment le double nœud de huit en boucle.

Concernant le matériel, je suis équipé pour les vêtements, le sac, le baudrier et le piolet. Il me manque encore les crampons, les chaussures compatibles, le casque, la frontale et un système d’assurage.

Désolé si le message part un peu dans tous les sens, j’ai abordé beaucoup de sujets à la fois.

Pour moi pas vraiment. Mieux vaut attaquer le plus tôt possible en tête, quitte à grimper dans plus facile - mais au moins on voit la différence.
L’idéal est de s’affranchir de la peur de la chute, mais en alpi il faut rester conscient des risques, ca n’est pas tjrs équipé « béton ».

C’est sûr que le froid et le sac lourd sont des difficultés.
a mon sens la principale difficulté est d’appréhender les risques, nombreux en hiver : difficultés de progression, météo, risque d’avalanche, de glissade, itinéraire différent de l’été, etc, etc… Le canigou en hiver sans être dur commence à comporter plein de risques, mieux vaut avoir déjà une petite expérience hivernale avant de se lancer ds un presque 3000.

Je te suggère de ne pas te fixer d’objectif sur telle ou telle montagne, mais plutôt de faire un max de sorties avec ton club pour emmagasiner d’abord de l’expérience. Qd tu auras fait une 10ne de courses avec eux, vas y de ton côté, mais démarre facile et progressif !

+1.

@Kyrozen : Tu seras plus vite à l’aise en escalade sportive qu’en montagne, où l’apprentissage est plus long pour devenir autonome. Même en escalade, outre le huit, il te faudra maîtriser la pose d’un relais (noeud de cabestan, de demi cabestan, noeud de chaise double, utilisation des différents types de frein, que ce soit pour assurer un premier ou un/deux seconds), les techniques de rappel (installation de la longe et du frein, noeud autobloquant pour s’auto-assurer sur le rappel, technique de raboutage des deux brins, de lovage de la corde, noeuds au bout des brins du rappel…).

Pour grimper en tête en falaise, a minima, tu devras savoir comment mousquetonner correctement et gérer la corde pour éviter risque de retournement en cas de chute et tirage et comment poser une moulinette en fonction des différents types de relai.

Ensuite, devenant plus avancé, tu devras connaître les manoeuvres permettant de remonter sur un rappel, d’aider un second en difficulté, poser une main courante… (noeud papillon…).

Pour l’alpinisme, tu vas devoir apprendre à cramponner sur différents types de pentes et de neiges, les différentes préhensions et utilisations du piolet, et l’idéal pour ça, c’est déjà de participer à des sorties club encadrées.

Pour devenir autonome, tu y apprendras ensuite à faire des anneaux de buste, des noeuds de freinage sur la corde, à marcher corde tendue, à gérer l’encordement en fonction du type de terrain et de sorte à concilier sécurité et tenue de l’horaire (pas aussi simple que ça…) et, last but not least, réaliser un mouflage et savoir comment sortir d’une crevasse (même si cela doit rester théorique…).

Pour le rocher montagne, les techniques et les risques sont différents (relais à poser soi-même, utilisation des bécquets, pose de coinceurs…). Déjà, le fait de ne pas avoir de spits tous les deux mètres vont demander de savoir trouver et suivre un itinéraire et tu verras que la charge mentale n’est pas du tout la même. En montagne, « ce sens du terrain », ça vient au bout d’un certain nombre de sorties… sachant que dans une sortie encadrée, on a souvent tendance à marcher les yeux sur les talons de celui qui est devant.

Tu vois, c’est un apprentissage assez long, qui certes sera plus rapide si tu sors souvent. Mais pour le suivre en sécurité, le mieux est de bénéficier au départ d’un encadrement pour progresser et choisir des objectifs adaptés à ton niveau.

Ensuite, viendra le moment où tu feras tes premières courses en autonomie entre copains.

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En dehors de toutes ces techniques, le + délicat est peut-être de préparer sa course, selon les conditions.
A quoi peut on s’attendre, quels sont les risques, par où passer, y a-t-il des échappatoires, des plans B, etc… ?
Le Canigou en hiver, ca n’est pas le K2, mais c’est déjà de l’alpi hivernal…

Bien sûr, tu as raison, mais en même temps, pour moi c’est un peu à coté.

J’ai toujours du mal avec cette approche qui semble considérer qu’additionner la connaissance d’un certain nombre de techniques fera de toi un alpiniste autonome. En même temps, c’est dans l’air du temps avec ces « passeports » du CAF ou il faut cocher et faire valider chaque technique après l’avoir acquise.

Ma perception de l’autonomie passe plutôt par l’intégration au milieu, sa compréhension. Savoir y évoluer et réagir aux imprévus et aux obstacles. Alors bien sûr, l’acquisition des techniques est indispensable, et puis c’est rassurant et gratifiant de mesurer son évolution aux grès du nombre de cases que l’on a pu cocher. Mais c’est rigide, un peu « technocratique », et je ne pense pas que ce soit suffisant, ni même, peut-être, que ce soit le plus important.

PS : Pour compléter mon point de vue, et aussi pour essayer d’apporter des éléments à @Kyrozen, je lui conseillerais de faire beaucoup de randos, y compris et surtout des randos « sauvages », hors des sentiers, pour apprendre à s’orienter, comprendre le terrain et la recherche d’itinéraires, et se familiariser avec le milieu, en été et en hiver. Avec bivouacs aussi si c’est possible.