Posté en tant qu’invité par yannick:
Je suis passé au refuge du Gouter pour la premiere fois de ma vie le w/e dernier. Je revenais d’une voie sur le versant italien du mt blanc et on y a dormi dimanche soir, trop crevés pour aller plus bas, et pas de quoi bivouaquer.
Certes j’ai « profité » de ce refuge en y passant la nuit, mais alors, quelle découverte…
On a eu l’impression d’entrer dans un camp de réfugiés (arrivés vers 20h00) avec des types a dormir partout, sur et sous les tables, dans les couloirs. La salle « hors sac » qu’on nous a gentiment indiqué pour aller faire notre pitence etait en fait un dépotoir, vraiment sale, avec des types qui squattaient assis sur les éviers ou dormant par terre dans les peaux de saucisson et les mégots, l’air plutot imbibés que shootés d’altitude. Des gardiens speedés (on les comprends) mais finalement peut etre satisfaits de tout ce souk car ça fait des euros qui rentrent (j’ai vu des panneaux en bas indiquant « réservation obligatoire »?!) On s’est réfugiés cuisiner dans le hall du dortoir annexe, sur l’appui fenetre, et puis des russes en combi de ski se sont couchés là, par terre, enroulés dans un sursac en kway, le nez dans le ratelier a chaussures, en nous criant « place, place, place »… partout des gens manifestement tout sauf montagnards, attirés la par le prestigieux sommet… et vas y que je te piétinne, que je te bouscule, que je t’ignore… monpote s’est amusé a lancer des « bonjuors » aux gens qu’on croisait… le fou! ceux croisés la veille au soir sur l’arete des bosses faisaient de plus peur a voir, a peine équipés (bcp de vent en altitude ce w/e), surement pas autonome sur la « belle trace facile » dans la neige qui pourtant passe sur de beaux ponts de neige… la nuit, dans le tumulte des préparatifs improvisés, des remarques qui pourraient presque faire rire : « chéri, j’emmene mon piquet? » (comprenez piolet) …
Tout ça m’interroge pas mal, meme si je m’y attendais. Je n’avais jamais vu ça, pas a ce point, pas autant. Quelques égarés sur la mer de glace, oui ; quelques gens transis de froid a l’aiguille du midi aussi ; des gens en basket sur le glacier blanc, parfois. Mais pas autant, pas a cette échelle, peut etre pas autant « organisé » malgré le souk apparent. Y’a sans doute du profit derriere tout ça.
Que le mont blanc fascine je le comprends. Qu’on y aille n’importe comment, je comprends moins : je ne fais pas de plongée, ça ne me fait ptripper de descendre dans le gouffre le plus profond d’Europe. Pourquoi ça marche pas avec la montagne?
Enfin bon, le sujet est vaste, je m’attendais un peu a trouver ça en aout là bas, mais j’ai été servi au delà de mes espoirs. Drôle de montagne que ce mont blanc.
Bonnes courses à tous.
