Conditions Grand Ruan

Posté en tant qu’invité par le-sherpa:

Bonjour,

je suis parti pour faire le gd ruan par la vosgeale et j’ai été très surpris de voir que le glacier avait énormément fondu en 3 ans. Habituellement je traversais le glacier d’ouest en est pour rejoindre une petite « cheminée » en rocher (3-4 mètres) puis à nouveau le glacier-névé jusqu’en haut. Au mois d’août, à ma gde surprise il y avait facilement 25 mètres de rocher qui parpinent et dégoulinent, impossible de mettre des sangles (à peine 2 douteuses) ni coinceurs pour rasseurer mes compagnons.

Il me semble qu’il y a un deuxième itinéraire autrefois plus technique mais qui doit être plus simple aujourd’hui. Il s’agirait de remonter le glacier jusqu’au fond (en le traversant-nord) et de remonter directement sous le sommet.

Quelqu’un en saurait-il plus?

A+

Xavier

Posté en tant qu’invité par Lucio:

le-sherpa a écrit:

je suis parti pour faire le gd ruan par la vosgeale et j’ai été
très surpris de voir que le glacier avait énormément fondu en 3
ans. Habituellement je traversais le glacier d’ouest en est

L’an dernier on traversait encore le glacier avec ses crevasses… Entièrement ça m’étonne !

pour rejoindre une petite « cheminée » en rocher (3-4 mètres)
puis à nouveau le glacier-névé jusqu’en haut. Au mois d’août, à

Les dernières années ont été sèches mais je ne suis pas sûr qu’une langue de glace descendant de l’arête communiquait avec le glacier… C’est juste que maintenant la « bonne » saison est courte et que le socle apparaît plus tôt. De fait, la neige a aussi plus de mal à s’y installer en début d’hiver, ce qui n’arrange pas les choses.

ma gde surprise il y avait facilement 25 mètres de rocher qui
parpinent et dégoulinent, impossible de mettre des sangles (à
peine 2 douteuses) ni coinceurs pour rasseurer mes compagnons.

Oui c’est pourri mais compact… et surtout humide voire verglacé ! Heureusement que la course n’est pas (plus !) ultra-fréquentée car avec les pierrailles qui traînent sur les vires…

Il me semble qu’il y a un deuxième itinéraire autrefois plus
technique mais qui doit être plus simple aujourd’hui. Il
s’agirait de remonter le glacier jusqu’au fond (en le
traversant-nord) et de remonter directement sous le sommet.

Tu dois pouvoir prendre une rampe sous le rempart rocheux (attention aux météorites) puis finir par l’arête W décrite dans le topo-guide. Parfaitement visible sur cette photo.Ceci dit, l’itinéraire que tu proposes demande aussi de la neige, contrairement à l’arête W classique…

Enfin le top du top c’est quand même de venir en début de saison lorsque le couloir est enneigé et l’arête cornichée !

Posté en tant qu’invité par ben:

Bonjour,
je compte participer à une rando Mont Ruan par la voie classique le we prochain. Je serai accompagné par un ami avec une bonne expérience de la montagne, mais sans guide. J’ai une expérience quasi nulle (1 rando glaciaire Point de la Rechasse en vanoise, un tour du Mont Blanc…). Ma question: est ce que c’est une course qui impose la présence d’un guide en présence de débutants, si oui pourquoi?

Merci d’avance,

Posté en tant qu’invité par le-sherpa:

Non je ne pense pas par contre avoir un casque n’est pas superflu. Si ton ami a une bonne expérience ça passera (j’ai emmener un copain + une copine qui chaussait pour la première fois des crampons et qui n’avait jamais mis les mains sur un rocher (ni dormi en montagne). Elle est passée.
Par contre vu comme la « langue de glace » a fondu et vue la longueur sur le rocher (succession de vires et d’escalades pourries) il faut prévoir un délais supplémentaire, c’est une course très longue (même en dormant à la Vosgeale).

Le glacier est crevassé mais elles sont bien visibles et pas très ouvertes (enjambement facile).

En tout cas à cette altitude (3000 m max) les glaciers évoluent très vite d’une année sur l’autre.

Bon courage.

Xavier

PS : si tu vas à la Vosgeale et que tu vois les ouvriers qui bossent à la construction du nouveau refuge, passe le boujour à l’un d’entres eux (Boris) de la part des Lyonnais du Brairet (il comprendra)

Posté en tant qu’invité par Lucio:

Peux-tu en dire plus sur la construction de ce nouveau refuge (raisons, etc) ?

Posté en tant qu’invité par ben:

Merci pour ces infos. Tu confirmes donc l’utilisation nécessaire de crampons? Avec / sans encordage?
En dormant à la Vosgeale il faut compter partir à quelle heure le 2ème jour?
je ne manquerai pas de passer le bonjour à Boris.
Benjamin

Posté en tant qu’invité par le-sherpa:

Alors pour le refuge, c’est la commune qui a décidé la construction d’un deuxième batiment (même 3eme en comptant l’annexe qui existe). L’autre ne devait plus être aux normes. Vu le projet (naze) qu’ils ont sur le fer à cheval, ils veulent attirer le touriste (Parking, péages etc…) je pense que c’est pour ça qu’ils agrandissent.

On est parti à 4h30 du refuge, moi j’étais à la belle dans mon sursac (sans sac de couchage, plus leger mais froid). J’étais de retour au parking du fer à cheval à 18h ! Comme je l’ai dit on avait une débutante et on a perdu 30 minutes car avant le lac il faut bifurquer à droite et mon pote me soutenait que c’était plus loin du coup on a perdu du temps. A la descente elle avait les pieds explosés, donc on a mis quasi plus de temps à la descente qu’à la montée.

Les crampons n’auraient pas été forcément indispensables car il y avait du vacherin sur le glacier mais en fonction de la température il peut être en glace vive ou ça peut être la piscine. Nous étions trois, j’avais une corde de 30 mètres , crampons, piolet (de marche) batons (c’est vraiment long et la descente est raide par le pas du boret).
La flotte est officieusement non potable au refuge de la vosgeale mais je l’ai bu sans conséquences (pour info le lac est à sec)

Voilà, il y a des possiblité de bivouac à 1 heure de marche après le refuge mais pas d’eau

Posté en tant qu’invité par ben:

merci pour toutes ces infos, on va donc se lever avant 4h !!
Ben

Posté en tant qu’invité par le-sherpa:

J’ai des photos du passage Rocher et du glacier, si tu veux je te les envoie (donne-moi ton mail)

Posté en tant qu’invité par ben:

Salut,
je veux bien, mon email : judas.benjamin@neuf.fr.

le week end devrait être beau! tu y as été quand toi?
benjaminle-sherpa a écrit:

J’ai des photos du passage Rocher et du glacier, si tu veux je
te les envoie (donne-moi ton mail)

Posté en tant qu’invité par le-sherpa:

Ca y est, c’est parti

Posté en tant qu’invité par le-sherpa:

Vu que l’on parle du Ruan, ci-joint une petite contribution pour les amateurs d’histoire.


Mystérieuse disparition
Balmat était alors âgé de 72 ans. Personne, dans la vallée, ne crut à sa découverte. On souriait quand on apercevait Jacques Balmat repartir à l’aube, avec sa corde, son piolet et son sac. Au tour de Balmat de ricaner: il est sûr de lui, il connaît exactement un emplacement d’où il a détaché le roc aurifère: dans le massif du Grand-Mont Ruan qui fait frontière entre le Valais et la Haute-Savoie.

Les derniers montagnards qui l’aperçurent vivant se trouvaient dans la haute vallée de Sixt. On ne s’émut de sa disparition que quelques jours plus tard. Des guides cherchèrent en vain son corps dans le torrent du Fonds-de-la-Combe. Au-dessus, se dressait une paroi quasi verticale. La mine d’or était-elle maudite? Le bruit en courut dans la vallée, et la disparition de Jacques Balmat demeura mystérieuse.

Selon Paul Payot (<>), ce fut le maire de la commune qui exigea le silence des rares témoins: <<Balmat a sûrement découvert un trésor, mais si la chose s’ébruite, nous allons déclencher une ruée vers l’or, nous serons envahis par des aventuriers… Des sociétés minières abattront des forêts, hisseront des excavatrices!..>>

Pourtant, des points d’ombre subsistent: il est hautement probable que Jacques Balmat avait révélé à ses fils tout ou partie de son secret. En apparence, rien ne changea dans leur très modeste situation, et Chamonix ne s’étonna pas de voir les fils Balmat, le chalet vendu, s’embarquer à bord du vapeur <> pour l’Amérique.