Posté en tant qu’invité par Dom:
Bon, l’endroit n’est pas dédié à ce type d’échange mais il apparaît que l’heure est particulière. Permettez-moi d’ajouter à ce qui a été dit une observation « extérieure ». Vos réactions sont brutales car sous l’effet d’un choc émotionnel mais, si ce qui vient de se passer pouvait amener à une véritable prise de conscience de chacun du péril que court la démocratie occidentale, l’expérience pourrait en être profitable.
Il y a quelques années, l’Autriche vivait un basculement vers l’extrême droite au sein de son gouvernement, sous la huée internationale générale, y compris la Belgique et la France, bien forts en gueule. A peine deux ou trois années plus tard (pas mémoire des dates), des élections accordaient 30% de voix à l’extrême droite en notre bonne ville d’Anvers, sous la risée des Autrichiens (« chacun son tour ») et des Français (« c’est déjà pas chez nous que ça se passerait, après mai 81 »).
« Le phénomène n’est pas nouveau », c’est vrai et ce n’est pas vrai : ni en France, ni en Belgique, ni en Autriche (ni ailleurs), l’existence de tels mouvements n’est nouvelle mais leur évolution est restée peu perceptible par la majorité jusqu’à de tels points de basculement. L’expansion à une telle échelle, dans le nombre et dans l’étendue géographique dans le monde occidental, est bien neuve dans notre époque et c’est là que réside le danger car, une fois établi, un système d’extrême droite ne laisse aucune place au dialogue et au respect de l’individu, quelqu’il soit, en ce compris les pions du système lui-même.
Dénoncer les abstentions, c’est correct mais il ne peut être négligé que parmi ces abstentionistes, d’aucuns se ralieront à l’extrême droite. Il faut savoir qu’en Belgique, le vote est obligatoire et que cela n’a pas empêché le phénomène évoqué ci-dessus de se produire.
Espérer que l’ensemble des 18-25 ans se raliera à la démocratie n’est que partiellement vrai car la manipulation et la mésinformation touchent peut-être plus particulièrement cette tranche d’âge.
Phénomène d’une société dans sa globalité, sans limite de frontière géographique, il y a à lutter contre son établissement à très court terme, mais ensuite il sera urgent de réfléchir aux raisons de cette insidieuse progression et aux moyens de la stopper et de préserver la démocratie. Une bonne remise en question peut-être …