Posté en tant qu’invité par AlbanK:
Persistance…
Enfin, un matin, on ne s’en réveille pas.
On lutte, on se tourne on s’en fout,
On passe d’un espoir ancien à un espoir nouveau,
On cherche ses mots pour dire la fin, le doute, la raison, quelle raison ?
On revient puis on s’en retourne et la paroi s’élève encore un peu comme le jour, il n’y aura donc jamais rien d’autre que l’incertitude, on n’en revient même pas de cet amas de jours.
Et c’est toute une vie en fait, rien d’autre, rien que du simple, du simple pourtant, et ça nous ressemble tellement qu’on voudrait oublier, oublier …
On voudrait bien, passer de ces espoirs nouveaux à d’autres neufs, beaux comme des enseignes, on est comme saisi d’effroi dans l’air neuf, on va comme on peut, on traine encore derrière soit cet enfant qui fut nous et qu’on n‘arrive pas, qu’on n’arrive pas, non qu’on n’arrive plus à détacher du bord de soi-même ou du dedans de nous
Comme le fleuve on passe et comme l’eau lasse et la barque trépasse, ô quel espoir, non pas d’espoir, et ce petit garçon qui regardait là-bas si loin de l’autre côté des matins clairs, des monts.
Encore s’il restait une source très cachée, encore à découvrir, ô certes, je ne me plains pas pour si peu, mais si peu et si peu de cœur, alors, on va on va, comme la cruche à l’eau, tiens, on se sert encore de ces lentes vieilleries…
On passe encore, on passe des ces espoirs anciens et vains, on n’y croit plus vraiment, on marche dans la plaine enfin domptée, on ne va plus dans cette unique direction, on laisse aller un temps les plaies, on saigne enfin si doucement, que la douleur en devient comme une pâle compagne.
On attend que la nuit nous surprenne à l’orée de nos désordres et de ce qui nous reste de chagrins, on en étoufferait bien un de temps à autre, mais on est si fatigué, si prompt à ne plus s’engager sur le chemin du risque.
Alors on ferme les volets on ouvre encore les yeux, la télé nous assomme, on n’y plonge avec tant de délices…
Enfin, se séparer pour toujours de cet esprit gênant, quel merveille, la solitude n’est jamais l’amie qu’on attend et qui vient, celui qui ne sait rien de nous ni de nos obscurités, ni de nos vagues et déraisons…
On va, encore par le chemin qui part de l’enfance et court à l’âge, la porte s’ouvre mais nul soleil ne veut, décidément, on n’a jamais eu vraiment d’habileté à retenir, à retenir ni souffle ni rien, et le soleil alors, et le soleil alors rien.
On passe d’un bonheur à un autre, on suit un mariage, un enterrement, un ami qui s’en fuit, un mai qui s’éternise, un oiseau encore là, qui nous bouleverse mais on préfère rentrer déjà, il se fait tard et les années s’empilent, as-tu pensé à prendre du café ? Au fond, il ne reste qu’un peu de vide en nous, on sait combler tout ça, on sera bientôt comme un grenier,
Comme une boite.
Comme ces ruches, tu te souviens, abandonnées et éventrées, l’automne, ne voudra plus jamais de toi, finalement, on s’en retourne, car le soir tombe, on se répète, on se retourne sur le canapé, non, ce n’était qu’un rêve, je m’étais assoupi et la torpeur nous laisse à la vie…
On perd ses repères, on fuit les points cardinaux, on ne connaît plus les frontières qui nous protègent du rêve, ô, pas tellement vieux, prends-moi la main.
De l’amour, de l’amour, en veux-tu, en voilà, regarde vers le sud, peut-être qu’enfin, tu me reconnaîtras.
L’horizon est bouché ?
Qu’importe on les connaît ceux-là qui voulaient bien marcher à tes côtés, un temps, un temps, un contretemps.
Une éternité, ô vieux concept usé.
On les voit, sans jamais les laisser vieillir.
Les portes les portes…
Alors quoi,
Olan,
Taillefer,
Muzelle,
Obiou.
Cela devrait suffire pour une prochaine fois.
[%sig%]