Choix professionnel

Posté en tant qu’invité par crazyclimber:

Hello tout le monde! J’ai 16 ans et je rêve de devenir guide, pour l’instant je fais un apprentissage dans le domaine de l’industrie puisque en Suisse (comme en France je crois) il faut avoir 18 ans pour se lancer dans le cours d’aspi, et de toute facon je n’ai pas encore le niveau technique et l’expérience requise.

Le problème c’est que dans mon apprentissage, bien qu’il soit plutot intéressant, je ne me sens vraiment pas à ma place, chaque jour je me dis que je perds mon temps dans un domaine que je n’exercerai de toute facon pas (si pour une raison ou une autre je ne peux pas/plus être guide je me tournerai sûrement vers un métier en rapport avec la montagne ou au moins la nature, hors de question que je retourne dans une usine!).

Etant donné qu’il me reste 3 ans à tirer je me dis que si je dois arrêter en cours autant le faire maintenant et prendre un boulot sur 2-3 jours de la semaine et prendre les autres pour m’entrainer à la montagne, perfectionner les langues etc.

Bien entendu mes parents sont plutot réticents à l’idée que j’arrête mon apprentissage, ils aimeraient que j’aie au moins un métier de base, et je les comprends très bien, mes doutes viennent du fait que je n’aime pas ce métier et que je n’en vois aucun autre à mon goût pour faire passer ces 2-3 ans, et les études ne me tentent pas non plus.

Donc, pensez-vous que ca serait une grosse bêtise que d’arrêter mon apprentissage pour faire de la montagne à fond? Sur le plan théorique s’en est une à coup sûr, mais à ma place en tant qu’humains-pas théoriques :wink: vous feriez quoi?

merci d’avance.
@+

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par lagopède67:

Salut,

Tu ne vas pas trop aimer ma réponse, mais bon…

Oui, il est important que tu aies au départ un métier « sûr ». La passion de la montagne est une chose, et ça devient bien différent quand tu dois pratiquer la montagne pour gagner ta vie. Ss compter le risque de blessure. Personne n’est à l’abri d’un accident, que feras-tu pour gagner ta croûte si tu ne pouvais plus exercer en montagne?

Si vraiment ton apprentissage ne te plaît pas, tu devrais voir à faire autre chose, quitte à perdre une année. Il y a d’autres métiers que tu peux exercer qui te permettraient de te rapprocher de ton activité préférée. Je pense aux magasins de sports, aux hôtels, aux offices de tourisme. Malheureusement ce sont souvent des jobs à la saison. Sinon prof de sport? Tu gardes la condition physique et tu as pas mal de vacances…

Sinon tu continues ton apprentissage actuel en sachant qu’au bout tu feras autre chose, tu pratiques la montagne un max le we, puis tu commences ta formation de guide ds 3 ans.

Bonne chance!

Posté en tant qu’invité par cervin:

Salut Crazyclimber,

Ce que je vais te dire rejoins un peu le discours de Lagopède. Je te conseille d’avoir un CFC avant de te lancer dans le métier de guide. Tu ne sais jamais ce qui peut arriver en montagne, et s’il t’arrive qq chose (je ne te le souhaite pas) tu seras content de pouvoir rebondir sur tes pattes.

Si ton apprentissage ne te plaît vraiment pas, pourquoi n’essaierais-tu pas de faire un apprentissage commercial dans un magasin de sport en station? J’ai moi-même travaillé dans un magasin en montagne pendant une saison après mes études, et nous avions 2 apprentis.

Ca te permettras de faire un CFC et d’être en montagne.

Allez bonne chance, et tiens bon, ca passe vite 3 ans…

Posté en tant qu’invité par maïe:

Dis mon petit Crazy, ce n’est pas parce que les réponses ne te conviennent plus qu’il faut relancer un nouveau postidem ;o)
Et promets-moi de ne pas en faire un troisième si les réponses ne sont pas celles que tu attends. Oui, tu devrais terminer ton apprentissage ou un autre si celui-ci ne te plaît pas.
Ensuite, fais ce qu’il te plaît : guide en l’occurence.
Accroche-toi et bonne chance.

Posté en tant qu’invité par david Z:

Faut-il faire de sa passion son métier ?

Posté en tant qu’invité par P’tit Bouchon:

Pour moi non, mieux vaut faire un boulot qui plait, sans aller jusqu’à la passion. Ca me semble assez extrême d’etre passionné par son boulot ;-), ce qui ne veut pas dire que je n’aime pas le mien (au contraire), mais par contre je suis heureuse quand je suis en vacances ou que le WE approche! Je préfère être passionnée par mes loisirs (qui ne sont d’ailleurs pas exclusivement tournés vers la montagne, même si elle en occupe une grande part).
Je ne pourrais plus faire un boulot qui ne me plait pas, par contre il est hors de question que j’y consacre toute mon énergie et tout mon temps. Je n’aimerais pas faire d’une de mes passions mon métier car j’aurais trop peur que cette passion s’affaiblisse. Je n’aimerais pas être guide ou AMM car pour moi la montagne est synonyme de ressourcement, d’exutoire, de virées avec les copains (et pas avec des inconnus), et je ne peux pas concevoir de gagner ma vie avec ma passion. Mais ça c’est mon avis, chacun le sien!

Ma conclusion pour crazyclimber: assure tes arrières, fais un bilan de compétences pour cerner tes compétences et tes motivations (voir mission locale), change de formation, mais ne mise pas tout sur un BE, déjà parce que ça peut être long à décrocher, ensuiste parce que le jour où tu en auras assez tu seras content d’avoir un autre métier, enfin parce que la plupart des guides sont pluriactifs…

Posté en tant qu’invité par Francois:

Tout à fait d’accord avec P’tit Bouchon.
J’ajouterai qu’il ne faudrait pas mépriser le quotidien au ras des pâquerettes. Le quotidien au ras des pâquerettes, c’est ce qui permet de financer la passion. Car on ne vit pas que d’amour, d’eau claire et d’air du temps et il se trouve que la passion exige un estomac bien calé et du matériel.

Posté en tant qu’invité par grosmoërell:

Autre chose aussi: dans la vie, on évolue, à tout âge et surtout au tien. Une autre raison pour assurer tes arrières, avec ta formation en cours ou une autre (rien ne t’interdit de changer de voie).
En plus, la formation que tu suivras n’enrichira pas que le professionnel que tu seras, mais aussi l’être humain.
Bonne réflexion à toi, mais ne prends pas de décision hâtive que tu regretterais plus tard (même s’il est toujours possible de refaire une formation par la suite, c’est plus facile dans la « continuité »).

Posté en tant qu’invité par Pascalou:

Mon message rejoint les autres. J’ai aussi eu ma période « je veux être guide », « je veux vire en montagne », etc… Mais je me suis heurté à un mur parental très solide qui m’a remis dans le droit-chemin. Eh bien maintenant, 6-7 ans plus tards, je suis heureux de la voie que je suis, et je retrouve la montagne presque tous les week-end avec mes amis avec un réel plaisir.
J’ai évidemment parfois quelques regrets (genre tu reviens d’un super week-end, tu te dis que tu serais bien resté là-haut). Mais c’est seulement temporaire. Et puis finalement, je me demande si en devenant guide la montagne ne risque pas de devenir une routine. Pour moi la retrouver (du fait que ce n’est pas systématique) reste quelque chose d’extrordinaire, le piment qui me motive et me rend heureux.

Ciao

Pascalou

Posté en tant qu’invité par Régis:

peut-être que dans la vie il faut aussi suivre son envie (celle qui nous fait vraiment vibrer) : on ne la connait pas toujours tout de suite, il faut parfois de nombreuses années.

Certaines personnes ont aussi la chance de savoir très vite ce qu’ils ont envie de faire dans la vie : dans ce cas il vaux mieux le faire, même si autour de toi les gens peuvent être choqués ou inquiets de ton choix de vie.

Le plus difficile est d’être sûr que cette envie est la vraie, la tienne , pas une image que tu t’imposes ou que tu veux donner. Ca demande un peu d’introspection et de discuter beaucoup avec des gens d’horizons très divers pour tester vraiment cette envie, et pourquoi pas d’essayer puis de faire marche arrière si c’est pas le bon choix. Y’a un livre que j’ai bien aimé sur ce genre de thème c’est « l’alchimiste » de P. Cohelo (?)

ET puis une envie comme ça si tu n’y réponds pas tout de suite c’est pas grave : elle sera plus forte que le reste et reviendra à son heure. Le tout est de ne pas s’engager à contre coeur dans des chemins qui ne sont pas les bons pour toi et surlesquels tu risques d’être engagé fort longtemps car tu aura pris des responsabilités desquelles tu ne pourra pas te désengager (avoir des enfants - c’est le seul exemple que je trouve-).

Aller je te souhaite un bon cheminement.

Posté en tant qu’invité par gégé:

Salut crazyclimber
Ils ont tous tort.
Enfin presque.
Déjà, l’idée qu’un métier auxiliaire puisse servir en cas d’accident : il y a peu de métier que l’on peut pratiquer vraiment si on est bien ammoché suite à un accident.
Ensuite, faut-il faire de sa passion son métier : oui, mille fois oui !
Quand j’avais 16 ans, je voulais aussi faire guide. Je ne l’ai pas fait pour toutes les raisons invoquées par ceux qui t’ont répondu. J’ai fait de la montagne en loisir, me demandant chaque fois un peu plus, quand il fallait rentrer : qu’est-ce que je vais foutre en bas.
Et à 40 ans, j’ai craqué, j’ai fais une formation d’Amm.
Et depuis je prends mon pied.
Alors, si j’étais toi, je terminerai ma formation, car il faut assurer ses arrières : des fois, la vie prend des chemins innatendus ! et je préparerai l’aspi du mieux possible pour vivre ma passion. Mais n’est-ce pas ça, vivre ?
Par contre, il te faudra trouver une compagne qui tient la route, et c’est peut-être ça le plus compliqué.
Bonne chance

Posté en tant qu’invité par crazyclimber:

ouaip, merci pour toutes vos réponses. Après quelques discussions bien chaudes avec mon paternel il en resort que je suis obligé de faire un apprentissage ou des études, quelque chose qui me donne un papier quoi, après je pourrai commencer le cours de guide.
C’est vrai que c’est la solution la plus sage, le problème c’est que je veux pouvoir pratiquer la montagne au maximum et qu’il n’existe pas à ma connaissance d’apprentissage à mi-temps par exemple (en connaissez-vous un par hasard?).
J’ai donc le choix entre finir mon apprentissage dans l’industrie, il ne me plait pas du tout mais au moins je n’ai pas à re chercher une place ailleurs, et commencer un autre apprentissage ou des études, le problème c’est que rien ne me tente, je sais déjà ce que je veux faire!!!

Ou alors trouver un moyen de convaincre mes parents de me laisser prendre un petit boulot à mi-temps et faire de la montagne, c’est la solution qui me conviendrait le mieux, mais c’est pas gagné d’avance! Gégé des idées? (je suis assez d’accord avec ta facon de penser…)

Posté en tant qu’invité par Pascalou:

gégé a écrit:

il y a peu de métier que l’on peut pratiquer
vraiment si on est bien ammoché suite à un accident.

Imaginons une mauvaise fracture à la jambe: tu pourras surement faire tous les métier « conventionnels » (je sais, ca va en faire hurler) malgré celà, par contre, adieu le métier de guide ou ta forme physique ne dois pas être moyenne mais parfaite. C’est comme le pianiste qui se coupe un doigt en tondant son gazon: adieu sa passion+son métier…C’est dans ce sens que va l’argument « soucis physiques » à mon avis.

Posté en tant qu’invité par typloum:

Je n’ai pas lu les autres posts

Continu ce que tu fais. Si t’es toujours motivé qd tu auras 18 ans, vas y fonces. Ils sera toujours temps de faire une autre formation quand tu en auras marre de guide. si jamais tu en as marre bien sur. Il faut vivre ses passions, pour ne rien regretter. On ne sait jamais jusqu’à quel age on va vivre.
J’ai 35 ans et c’est la boulette.

Posté en tant qu’invité par gégé:

Ton apprentissage, ça va pas durer 100 ans.
Profites-en pour faire des sorties montagnes les week-ends et les vacances.
Selon ton niveau, commence ta liste de courses : 18 ans, c’est l’âge pour se présenter au guide, mais tu peux commencer ta liste avant ! ca ira plus vite après.
Et ne te fache pas avec tes parents, parceque, comme tu vas pas gagner beaucoup en débutant, il vaut mieux avoir une base arrière.

Posté en tant qu’invité par maïe:

gégé a écrit:

Et ne te fache pas avec tes parents, parceque, comme tu vas pas
gagner beaucoup en débutant, il vaut mieux avoir une base
arrière.

est-ce que les base-arrières de Crazy sont d’accords au moins ?

Posté en tant qu’invité par Question zexistantielle:

Vu ton adresse e-mail je me permets de te la poser… A ton avis, est-il possible d’associer des études (longues, enfin, disons la fameuse seconde partie « je rempile pour quelques années parceque j’aime ça ») et une activité « alpinistique » intensive, voire le plus qu’envisage crazyclimber…

C’est pas pour une utilisation tout à fait immédiate, mais il y a des moments où tu dois faire des choix et le gag, c’est que tu ne sais jamais lequel sera le bon. Et quand tu as choisi, tu ne sais toujours pas si l’autre aurait été mieux… Raison pour laquelle je réfléchis, mais plus je réfléchis plus je ne sais pas. Bon ça c’est pas nouveau…

[%sig%]

Posté en tant qu’invité par Francois:

Fais des études. C’est un investissement que tu ne regretteras jamais. Et si tu es bien organisé, tu pourras faire de la montagne à bon niveau. Je ne sais pas comment ça se passe en Suisse, mais en France, de plus en plus de guides ont fait des études supérieures.

Posté en tant qu’invité par crazyclimber:

les bases arrières de crazy veulent à tout prix qu’il ait un CFC (le diplome de fin d’apprentissage en Suisse) ou un papier quelconque.
Je pense que je vais terminer cet apprentissage (il me reste 3 ans à tirer, pour autant que les examens que je passe en ce moment réussissent…), c’est 3 ans qui vont être pourris au niveau professionnel mais c’est vrai qu’avec le marché de l’emploi actuel avoir un papier ca passe plus que bien… De toute facon j’ai pas trop le choix alors autant bien le prendre.

Posté en tant qu’invité par kermit:

Salur Crazy !

Je suis un occasionnel de ce site. C’est un client Suisse qui m’a filé le lien.

Alors parlons boulot … Et donc choix professionnel …

J’ai 35 ans, je pratique le ski de rando et l’alpinisme depuis … que j’ai 17 ans, j’ai donc commencé « sur le tard ». Je ne me sens vivant que là haut. Même ma femme qui ne pratique pas me dit à chacun de mes retours que je suis illuminé comme si j’avais vu Dieu !
Bref, je n’ai pas fait ma vie de la montagne, non, moi aussi j’ai choisi la voie de la raison et bien … C’était peut-être une connerie. Mais ma famille est belle et épanouie. Mon boulot, c’est mon boulot, c’est à dire mon gagne pain (je dirige une entreprise de 15 personnes). Ni plus ni mois. Mais il m’apporte des satisfactions … Purement professionnelles.
Parrallèlement, un bon pote est devenu guide, en plus de son métier (toubib aux urgences dans un hosto des alpes du sud en France). Son boulot, c’est son boulot (donc idem !) il est guidos, bon OK. Il a divorcé (rapport de cause à effet ?) ne voit que rarement son enfant, ne vit et ne parle que de et pour la montagne … Il est toujours barré en montaggne. Chouette. Un truc m’inquiète tout de même … La surenchère qu’ils se livrent tous sur les terrasses des bistrots de Chaùonix à l’heure de l’apéro … Genre « J’ai bouclé la face nord du Cervin en X heures » … J’ai peur qu’un jour ces histoires finissent mal.

Le choix t’appartient et il n’est pas facile. Mais dis-toi que rien n’est définitif à ton âge (ni au mien d’ailleurs !). Surtout prends soin de toi ! Et grimpe propre !

Philippe

Voilà, je n’ai pas de conseils à donner, pas de jugement à exercer. Tes parents ne pouront pas grand’chose contre ta détermination