Posté en tant qu’invité par Jean:
Je peux apporter le témoignae d’un compagnon de cordée qui au début du mois de janvier 2003 s’est littéralement explosé le pied et la cheville en chutant sur la première longueur de La cascade « l’acheronte », a Cogne…
1m50 de chute a suffit, un êngin avait cédé… Le clou a tenu, mais l’experience de ce grimpeur (un tas de goulottes et de cascades dont repentance en tete, du piémont au mont rose en passant par le supercouloir du tacul en solitaire et j’en passe…) n’a pas vu la faiblesse de l’ancrage.
Le résultat fut impressionant, (je suis étudiant en médecine, j’ai vu les images… putain…) les médecins ont fait des radios de face, profil, trois quarts, d’un coté, de l’autre, un scanner, un IRM pour essayer de comprendre comment reconstituer le puzzle… autant que possible.
Les os défonçés et les ligaments arrachés laissaient bien peu d’espoir de regrimper comme avant… Apres opération, cicatrisation, extraction des « clous » qui tenaient la structure, puis enfin rééducation, il a repris dès le mois d’octobre suivant ses fonctions d’instructeur d’alpinisme au sein de l’ecole d’alpinisme turinoise ‹ giusto gervasutti › (j’écris d’italie…).
Bien évidement, l’entrainement avait repris plusieurs semaines avant, et en novembre, le calcaire de Finale Ligure le voyait évoluer sur le 6b/6c en second, tant il est vrai que la chute ne fait plus partie des choses acceptables dans son esprit, tout au moins maintenant. Il maintient tou de même son 6a en tete tranquillement. Pour ce qui est des cascades, je peux témoigner de sa reprise, il a perdu beaucoup surtout dans sa capacité à s’engager en tête, lui qui grimpait sereinement Repentance en tête à l’hiver 2001, ne s’ose plus à grimper en tête plus d’un grade 3+/4… avec beaucoup de clous, beaucoup de lenteur, certes, mais il semble que, bien que le pied exige une attention particulière (massage, rééducation, echauffement, hydratation…) , seule « la tête » ait été touchée… Il n’a plus la meme capacité à s’engager parce qu’il sait ce que peut provoquer une chute. Mais il refait un chemin de progression tel que les médecins ont demandé à présenter son cas dans diverses conférences. Comme quoi, même si les ligaments essentiels de la cheville sont sévèrement touchés, même si la cheville ne récupèrera jamais une mobilité parfaite, il faut savoir que : 1 le corps s’adapte toujours d’une manière surprenante. 2 « where there’s a will, there’s a way »… où il y a une volonté, il y a un chemin, je crois que c’est de whymper, mais je ne suis pas sur du tout… Reste la vérité de cet enseignement… J’espere avoir donné beaucoup d’espoir et un peu d’energie pour aller de l’avant… en six mois on peut récupérer et grimper comme avant, il suffit de le vouloir à fond!!!
bonne grimpe!
jean