Cak75

Posté en tant qu’invité par artefact74:

pioché sur un topo pour areu; bravo rozenn, je trouve que tu as un reel talent d’écriture, et tant qu’à faire, que tout le monde en profite!
merci , j’ai bien ri de tes malheurs!

Second jour de déprime.
J-2 avant LA décision de 2006 : le vieux CAFiste en knickers, j’arrête!
La question de savoir si c’est plus ou pas encore de mon âge reste ouverte.
Notez bien que j’ai rien contre les knickers a priori. La mode étant un éternel recommencement, il n’est pas exclu que ça redevienne tendance… En réalité, je veux plutôt parler, non de l’habit mais du concept du CAFiste-en-knickers, abrégé CAK75 - rapport à l’âge et au département d’habitation (j’avoue, j’ai un peu gonflé l’âge…), nonobstant son ancienne activité professionnelle - pour la plaque d’immatriculation, j’ai pas pensé à regarder.
Issu d’une catégorie socio-professionnelle supérieure, homme lettré, le CAK75 a néanmoins subitement tendance en montagne à s’exprimer uniquement par borborygmes. Ce qui limite un tantinet les échanges. De toute façon, pour lui, le doute n’étant pas permis, on imagine guère l’intérêt d’un dialogue. Démonstratif, il présente sa tenue (chemise en coton, pull en laine) pour attester qu’il n’y a aucune raison de dépenser tant d’argent dans des vêtements soit-disant techniques. 4h après la course, lui aussi est sec. Vos narines, bien éduquées, évitent le conflit en n’évoquant pas un second point de désagrément, moins égocentré.
Pointilleux (tentant sur l’instant de dissimuler sa névrose en s’affranchissant de reproches envers ses « compagnons », mais les mentionnant au bout du compte), il constate que l’on est parti à 8h34 au lieu de 8h30. Dans son véhicule, qu’il reconnait humblement ne pas savoir maîtriser en pilant à chaque plaque de verglas (manifestement le processus d’essai et d’erreur n’est pas inhérent à la nature humaine), il essuie obstinément la buée qui envahit progressivement sa vitre, au rythme où les co-voiturés rajoutent des couches de vêtements. L’équipement étant cependant limité au volume du sac à dos, l’expérience réitérée se soldera par une semaine de crève. Après de maigres échanges verbaux constitués d’un sujet, un verbe un complément, on comprend qu’il n’a tout simplement pas saisi le mode de fonctionnement du ventilateur de sa Kangoo… Appuyer-sur-le-bouton. Celui là. Pas l’autre.
Une fois sur zone, le cliquetis du verrou sonne le top départ. Nul besoin d’échauffement avec son expérience. Il est parti, dré dans l’pentu. Sauf que contrairement à ce qui est indiqué dans le topo, on peut ne pas payer la remontée mécanique. Et s’enrichir d’une délicieuse montée à peaux dans une piste rouge raide, gavée de bosses et verglacée qui réveillera JJ le caucasien et se conclura pour ma part, par un portage de ski sur le sac. Réjouissant choix d’itinéraire.
Skieur prudent à la descente (il peut éventuellement tenter un début d’amorce de stem si les conditions sont optimales mais préfèrera la plupart du temps opter pour un sage chasse neige), traceur hors pair en montagne (t’as pas l’air con à bucheronner entre les arbres avec la mauvaises cartes dans la poche et sans tes lentilles de contact: surtout ne pas s’arrêter, ne pas le perdre de vue!) il a nettement plus de difficultés avec l’orientation en milieu urbain. Compter environ 1h pour trouver le supermarché pour acheter des pansements. En effet, fort de ses convictions il s’obstine à ne pas écouter les conseils de monter avec les chaussures ouvertes et se retrouve les tibias ensenglantés (parce que, quand même, il a des chaussures neuves). Il en rajoute une couche au mercurochrome, ce qui ravit la cabine de douche du gite - toutes mes excuses auprès de ce pauvre polymère initialement blanc qui n’avait rien demandé à personne. Mais il ne se plaint pas LUI. Pas comme toi ma fille, qui cherche le réconfort dans la débauche de raclette et de tartiflette, desespérant de ne pas avoir de réseau sur ton téléphone portable pour déverser tes z’énormes malheurs dans l’oreille de chéri-chéri. Lequel chéri-chéri, n’est pas si mécontent que sa compagne paie son infidélité montagnarde. Il souffre en silence (Cak 75, pas chéri-chéri). Et bougonne régulièrement (quand même).
Certes, c’est un peu de ma faute. J’avais réduit mes critères à « des gens d’expérience qui sont pas chiant et boivent des bières ». Mais « pas chiant » ne signifie pas forcément pas causant. Et « boivent des bières » ne signifie pas TOUTES les bières pendant que je suis sous la douche. ASSASSINNNNNNN!!! Si j’avais su, j’aurais pris tout l’eau chaude… Mais je me suis sacrifiée pour épargner à mes consoeur des généralisations forcément abusives sur la gente féminine.
Bilan de la course: mon CAK75 m’a néanmoins peut-être sauvé la vie (au moins…) en décrétant à 2012m: « RrrrGrrrrZooot, kesse’ki’foute devant, moi je vais pas plus loin avec la neige et le brouillard qui arrivent c’est trop dangereux ».
B2m
Post-face: j’ai reçu ce matin un mail énigmatique du CAF m’annonçant, à la manière des cadeaux rien-que-pour-vous des 3 Suisses, que j’avais accès au programme de la section senior … ;o(

Posté en tant qu’invité par Roots:

Ingrid,on la fait quand cette sortie?

Posté en tant qu’invité par Loïc P.:

pioché sur un topo pour areu; bravo rozenn, je trouve que tu as
un reel talent d’écriture, et tant qu’à faire, que tout le
monde en profite!

Moi aussi je suis fan des récits de Rozenn. Mais faut pas se limiter à celui-ci, il y en a tout plein d’autres tout aussi excellents, surtout dans la partie alpinisme (celui sur l’avalanche ou sur la voie « sous-côtée » sont parmi mes favoris).

Loïc

Posté en tant qu’invité par artefact74:

quand on pourra! fait moi signe!