Posté en tant qu’invité par pierre-olivier:
Bon j’suis pas très économiste non plus mais je le suis peut-être un peu plus que toi…je dis bien peut-être!
La notion d’« économie moderne » me semble aussi être une arnaque qui se vend d’ailleurs plutôt bien.
Ne mélangeons toutefois pas les torchons et les serviettes.
Le Taylorisme, c’est la rationnalisation des méthodes de travail; on peut grosso-modo dire que son avènement se situe dans la première moitié du siècle dernier trouvant son apogée en terme pratique avec le fordisme, l’industrie automobile puis le reste. Néamoins, le Taylorisme peut difficilement être qualifié de moderne: on s’est rendu compte depuis des limites du sytème de morcellement des processus de travail. Mais ceci est un autre débat qui n’a que peu à voir avec le sujet qui nous occupe à savoir la détermination d’un prix de marché. Laissons Taylor reposer tranquillou avec ses nouveaux potes les vers de terre.
Et oui les présents échanges sont plutôt relatifs à ce foutu sacro-saint Marché qui est sensé faire la pluie et le beau temps dans nos belles sociétés dites modernes…Les concepts de marché existent depuis beaucoup plus longtemps. Certes leur apogée en terme d’économie politique se situe là encore plutôt au début du XXeme (Marshall,Walras pour les intimes). Les savants du moment s’entêtaient à nous prouver que le Marché (…notez greffier la majuscule qui caractérise l’aspect divin de cette histoire: les voies du marché sont impénétrables, prions mes frères…) quand on le laisse fonctionner en toute liberté ( d’où le très fameux libéralisme…Y’en a encore qui suivent?) doit nous assurer paix, bonheur, prospérité, santé, gonzesses et binouzes à volonté. En termes économiques, on appelle ça la maximisation de l’utilité marginale…C’est moins parlant vous le comprendez volontiers.
Depuis, un tas de gonzes sont repassés là dessus.
Les uns pour nous dire que c’est de la couille en barre (Keynes…John Maynard pour les intimes…Mon doudou pour sa femme…Enfin sa femme…J’me comprends) et la grande majorité des autres pour essayer tant que faire se peut de faire coller cette icône que représente le marché à la triste réalité. A noter que certains d’entre eux ont pondu des démonstrations mathématiques à se tirer une balle au bout de deux pages pour prouver que ça marche…Oui…mais dans un cas qui concerne trois clampins et deux produits. Bref de la couille en barre
Reste Jean-Marc Sylvestre et autre J-P Gaillard pour en causer s’en s’esclaffer!
Il reste que dans nos économies finalement pas si modernes, on consomme plus de pain ou de patates que de Crochet à Abalamachin…Et que le prix de la patate dépend plus de son coût de production (ajouté aux coûts induits par les intermédiaires) que d’un éventuel marché universel autorégulé de la binche…Ne parlons pas du prix du pain qui est régelementé (du moins pour le pain de base…)
Donc on ne causait pas non plus de marché tant pis pour ceux qui se sont tartinés le laïus.
La nécessité de pousser les ventes comme tu dis est à mon avis née plus tard…On dira après la deuxième guerre mondiale avec un fort développement à partir de la fin des années soixante.
Pourquoi?
Pasque durant le début des trentes glorieuses, tout le monde gagnait à peu près correctement sa vie et tout le monde réalisait son équipement « de base » de consommateur :maison,voiture,télé,téléphone,électroménager,…Jusque là pas besoin d’attiser les ventes, le quidam moyen a besoin d’acheter. Mais une fois qu’il a tout acheté, c’est alors là qui faut commencer à le gaver et à pousser les ventes. Parce que, on a beau dire, la crise n’a pas touché tout le monde: Il faut que celui qui es encore un peu riche montre qu’il a plus de thunes que le prolo qui boit son chômage.
Tout le problème c’est que chaque quidam ne ressemble pas forcément au voisin et que tu ne peux pas coller à quidam1 le même truc inutile qu’à quidam2 au même prix. Il faut analyser, segmenter, travailler l’image du produit, décider d’un prix qui colle à l’image du produit,… Le rejeton du Dieu le père (le Marché…J’ai les noms de ceux qui dorment!), le divin enfant naît enfin: le MARKETING…Alleluïa!
Le fin du fin: regrouper les quidams en les faisant croire qu’ils appartiennent à la même tribu, en les gavant de « valeurs communes » créées de toutes pièce et en leur collant des produits chéros pasque tu vois coco avec ce crochet là t’as quand même moins l’air de venir d’Afghanistan que l’autre pingouin là avec son cintre et sa polaire saumon.
Bravo à celui qui s’est tapé ça jusqu’au bout…Un an d’Abonnement à Charlie Hebdo Gratuit.
P.O