Posté en tant qu’invité par Pierrre:
1- Qu’est ce que l’artif : un bon moyen pour se détraquer le système nerveux. Dans une débauche de technologie, on se fait des émotions, le contact avec le rocher étant souvent aléatoire et précaire. les plus beaux vols de l’histoire de l’escalade résultent sans doute d’une utilisation de techniques d’artif mal maîtrisées … Notons au passage que le système de cotation usité en la matière prend en compte le risque d’arracher le relais.
Pour le second, l’artif est surtout un jeu de patience.
Historiquement dérivé de la tendance " passer coûte que coûte", l’artif est une technique de progression qui autorise l’usage d’invraissemblables bidouilles plantées, crochetées ou coincées dans le rocher, sur lequelles on se hisse tant bien que mal par l’intermédiaire d’étriers.
Du point de vue de " l’éthique", l’artif est donc bien plus libre que l’escalade qui prétend l’être.
2- Quel matériel cela nécessite ? Des tonnes ! De la tente de paroi au piton à peine plus épais qu’une lame de rasoir, la liste est longue… Ce qui donne lieu à d’impressionnants déballages de matos sur les parking du Yosemite, temple mondial de cette pratique. Les Américains ont même une expression pour désigner ces exhibitions rituelles, " gear show" ou quelque chose dans le genre. L’artif est donc bien intégrée à notre société de consommation. Un exemple qui ne trompe pas : les " artificiers" sont fêtés par les vendeurs du vieux branleur dès leur entrée dans le magasin, ils y usent trois cartes de fidélité par mois. Heureusement, une partie du matos peut être fabriqué par l’utiliseur : on voit fréquemment celui-ci hanter les casses en quête de vieux tuyeaux de plomb.
3- Cela a t’il un rapport avec les passages libérés : Oui, un rapport direct et exclusif. Un passage dit « libéré » est un passage d’artif qu’un mutant quelconque à franchi en n’utilisant que le rocher pour assurer sa progression. Son baudrier est donc " libéré" du poids de la quincaille indispensable à l’artificier.