Posté en tant qu’invité par Pierre Bonnard:
ADIEUX PUIGMAL
En ce jour de Noël, je lis dans le journal l’INDEPENDANT des Pyrénées Orientales un reportage sur le nouveau téléski Montserrat" du Puigmal, qui grimpe presque au sommet, et je me dis : ce n’est pas un cadeau.
Un cadeau, c’est gratuit, et voilà que l’on nous offre la commercialisation du Puigmal.
Sans une nuance, le chroniqueur louange les « marchands de soupe » du ski en station ou hors piste. Je le cite : il parle de « produit », « clients", « exploitation de ce domaine sauvage », le tout à des « tarifs sympa ».
Est ce cela le progrès ? Avant ce téleski, il suffisait d’un petit effort de 2 heures de montée en skis de randonnée pour accéder à ces descentes. Il y en avait pour tous les goûts : aux amateurs de pistes et de hors pistes, la station du Puigmal et ses remontées mécaniques; aux skieurs de montagne, la joie de l’effort à la montée, et de la neige vierge à la descente.
Les jours de beaux temps on pouvait cotoyer des dizaines de skieurs de montagne sur le sommet du Puigmal : nous n’étions pas « une élite » ou « des inconscients », mais de simples sportifs qui avions fait l’effort de connaître la montagne.
C’est fini : la piste colonise les derniers espaces, et les futurs clients du téléski « Montserrat » devront se chatouiller fort pour croire aux slogans de l’ESF et de la station, relayés par la Presse locale, car avec des remontées mécaniques la neige vierge des dépliants publicitaires ne le restera pas longtemps.
J’ai fait découvrir le ski de montagne à une multitude de néophytes, gratuitement, dans le cadre de la fédération des clubs alpins français, et l’effort (accessible à beaucoup de personnes un peu entraînées) de la montée rendait la descente autrement mémorable. J’espérais conduire
mes enfants très prochainement au sommet du Puigmal, l’hiver, en ski de randonnée, et leur prouver que l’on peut skier sans consommer et qu’il y a d’autres coûts que l’argent pour apprécier les choses.
Trop tard pour eux : place aux « technico-commerciaux » du ski, qui avec leur BTS en poche, et leur futur diplôme de « moniteur » vont vendre à leur profit le Puigmal « grand large », comme l’annonce l’INDEPENDANT, et priver les jeunes générations de plaisirs autrement gratifiants.
Pierre BONNARD
