Posté en tant qu’invité par Pascalade:
Thierry, hier nous étions réunis, ta famille et une partie de tes amis, pour te dire un dernier au revoir… Mais par l’intermédiaire d’un autre, tu t’es encore rebellé : non, ne soyez pas tristes ni solennels, continuez à me parler comme si j’étais là, continuez à rire des mêmes choses qui nous faisaient rire, ce n’est pas parce que vous ne me voyez plus que je n’existe plus dans vos coeurs…
Alors, Thierry, je te parle et je me souviens… Comme cette fois où après une semaine de stage, crevé, je n’avais pas réussi à enchaîner la voie que tu m’avais proposée. Le lendemain, un samedi, j’avais passé avec un ami mon premier 7b+ et fou de joie je t’avais tel chez toi. Tu m’avais répondu : d’abord Patou, tu ne sais pas lire un topo, cette voie a été déclassée, maintenant c’est juste un 7b. Ensuite, si tu l’as réussie dès le lendemain, c’est que j’ai été franchement mauvais, je ne t’ai pas assez fatigué au cours de la semaine, et toi tu ne t’es pas assez donné, donc je ne te félicite pas !!! …
Thierry, ça c’était toi, déconneur de première (tu n’imagines même pas le nombre de personnes à qui j’ai raconté l’histoire du grand Surcouf) et en même temps toujours incroyablement motivé, tu savais nous faire nous dépasser, tu savais faire rire même ceux qui ne voulaient pas rire, voler même ceux qui ne voulaient pas voler…
Thierry, là où tu es, j’espère qu’il y a des falaises, des lignes pures, comme celles que tu étais en train d’équiper aux Blaches. Il y a 15 jours, pendu sur ta statique, tu avais oublié ton perfo au pied de la voie, il pleuvait des cordes, je te l’ai accroché au bout d’une corde avec un sweat pour t’éviter de redescendre et tu m’as dit : « ah, tu me sauves la vie ! ». Dommage que ce n’était pas ce foutu mercredi…
Continue de grimper, continue d’équiper aussi. Parce que le jour où nous nous retrouverons, je n’ai pas l’intention de rester les bras croisés ! Et ne t’inquiète pas, personne ne t’oubliera, ni ta famille vers qui vont toutes mes pensées, ni tes amis sans nombre…
Thierry, je te dis juste à bientôt. Et Banzaï !
Pascal
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