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Oui, une vieille histoire qui refaisait régulièrement surface chaque fois que mon regard croisait cette face.
Une voie dont je ne connaissais pas le nom lorsque je l’avais proposée à mon frère, après l’avoir repérée en redescendant de la traversée Midi-Plan la semaine précédente.
Les choses ne s’étaient pas déroulées comme prévues, et mon enthousiasme d’alors fut balayé au pied de la voie par un ballon de foot glacé de forte densité. Exit !
Depuis, le souvenir de cette mésaventure était intact.
J’aurai mis quelques années à retrouver une vraie motivation pour la pratique ; les garçons grandissant ont été quelque part les vrais initiateurs de ce « retour à la montagne ».
Ce dimanche, c’était le rendez-vous avec la belle. Les conditions agréables, Gaspard confiant, moi également. Les amis de Grenoble passés la veille enthousiastes à mon encontre. Alors il n’y avait « plus qu’à » comme on dit. Et tant pis si je ne m’étais pas vraiment préparé en amont (je n’aime pas m’entrainer).
Première benne, sans se presser sur l’approche, les pensées se recentrant inévitablement sur ce jour de 1991, au fur et à mesure que nous nous approchons du couloir d’attaque.
Si tu veux on mettra la corde au début du couloir , me proposera Gaspard.
Je te dirais.
Passé ce couloir, avant le premier mixte, j’oublie cet accident.
Grimper, se concentrer sur mes pas, anticiper les points de repos, er rejeter tout doute de ma tête au moindre signe de fatigue.
Le reste : une belle voie, où l’on ne va pas pour la difficulté technique. Une belle voie dans cette belle face qui s’offre à nous.
La sortie sur l’arête verra l’émotion me gagner… on n’est pas de marbre.
Merci Gaspard. Vraiment.
Et pour la Verte, là je crois qu’il faudra quand même que je fasse un peu de foncier !